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En Europe, la formation au journalisme reste nationaleUne formation commune au journalisme sur le continent europ�en est-elle concevable? Et m�me souhait�e? On peut en douter, bien que les �coles, notamment en France, s'adaptent au LMD, facilitant ainsi les �changes d'�tudiants et le partage des bonnes pratiques. Force est de constater que, malgr� l'�mergence d'une opinion publique europ�enne sur certains sujets, les tentatives de cursus internationaux en journalisme sont rares.
En France, l'ESJ a par exemple des accords d'échanges avec la City University de Londres, l'Université Laval au Québec et l'Université de Louvain en Belgique, mais le nombre d'étudiants concernés est très réduit. Le CUEJ, lui, avait mis en place en 1991 un DESS Eurojournalisme pour former des spécialistes de "la couverture de l'Union européenne, dans ses dimensions communautaires et intergouvernementales comme dans ses retombées nationales et locales". Il faut croire qu'il n'a pas rencontré le succès escompté dans la durée, puisqu'il a été supprimé ou plutôt, selon le CUEJ, a été fondu dans un vaste master en journalisme lors de la dernière rentrée universitaire (1). Reste un master franco-allemand en journalisme, délivré par l'Université Robert Schuman de Strasbourg et l'Université de Fribourg, proposé en option aux étudiants du CUEJ.
Autant être prévenu : en règle générale, la reconnaissance du diplôme d'un pays voisin est soumise à la libre appréciation des patrons de presse. Voici un tour d'horizon des formules d'études offertes en Europe. Leurs caractéristiques partagées: la co-existence dans pratiquement tous les pays d'organismes privés et publics, une frontière avec la formation en communication pas toujours clairement établie, des enseignements pratiques assez récents, et des étudiants sur-diplômés, pénurie de postes oblige. Ensuite, une pratique professionnelle de deux ans en moyenne est nécessaire pour décrocher le titre officiel de journaliste.
Allemagne : des stagiaires « volontaires »
Chacun est libre de devenir journaliste en Allemagne: il n'existe aucune exigence légale ou professionnelle. Mais la plupart des futurs journalistes suivent un apprentissage de deux ans, dénommé "Volontariat", qui consiste à se former sur le tas au sein d'une rédaction. Le système, qui date du début du siècle, n'a cessé de se perfectionner et il protège mieux les "stagiaires", grâce à une convention collective spécifique. Ceux-ci peuvent suivre en parallèle des cours et séminaires. Comme dans la plupart des pays, le bac et une période de stage ne sont plus suffisants (depuis la fin des années 60 en Allemagne) pour décrocher une place dans la profession, même en tant que « volontaire »: le passage par une école de journalisme ou un cursus universitaire apparaît comme un pré-requis supplémentaire. Les universités, dont les plus réputées en la matière sont celles de Leipzig, Dortmund et d'Eichstatt, ont développé dans les années 80 des formations plus pratiques. L'entrée y est sélective. Parmi les meilleures écoles de journalisme figurent celle de Munich (Deutsche Journalistenschule), la plus ancienne, et celle de Berlin (Berliner Journalisten-Schule), fondée en 1986. Par ailleurs, des groupes de presse ont créé leurs propres écoles: ainsi la Henri-Nannen-Schule à Hambourg, par le groupe Gruner + Jahr (qui possède l'hebdomadaire Die Zeit), et les écoles de journalisme Axel Springer à Hambourg et Berlin. Enfin, il existe des écoles confessionnelles. Belgique : des cours du soir très prisés Est "journaliste professionnel", selon une loi de 1963, celui qui a fait du journalisme son activité professionnelle principale depuis deux ans, dans un média d'information générale. Les journalistes qui travaillent pour des médias spécialisés peuvent prétendre à un titre spécifique, celui de "journaliste de la presse périodique". La plupart des centres de formation ont été créés dans les vingt années qui ont suivi la Seconde guerre mondiale. L'Institut de journalisme (IDJ) a lui ouvert ses portes en 1922, à l'initiative de l'Association des journalistes professionnels de Belgique. Son cursus, d'une durée d'un an, à raison de cours trois fois par semaine en soirée, se veut complémentaire des études universitaires. Les formations en communication des universités ou des écoles privées peuvent conduire au journalisme. De même certains étudiants des écoles dédiées à l'enseignement des arts du spectacle et des techniques de diffusion, par exemple de l'Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et des Techniques de Diffusion (INSAS) à Bruxelles, ou l'Institut des Arts de Diffusion (IAD) à Louvain, peuvent suivre cette voie. A Louvain également, dans le cadre du processus de Bologne, l'université catholique de Louvain et l'IAD ont ouvert en 2004 une école de journalisme, ayant pour ambition "de former des journalistes de haut niveau, national et international". Espagne : accords entre universités et groupes de presse Dans les années 70 ont été créées les facultés en sciences de l'information, qui ont signé l'arrêt des écoles de journalisme du régime franquiste. Elles assurent avant tout une formation intellectuelle solide, en 4 ans généralement (« licenciado en periodismo »). A partir de 1986 se sont développés les accords entre universités et groupes de presse, pour des cursus d'un an en moyenne, de niveau master. Il en est ainsi entre l'Université autonome de Madrid et le quotidien