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Gilbert Béréziat de Paris Universitas : « Nous prenons le chemin de l’université de Londres »


L’alliance Paris Universitas, qui rassemble huit établissements parisiens d’enseignement supérieur, a vu le jour en 2005. Ce regroupement souhaite s’imposer, à terme, comme une référence universitaire internationale. Gilbert Béréziat, délégué général de Paris Universitas, fait le point sur l’évolution de la structure au sein d’un paysage universitaire parisien en pleine mutation.



Quelles sont les évolutions récentes de Paris Universitas ?

Nous sommes désormais huit partenaires puisque Paris 4 et l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) nous ont rejoints en avril dernier (1). Nous avons modifié les statuts pour les accueillir et, dans les prochains mois, nous allons installer les bureaux de Paris Universitas dans les locaux de la Sorbonne. C’est un beau symbole, ce retour à l’alma mater (la mère nourricière, Ndlr).

Quels sont les moyens de Paris Universitas aujourd’hui ?
La cotisation est de 10.000 euros par membre et par an. Avec cela, on fait du secrétariat, de la communication et le site web. Aujourd’hui, en tant que délégué général, c’est moi qui fait un peu tout, en me faisant aider et tout en poursuivant mes activités en médecine et en tant que vice-président à l’international de Paris 6. Cela pourrait évoluer quand je m’installerai à la Sorbonne : il est possible que nous recrutions du personnel propre à Paris Universitas.

Votre projet Paris Campus Quartier Latin n’a pas été retenu dans le cadre de l’Opération Campus (2). Comment l’expliquez-vous ?
Ce plan a été lancé de manière surréaliste : on donne l’autonomie, mais en même temps, on demande aux gens de se regrouper ! Et puis derrière, il y a la réalité des financements : on va faire une politique de saupoudrage qui ne permettra à personne d’être ambitieux. Du coup, ça jette un petit froid. A Paris Universitas, on a su résister aux tempêtes du plan Campus, mais ça a créé quelques turbulences. L’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et l’EPHE ont été sollicitées pour le projet Campus Condorcet Paris-Aubervilliers, mais ils veulent rester à Paris Universitas. Le projet Paris Campus Quartier Latin ne les incluait pas, mais il y avait le Collège de France et le Muséum d’histoire naturelle avec nous.

Avec la multiplicité des regroupements, les associations, les PRES, les RTRA, c’est un peu compliqué de savoir qui fait quoi avec qui, non ?

Les RTRA, ce n’est pas un problème, ce sont des réseaux de recherche, ils ont vocation à rassembler dans la réflexion tous les acteurs autour d’un même thème. Même si le réseau s’appelle Ecole d’Economie de Paris, par exemple, dans les faits, ça n’existe pas en tant qu’établissement.
Le plan Campus a aussi aidé à délimiter les frontières : il y a Paris Universitas, Paris Centre, Condorcet. C’est parfois compliqué : par exemple, Paris 1 est engagé à la fois dans Paris Centre (3) et dans le Campus Condorcet. De notre côté, il y a des tiraillements aussi. L’Ecole normale supérieure (ENS) a pensé à faire ses affaires avec ParisTech (4), Dauphine est sollicitée pour s’installer au pôle Léonard de Vinci dans les Hauts-de-Seine mais veut rester au sein de Paris Universitas, … De toute façon, si on veut l’autonomie par rapport à l’Etat, on ne peut pas s’en remettre à l’Etat, ça doit venir des établissements. De ce point de vue, le positionnement et le fonctionnement de Paris Universitas sont très clairs.

Justement, comment fonctionne Paris Universitas ?

Le logo de Paris Universitas
Nous avons un bureau de 8 membres, un par institution, où chaque membre dispose d’une voix. Sur le même mode, le conseil d’administration est constitué de 16 membres et l’assemblée générale en comporte 32. C’est une structure légère, plus efficace que ce qui existe aujourd’hui dans les universités, même avec les nouvelles dispositions de la loi sur l’autonomie. L’idée est que le conseil d’administration fasse de la politique et de la gestion au quotidien pour l’ensemble des partenaires. C’est un processus délicat, il faudra mutualiser les systèmes de gestion tout en laissant la maîtrise académique et la maîtrise de la recherche aux différents membres.

