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Classement 2008 du FT : les écoles de commerce françaises exultent


Le quotidien de la City a, pour la quatrième année consécutive, publié son classement des meilleurs masters en management. 18 écoles françaises placent l’un de leurs programmes dans le TOP-50. HEC et ESCP-EAP prennent les deux premières places. Le jour même où l’onde de choc de la crise des subprimes touchait l’Europe de plein fouet avec notamment la nationalisation de la banque belgo-néerlandaise Fortis, nos business schools triomphaient. Saisissant contraste entre l’univers de la formation et l’économie.



La rumeur courait sur les forums internet depuis quelques jours... Le tant redouté classement du Financial Times devait tomber le 29 septembre. Les établissements les plus en pointe avaient préparé leur plan afin de communiquer au mieux sur cette consécration internationale. « Le Ceram entre dans le classement du FT des meilleures business schools internationales », nous dit ce premier établissement dans un communiqué. « ICN rentre également dans le top 30 des Ecoles », signale l’établissement nancéen. À Tours, l’Escem « confirme sa place parmi les 50 meilleurs masters en management sur la scène internationale », tandis qu’au sein de BEM (Bordeaux Management School), on estime que « c’est une belle récompense pour le travail entamé depuis quelques années ». Les écoles veulent ainsi faire passer « un message sur la qualité des écoles de management françaises », selon Philip McLaughlin de BEM. Notamment à l’heure où, dans le débat public, on s’interroge sur la pertinence du modèle des grandes écoles, jugées de taille trop réduite et pas assez performantes en recherche (1).

Un impact fort pour l’image des écoles

Dans ce contexte, le classement du FT vient à point nommé. « Le FT est une référence internationale forte. C’est très positif pour notre image vis-à-vis des partenaires internationaux, des étudiants et des recruteurs », explique Jacques Chaniol, le directeur de l’ESC Tours-Poitiers (Groupe ESCEM). Une opinion partagée par Alice Guilhon, la directrice du Ceram : « Cela permet d’attirer encore davantage d’étudiants étrangers qui ne connaissent pas bien les classements français ni le positionnement des grandes écoles à la française. Nous voir dans le FT rassure quand à la qualité du programme ». Et ce, d’autant que « les entreprises, les enseignants, les étudiants du monde entier ont tous le regard braqué sur ces évaluations », selon Jean-Pierre Helfer, le directeur d’Audencia. Et même pour Bernard Ramanantsoa, le directeur d’HEC, classée première pour la quatrième année consécutive : « Le classement du FT demeure un point de référence très fort pour HEC. Depuis son existence, le nombre des candidats étrangers a doublé, de même que sur le plan professoral, nous comptons de plus en plus de candidats de talent. Tout ceci parce que notre notoriété s’accroît, grâce, je le crois, en grande partie à ce classement ».

À BEM, on tient un discours et un raisonnement original sur l’intérêt du classement. « Ce que j’aimerais, c’est positionner notre école comme la graduate school d’une université », nous a confié Philip McLaughlin. L’établissement qu’il dirige fait partie du PRES de Bordeaux et il souhaiterait, apparemment, s'y impliquer davantage. « On dit que les écoles de commerce doivent avoir l’intelligence de se rapprocher des universités. Mais il faut aussi que les universités aient l’intelligence d’accueillir les écoles de management qui souhaitent s’en rapprocher », explique le patron de l’école de commerce girondine qui espère bien que l’impact du classement du FT l’aidera à faire passer le message.

La légitimité du classement

Pour élaborer leur classement, les journalistes du quotidien économique et financier prennent essentiellement en compte des données collectées auprès des anciens concernant les salaires, l'évolution de leur carrière et leur mobilité internationale, ainsi que des informations données par les écoles concernant leurs enseignants, leur recherche ou encore « l'expérience internationale » proposée aux étudiants. Dans tous les cas, le FT s'appuie sur des données déclaratives, dont certains contestent la véracité. Les anciens de HEC, avec trois ans d’expérience à leur actif, ont déclaré gagner 75 640 dollars par an, soit un peu plus de 52 000 euros annuel, soit 4300 euros par mois en moyenne. Confortable mais difficile à vérifier. À l’ESC Clermont, une école moins cotée, les diplômés ont déclaré 26 600 euros par an, soit un peu plus de 2200 euros par mois en moyenne.

