Une formule à tester donc avec ce cursus en communication, qui succède au master communication que proposait déjà l'IEP (2). Aux dires de ses responsables, c'est loin d'être un simple lifting. Jean-Michel Carlo, ancien président de Young & Rubicam Europe et d'Euro RSCG France, directeur général d'Ipsos, qui a pris la direction de l'école de communication, a une autre ambition: "Il m'a semblé que c'était le moment, en utilisant à la fois l'excellence en sciences humaines et sciences sociales de Sciences Po (comprendre, expliquer) et de grands praticiens (à même de pointer le phénomène, de déterminer ses influences, et de l'influencer en retour) de créer une école nouvelle, pour un métier nouveau" (3). Il y a un espace à occuper entre l'approche marketing des écoles de commerce et les formations de niche des universités, juge Sciences Po, qui vient ainsi chasser sur les terres du Celsa. Un diplômé dans ce domaine doit maîtriser à la fois les enjeux sociaux et institutionnels, dans un monde de la communication en pleine mutation avec le numérique. Ce qu'est à même d'offrir Sciences Po, avec comme intervenants le sociologue Bruno Latour, le politologue Pascal Perrineau, le philosophe Gilles Lipovetsky, ou encore des présidents de sociétés comme L'Oréal ou Aegis. Autre originalité: une convention passée avec les Beaux-Arts et les Arts Décos, dont des élèves suivront l'école.
"L'école de la communication", telle qu'elle a été baptisée, a vocation à accueillir une centaine d'étudiants. Dont des premiers cycles de Sciences Po, des étudiants français de formations juridique, économique ou en management notamment, ainsi que des étrangers étrangers - entre 30 et 50%. Ils doivent acquérir durant leur première année les fondamentaux, puis pendant le premier semestre de la 2e année être en alternance 4 jours en entreprise, et 1 à 2 jours à Sciences Po. Pour finir, ils travailleront sur des projets collectifs concrets. Première rentrée le 18 septembre.