Et concrètement, aujourd’hui, comment se développent les projets ?

Les responsables des formations permanentes se réunissent, les responsables à l’international se coordonnent, on fait front ensemble pour l’immobilier, il y a des liens entre les bibliothèques, on a un projet de learning center, on vient de créer un collegium (un département) pour les cursus exigeants de doubles diplômes en licence : nous avons de nombreux projets qui marchent bien. Paris Universitas prend le chemin de l’université de Londres, qui est fédérative. Quand je vais à l’étranger, à Colombia, Harvard, je constate qu’eux aussi ont des campus globaux.

Pour aller plus loin, il faudra mutualiser au moins une partie des budgets, où en est la réflexion sur ce sujet ?

Le travail pour estimer le niveau de gestion à mettre en commun (RH, finances), n’a pas encore été entrepris. Mais l’objectif est clair dans la tête de tout le monde et le principe d’une gouvernance légère, avec des systèmes d’autocontrôle, est bien accepté. Notre budget global représenterait un milliard d’euros, ça nécessite une politique de gestion claire. L’idée est de remettre dans un échelon intermédiaire les compétences qui relevaient de l’Etat avant la loi sur l’autonomie. Quand les quatre universités membres de Paris Universitas seront passées à l’autonomie, on pourra s’asseoir autour d’une table pour voir comment mutualiser en préservant l’indépendance des membres et sans rajouter de la bureaucratie.

Où en sont les membres de Paris Universitas dans leur chemin vers l’autonomie prévue par la loi Pécresse ?

Chacun va à son rythme ; il y a de vrais écarts. Paris 6 était déjà très autonome et gère désormais son budget depuis janvier. Dauphine, qui a un fonctionnement différent et une grande autonomie patrimoniale, devrait suivre assez vite. Mais à la Sorbonne Nouvelle ou à Paris 4, en revanche, ils ne sont pas prêts à l’autonomie de gestion. Il faut imaginer que la gestion des portes à la Sorbonne ne dépend pas des présidences d’université mais du rectorat ! La démarche est donc un peu compliquée, il faut faire preuve de patience, faire attention quand on parle. On aurait pu choisir de prendre des morceaux de chaque partenaire pour fabriquer des pôles d’excellence, ça aurait sûrement été plus vite. Mais à Paris Universitas, on considère que l’excellence, c’est le tout !

NB :

(1) Les huit membres de Paris Universitas sont l’université Panthéon-Assas, l’université Paris-Dauphine, l’université Paris-Sorbonne, l’université Pierre et Marie Curie (UPMC),
l’université Sorbonne nouvelle, l’Ecoles des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’Ecole normale supérieure (ENS), l’Ecole Pratique des hautes études (EPHE).
Tous, à l’exception de Dauphine, possèdent des locaux dans le quartier latin, cœur historique du Paris étudiant.

(2) Trois projets parisiens ont été proposés dans le cadre de l’opération campus :
- « Paris Campus Quartier Latin » [Alliance Paris Universitas (Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, Université Sorbonne Nouvelle - Paris III, Université Panthéon Assas - Paris II, ENS Ulm), Université Paris-Sorbonne - Paris IV, Collège de France]
- « Campus universitaire Paris-Centre » [Université Descartes - Paris V, université Diderot - Paris VII, IEP Paris (Sciences Po), Observatoire de Paris, IPGP (Institut de Physique et du Globe de Paris)]
-« Campus Condorcet Paris-Aubervilliers » (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - EHESS, Ecole Pratique des Hautes Etudes - EPHE, Universités Paris I, Paris VIII, Paris XIII, Ecole des Chartes)

(3) Paris Centre Universités est une alliance entre Paris 1, Paris 5 et Paris 7 qui pourrait déboucher sur un PRES ou une fusion

(4) Rassemblement de 11 grandes écoles, essentiellement scientifiques. HEC est également membre de ParisTech.

À voir également : le blog de Gilbert Béréziat


Propos recueillis par David Allais
11 Janvier 2009

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Commentaires des lecteurs

1.Posté par efe le 07/04/2010 17:26
Que devient Paris Universitas ??
L'EHESS et l'EPHE quittent cette alliance.
Le projet Condorcet bat de l'aile.
Dernière trouvaille : le PRES "Hautes Etudes-Sorbonne-Arts et Métiers"...

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