Autre critique faite à l’encontre du classement du FT : toutes les écoles ne présentent pas le même programme. Le quotidien appelle « master in management » le programme dit « grande école » des écoles de commerce françaises. Celui qui est accessible sur concours après une prépa. Mais plusieurs écoles de commerce françaises (dont l'Essec et Grenoble Ecole de Management) ont présenté des troisièmes cycles spécialisés (programmes en un an accessibles après un bac+4 ou un bac+5) en lieu et place de leur programme grande école pour concourir dans la catégorie master en management. À Audencia, on n’a pas fait ce choix car « il nous a semblé normal de proposer le fleuron de notre institution, celui que l’on veut placer au cœur de la compétition européenne », explique Jean-Pierre Helfer. Quoi qu’il en soit, les établissements français restent libres de présenter le programme de leur choix. C’est ainsi que l’Essec, qui a fait de son programme grande école un « junior MBA », ne peut faire concourir celui-ci dans la catégorie des masters en management sans finalement risquer de se déjuger.

Cette année, le ranking du FT classe 50 écoles, contre moitié moins en 2005 lors de la première édition. Le Financial Times avait promis de l’ouvrir aux établissements hors d’Europe, mais seules deux institutions taïwanaises ont fait leur apparition. Cela n’empêche pas le directeur de HEC et président du CEMS de penser que cela exacerbe la concurrence. Il observe par ailleurs que « la LSE et la LBS investissent sur ce segment, de même que l’Instituto de Empresa. Je m’attends bientôt à voir venir des universités américaines » sur le créneau des masters en management.

Quid de la crise du système financier ?

Etudiants à Audencia
Les niveaux de salaires et les carrières considérés dans le classement publié dans l’édition 2008 correspondent à la génération de diplômés de 2005. Le classement ne dit donc rien de l’avenir des diplômés qui auront à chercher un emploi dans les banques et compagnies d’assurance d’ici la fin de l’année ou en 2009. Entre-temps le marché du travail pour les jeunes diplômés spécialisés en finance a terriblement changé. Or, ce sont eux qui tirent la moyenne des salaires vers le haut. « Compte tenu de l’actuelle crise, on peut en effet penser que les rémunérations de la finance sont amenées à diminuer », reconnaît Jean-Pierre Helfer, le directeur d’Audencia Nantes. Il ajoute que pour l’instant il n’a pas connaissance d’ « indicateur alarmant ». À HEC, on se montre prudent : « Les rémunérations du milieu financier vont-elles baisser et influer sur nos résultats ? C’est une question que nous nous posons depuis quelques jours », admet Bernard Ramanantsoa qui se veut tout de même rassurant : « les sociétés du secteur financier continuent à venir sur nos forums emploi ». Il ajoute « Je n’ai pas encore de réponse sûre sauf que s’il y a une crise de rémunération, elle touchera sans doute à peu près toutes les écoles… ».

Classement 2008 des masters en management des écoles françaises :

