D’ici à 2015, quatre domaines professionnels devraient concentrer l’essentiel des créations d’emplois : "informatique, commerce, santé, action sociale, culturelle et sportive, et services aux particuliers", selon une étude de la Direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) du ministère de l’Education nationale (1). A l’inverse, "les domaines professionnels agriculture, marine, pêche, sylviculture et industries légères (textile, cuir, bois…) devraient poursuivre leur fort recul", apprend-on à la lecture de cette étude.
Pour tenter de cerner les besoins sectoriels en emplois dans les années à venir, la DEP s’appuie sur l’analyse des tendances en cours. Plus globalement, pour établir l’ensemble des besoins en emplois de l’économie, elle pose des hypothèses fondamentales comme le nombre de départs en retraite (6,6 millions entre 2002 et 2015) et "une croissance tendancielle du PIB de 2%". Si ce rythme de croissance moyen se révèle exact dans les prochaines années, alors "le nombre de jeunes sortant du système éducatif et entrant en activité sera supérieur aux besoins de recrutement de l’économie", analysent les auteurs de l’étude. Et ce, malgré les forts départs en retraite. Et la DEP de préciser : "La situation des sortants restera difficile".
Les futurs étudiants n’ont toutefois pas trop de soucis à se faire car, comme le rappelle justement la DEP, en prenant une hypothèse de croissance du PIB de 3%, ce qu’elle avait fait précédemment, le résultat est radicalement différent.
La DEP prévoit enfin que les besoins en individus avec un niveau de formation supérieur au Bac sera plus important en 2015 qu’aujourd’hui. Elle en conclut qu’il y a un défi à relever : celui de conduire 50% d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur, soit l'un des objectifs affichés par l'actuel gouvernement.
A la lecture de cette étude, on comprend donc qu’il faut encourager l’élévation générale du niveau de formation dans la société, mais que davantage de diplômés risquent de connaître une insertion difficile sur le marché du travail à l’horizon 2015.