El Pais (Escuela de periodismo), ou l'Université Complutense de la même ville et le journal ABC. Il faut avoir achevé un cycle d'études supérieures pour être admis dans ces formations pratiques. France : le cercle des écoles reconnues Un enseignement de qualité a été dispensé très tôt en France, dès la fin du XIXe siècle. Mais l'accès à la profession est libre. Les personnes qui ont suivi un cursus en journalisme, surtout dans une des 12 écoles « reconnues par la profession », sont cependant favorisées. Parmi ces établissements d'élite (diplôme généralement à bac+5), l'Ecole supérieure de journalisme (ESJ) à Lille, le Centre de formation des journalistes (CFJ) à Paris, tous deux de statut privé, ou encore des écoles rattachées à des universités, comme le Centre universitaire d'enseignement du journalisme (CUEJ) à Strasbourg et le CELSA à Neuilly-sur-Seine. La formation, à la fois générale et technique, répond à 10 critères définis par la Commission nationale paritaire de l'emploi des journalistes (CNPEJ) selon les besoins du métier. Sortir d'un de ces établissements permet de ramener de 2 à 1 an le délai pour obtenir la carte de presse de journaliste titulaire, qui facilite l'exercice du métier. Grande-Bretagne : la formation sur le tas est valorisée La tradition veut que la plupart des journalistes se forment sur le tas, encore aujourd'hui. Ils sont alors diplômés d'autres disciplines (sociologie, droit…) ou pas diplômés du tout. Mais cette situation évolue notamment du fait des nouvelles technologies : les formations sont désormais mieux considérées. Il n'existait quasiment aucun cursus avant 1965, tous les professionnels débutaient en presse locale. Les périodiques régionaux ont depuis mis en place un système d'apprentissage. Une trentaine de centres de formation (écoles ou universités) sont accrédités par le Conseil national pour la formation des journalistes. Ce conseil organise aussi un examen pour l'obtention d'un certificat national, qui se passe 18 mois à 2 ans après le début de la pratique professionnelle. Parmi les formations les plus prestigieuses : celles de la City University à Londres, de l'université du Pays de Galles à Cardiff, de la Westminster University… Italie : un examen national pour intégrer la profession La loi sur la presse de 1963 stipule que pour obtenir le titre de journaliste et exercer cette profession, il faut être inscrit auprès de l'Ordre des journalistes. Mais l'Ordre distingue deux catégories de journalistes bien distinctes : ceux qui ont passé l'examen national qui régule l'accès à la profession, s'y consacrant à plein temps (les journalistes professionnels), et les autres qui parfois exercent d'autres métiers en plus de leur travail de rédacteur (les pigistes). Pour faire partie de la première catégorie, l'aspirant doit travailler pendant 18 mois au sein d'une rédaction, puis réussir un examen. L'inscription au registre des journalistes professionnels peut ensuite prendre du temps… Pour être enregistré en tant que pigiste, l'aspirant doit démontrer qu'il a collaboré régulièrement à une rédaction pendant au moins deux ans (et publié au moins 65 articles, dans le cas de la presse écrite). Les facultés et écoles de journalisme se sont développées tardivement, alors que les relations familiales et personnelles déterminaient auparavant l'accès à l'emploi. Une vingtaine de cursus sont reconnus par l'Ordre, pour la plupart des masters. Le passage par l'un de ces cursus, dont celui de la Luiss de Rome ou de l'Ecole supérieure de journalisme de Bologne, permet de présenter directement l'examen national pour devenir journaliste. Le cursus en leur sein dure deux ans. Le 22 décembre 2005, le Conseil des ministres a approuvé un décret visant à durcir encore les conditions d'accès à la profession : désormais la poursuite d'études jusqu'au niveau master devrait devenir obligatoire pour pouvoir pratiquer le journalisme en Italie. Suède : le tout public Tous les cursus sont publics. Les universités de Stockholm, de Göteborg et d'Umeaa sont les établissements les plus réputés. Il existe aussi des « hautes écoles » et des formations continues, ouvertes également aux jeunes étudiants. Les places sont très prisées. A noter, l'existence de cours dits de « journalisme global », qui rassemblent des étudiants de multiples nationalités. A l'Université d'Örebro, il s'agit même d'un master, ouvert aux journalistes professionnels. Ces cursus répondent, selon leurs promoteurs, à un besoin d'une «perspective globale» en journalisme, et non strictement occidentale. NB :
(1) Xavier Delcourt, professeur au CUEJ, précise que « plus de 90% des anciens du DESS, issus de 28 pays, sont en exercice dans la profession » et que « le choix de mettre un terme à ce DESS international repose sur trois circonstances:
- son succès avait conduit d'autres écoles à l'imiter. Il fallait donc aller innover ailleurs (...) - Le LMD a reclassé le diplôme de base du CUEJ dans la catégorie Master. Il n'était plus possible de consacrer une année supplémentaire à un diplôme qui n'avait pas une valeur académique supérieure. - Le DESS (...) concentrait toute la formation européenne sur lui, au détriment des étudiants suivant notre formation de base. Nous avons donc décidé de réinjecter - différemment - dans la formation de base le capital d'expérience acquis. Tous nos étudiants suivent désormais une spécialisation européenne ». 31/12/2005
Alison Cartier
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