Rang 2008 Ecole Rang 2007, 2006 et 2005
1 HEC Paris 1ère en 2007, 1ère en 2006, 1 ère en 2005
2 ESCP-EAP 4ème, en 2007, 3ème en 2006, 2 ème en 2005
5 Grenoble EM 7ème en 2007, 4ème en 2006, 8 ème en 2005
6 Essec 5ème en 2007, 6ème en 2006, 7ème en 2005
7 EM Lyon 6ème en 2007, 5ème en 2006, 9 ème en 2005
9 Edhec 12ème en 2007, 7ème en 2006, 12 ème en 2005
11 Audencia 8ème en 2007, 10ème en 2006, 16ème en 2005
14 ESC Lille non classée en 2007, 23ème en 2006
17 ESC Toulouse 24ème en 2007, 30 ème en 2006
20 ESC Rouen 13ème en 2007, 15 ème en 2006
23 Euromed 22ème en 2007, non classée auparavant
26 Reims Management School 24ème en 2007, 28 ème en 2006
29 ICN 32ème en 2007, non classée auparavant
29 Ceram non classée auparavant
31 BEM Bordeaux non classée auparavant
39 ESCEM 39ème en 2007, non classée auparavant
41 IAE Aix-en-Provence non classé auparavant
46 ESC Clermont non classée auparavant

NB

(1) Un ouvrage vient de paraître sur le sujet aux éditions Calmann-Levy « Grandes Ecoles, la fin d’une exception française », par Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter.



Antoine Teillet et Christophe Angeli
29 Septembre 2008






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Commentaires des lecteurs

1. Posté par Melody le 30/09/2008 15:02
PRECISION : ESC Lille également n'a pas présenté son Master grande école contrairement aux autres représentants français, mais un programme spécifique.

Si Grenoble EM (école internationale Grenoble GBS) et ESC LIlle (IMIM) avaient présenté le même diplôme que leurs consoeurs françaises ("Master grande école"), leur classement serait beaucoup moins affriolant, que les choses soient claires pour tout le monde, notamment les non-initiés.

Remarque hautement importante pour la visibilité et la lecture de ce classement qui compare des choux et des carottes.

2. Posté par Michel le 01/10/2008 18:20
Ces diplômés si brillants et si bien payés avaient-ils prévu la crise financière ? N'ont-ils pas plutôt joué un rôle dans la déroute actuelle du système bancaire ?

3. Posté par Julien le 01/10/2008 19:44
C'est bien le programme grande école qui a été présenté par l'ESC LILLE. Le programme Grande école de l'ESC est divisé en deux groupes MiM et iMiM. C'est le cursus Anglophone iMiM qui a été présenté à défaut de présenter les deux. Mais il s'agit toujours du programme Grande école, accessible après prépa qui est sanctionné par le DESCL mention iMiM.

Cordialement,

Julien

4. Posté par Anne Charlotte le 02/10/2008 17:15
Bonjour,
J'aurai voulu avoir une précision.
Est ce bien le programme de l' ESC Reims (Supde Co) qui est pris ici en compte, ou bien l'ensemble des programmes des écoles qui forment le groupe Reims Management School (Sup de Co et 3 écoles post bac)?
merci!

5. Posté par Melody le 03/10/2008 23:37
ESC Lile a présenté un programme spécifique. J'ai employé apparemment abusivement de "Master grande école" mais cela ne change rien du tout dans le fond, tu vois très bien où je veux en venir. Et j'espère sincèrement que ESC Lille restera correcte dans sa communication à propos de ce classement...

6. Posté par Melody le 03/10/2008 23:49
Anne Charlotte, c'est le programme "supdeco" de reims uniquement qui est pris en compte..

7. Posté par Melody le 03/10/2008 23:52
Enfin plus précisément le "Master grande école" en management de ESC Reims pardon.

8. Posté par Julien le 04/10/2008 00:35
Un programme spécifique qui est le programme Grand Ecole. Je t'ai compris Mélody, je tiens juste a préciser qu'au contraire d'autres écoles, ce n'est pas un master spécialisé qui a été présenté, mais bien le programme grande école (ou plutôt la moitié de ce programme)

Au niveau de la communication interne l'école précise bien les choses. C'est pour cela que je me suis permis de te reprendre.

Cependant, je reste passablement agacé par la fierté affichée par l'école suite à ce classement discutable. Je considère mon école comme un bon établissement, sérieux; de là à se retrouver 14 ème en europe... 14ème en France est déjà plus réaliste selon moi.

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