Lorsque l’on écoute la directrice du Celsa, l'énergique Véronique Richard, exposer la stratégie de son établissement, on croit entendre la dirigeante d'une école de commerce. Elle parle «budget», « réseau d’anciens », « entreprises », « concurrence », «concours», « MBA »… Le Celsa est pourtant une école interne à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV). Autant dire que son discours détonne dans l’univers désintéressé des littéraires. Elle le sait et n’hésite pas à en jouer devant ses collègues de la Sorbonne, comme pour se venger de cette réputation de « canard boiteux de l’université vendu aux entreprises » qui colle au Celsa. L’établissement forme chaque année des étudiants venus de tous les horizons (Khâgne scientifique, Prépa économique, Histoire, Economie, IEP…) à la communication, au marketing et aux ressources humaines. On a le meilleur des deux mondes, souligne la directrice : « l’image de la Sorbonne et la possibilité de fonctionner comme une école ». Une liberté d’action qui fait quelques envieux.
Créé en 1965, le Celsa a vu son statut évoluer : il a d’abord été le Centre d’Etudes Littéraires et Scientifiques Appliquées. Il délivrait alors en un an un diplôme universitaire. Le succès aidant, l’établissement est devenu un institut, puis a pris le statut d’un UFR bénéficiant d’une dérogation pour organiser un concours, avant de devenir en 1985 une école interne à Paris IV, baptisée "École des hautes études en sciences de l'information et de la communication" (1). A chaque fois, il a gagné en autonomie, en liberté d’action. Aujourd’hui, il a le droit de sélectionner, de décider de ses programmes, de gérer ses personnels administratifs et enseignants et de tenir une comptabilité distincte. Mais attention, prévient Véronique Richard : « ce n’est pas un modèle facile à gérer, ni facile à répliquer ». Tous les UFR d’universités ne peuvent pas devenir des écoles en raison des contraintes et devoirs que cela implique. Le Celsa, implanté à Neuilly, ce n’est pas plus de 1000 élèves et ils coûtent cher : 10 000 euros chacun.