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Bilan positif pour les 25 ans des Cifre


On dit souvent qu'en France le monde de la recherche fondamentale et celui de l'entreprise ont du mal � faire bon m�nage. Depuis 1981, les Conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre), qui permettent d'effectuer une th�se tout en travaillant dans une entreprise, favorise les liens entre la recherche pure et ses applications industrielles. Tour d'horizon d'un dispositif qui f�te ses 25 ans cette ann�e.



Tom Vercauteren, polytechnicien, est un thésard satisfait. Ses recherches sur l'imagerie biomédicale trouvent au quotidien des applications pratiques au sein de l'entreprise pour laquelle il travaille : celle-ci est spécialisée dans l'imagerie cellulaire in vivo. « C'est gratifiant de voir ses projets mis en place, d'avoir des collègues qui viennent vous voir pour utiliser les programmes que vous développez », explique-t-il, enthousiaste.
Comme 1 300 jeunes chercheurs cette année, Tom Vercauteren prépare une thèse Cifre (Conventions industrielles de formation par la recherche). Ces conventions mettent en relation trois acteurs : un étudiant (de toute nationalité), un laboratoire (y compris étranger) et une entreprise de droit français. Partageant son temps entre le laboratoire et l'entreprise, l'étudiant participe au travail de recherche et développement de son employeur tout en rédigeant une thèse dans le même domaine. « La convention précise que l'on doit passer 50% de son temps en laboratoire, souligne Tom Vercauteren, ce qui permet de prévenir d'éventuels abus de l'entreprise qui pourrait nous utiliser davantage comme ingénieur que comme chercheur. Mais dans les faits, le temps passé dans l'entreprise et le labo est variable. »
Les Cifre peuvent se développer à l'initiative de n'importe quel acteur de la convention. « Ce peut être une entreprise qui a un besoin particulier et qui contacte un labo ou un labo qui veut nouer des liens avec le monde de l'entreprise par l'intermédiaire d'un thésard Cifre », décrit Tom Vercauteren. « Dans mon cas, c'est une initiative personnelle. J'ai proposé un projet à une boîte dans laquelle j'avais fait un stage ; c'est eux qui ont ensuite trouvé le labo. Cette souplesse est intéressante, elle facilite les interactions ».

13 000 Cifre en 25 ans

L'entreprise qui passe une convention Cifre signe avec le doctorant un CDD de trois ans ou un CDI avec un salaire d'un montant minimum de 20.215 euros annuels (environ 1.685 euros brut mensuels). « Après, rien n'empêche de négocier », précise Tom Vercauteren. « C'est le monde de l'entreprise, la négociation fait partie du jeu. Mais les aspirants Cifre n'y songent pas toujours: ils sont habitués aux bourses de thèse et aux salaires des labos qui ne se discutent pas ». Pour les entreprises, quelle que soit la rémunération ou le type de contrat choisi, il y a une incitation financière à la clé: l'Etat verse une subvention forfaitaire annuelle de 14.635 euros pour chaque Cifre.
La gestion des Cifre est confiée par convention annuelle à l'ANRT (Association nationale de la recherche technique) : c'est elle qui signe les conventions, verse les subventions, anime le réseau des Cifre et met en place des opérations de communication. A ce jour, 13.000 personnes, dont un tiers de femmes, ont bénéficié d'une Cifre. La moitié des thésards qui ont bénéficié de ce dispositif sont issus de l'université et l'autre moitié des écoles d'ingénieur. Si les thèses en sciences exactes sont majoritaires, des Cifre en Sciences humaines et sociales ont vu le jour dans les années 90. Elles représentent actuellement 20% des conventions signées, selon l'ANRT.

40% restent dans l'entreprise partenaire

Pour financer le dispositif, l'Etat a déboursé 41 millions d'euros en 2006 et prévoit un budget de 47,8 millions d'euros pour 2007. Le jeu en vaut la chandelle : 92% des Cifre ont soutenu leur thèse au bout des trois ans. En outre, leur insertion sur le marché du travail est généralement réussie puisque 40% des doctorants Cifre intègrent l'entreprise partenaire de leur convention. En outre, 38% trouvent une place dans une autre entreprise.
12% d'entre eux seulement rejoignent la recherche publique, mais les places y sont chères. «Quand on fait une Cifre, on se ferme la voie de la recherche par la filière universitaire car pour être maître de conférence, il faut avoir donné des cours, ce qui n'est pas vraiment envisageable compte tenu de nos emplois du temps», estime Tom Vercauteren. « Mais de toute façon, la majorité des Cifre veulent travailler dans la R&D (recherche et développement), ils restent donc en entreprise ».
Ce succès a donné des idées au ministère de la Recherche. Il a décidé en décembre 2005 d'ouvrir, à titre expérimental, la procédure Cifre à des structures non industrielles. Les Cifre craps (Convention de recherche pour l'action publique et sociétale) ont ainsi vu le jour. Les ONG, les collectivités territoriales ou encore les établissements consulaires peuvent désormais, eux aussi, engager des doctorants sous convention Cifre. Un élargissement qui constitue peut-être un début de solution aux difficultés d'insertion des thésards sur le marché du travail.


David Allais
19 Novembre 2006



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