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Imbroglio Equis à l’Escem


Depuis bientôt un an l’Escem, l’école de commerce de Tours-Poitiers, est en crise. En cause, les tergiversations du conseil d’administration de l’EFMD (1) autour du renouvellement de l’accréditation Equis de l’établissement. En novembre 2009, l’organisme basé à Bruxelles, a en effet retiré son prestigieux label à l’Escem avant de lui réattribuer provisoirement quelques jours plus tard, en raison de la procédure d’appel engagée par l’Escem.

Le 8 octobre dernier, l’école de commerce a fait savoir que le comité d’appel du board de l’EFMD lui avait finalement redonné son accréditation Equis pour trois ans. Mais le mal est fait : l’image de l’Escem est sérieusement écornée, l’école n’a pas fait le plein de candidats au concours 2010 et le directeur a été licencié.

François Duvergé, ancien directeur général du groupe ESCEM de 2002 à 2008, a été rappelé à l’aide pour essayer de remettre l’école sur les rails. Au poste de président du conseil d’administration cette fois, il s’emploie, dit-il, à recréer les conditions d’une confiance de l’administration, des enseignants et des étudiants dans l’école, et aussi à relancer la dynamique qui avait initialement permis à l’Escem de décrocher Equis. Il a accepté de nous expliquer pourquoi l’EFMD avait changé d’avis.



Pour quel motif le renouvellement vous avait été initialement refusé il y a un an et avec quels arguments avez-vous fait appel ?

A vrai dire, nous ne nous y attendions pas du tout à l'époque, dans la mesure où tous les contacts que nous avions eus jusque-là avec l'organisme d'accréditation étaient plutôt positifs. Leurs motivations étaient peu explicites. Ce que l'on a compris en discutant avec eux, c'est que le choix d'accréditer ou non un établissement est basé sur une analyse au regard des standards en vigueur, mais pas uniquement. Il y a aussi un jugement porté sur la dynamique de l'établissement. Or, d'après l'EFMD, l'Escem avait perdu sa dynamique et connaissait des problèmes de management. Ce qui nous confirme dans cette idée, c'est qu'ils nous ont finalement rétabli dans l'accréditation après le changement de gouvernance qu'a connu l'Escem.

Le départ du directeur général Tamym Abdessemed en septembre 2010 est donc lié à ce problème avec Equis ?

Oui, c'est toujours le capitaine d'équipe qui paye. Il y avait ce non–renouvellement d'Equis mais aussi une panne managériale, une perte de repères au sein de l'école, un essoufflement dans les dynamiques internes. C'est ce que j'ai constaté en revenant à la présidence de l'établissement. Tamym Abdessemed était quelqu'un de brillant, avec de fortes capacités d'analyse, mais qui ne savait pas trancher. C'est la pire des choses quand on dirige une institution.

Pour le remplacer, nous recherchons un directeur général qui serait d'abord un manager, capable de mobiliser les équipes. Il faut aussi qu'il ait une certaine légitimité à diriger des professeurs. Quoi qu'il en soit, on va prendre notre temps pour le choisir et nous faire aider de cabinets de recrutement.

Quel impact a eu cette affaire sur votre concours 2010 ?

Un impact lourd. Nos concurrents ne se sont pas privés de communiquer sur nos difficultés et il y a eu un effet bouche-à-oreille assez regrettable chez les profs de prépa. Bilan : l'école n'a pas fait le plein. Seules 165 places ont été pourvues alors que nous en avions ouvert 285. Ce n'est évidemment pas négligeable puisque nos moyens financiers sont réduits d'autant. Mais nous avons récupéré Equis et tous nos efforts sont désormais concentrés sur l'organisation du concours 2011.



(1) La European Foundation for Management Development est un organisme qui acrédite les écoles de commerce. Elle leur décerne ses labels Equis ou Epas.

P-A.P
20/10/2010
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Voir aussi : equis, escem
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