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Qu’est devenue l’Ecole d’économie de Paris ?


Inaugurée en grande pompe en présence du Premier ministre Dominique de Villepin en février 2007, l’Ecole d’économie de Paris (EEP) s’est faite, depuis, plus discrète. Mais si l’EEP n’est pas aujourd’hui au niveau de ses grandes ambitions, elle y travaille vigoureusement et a toujours les mêmes objectifs à terme.



Qu’est devenue l’Ecole d’économie de Paris ?
Quand on arrive au 48 boulevard Jourdan, qui abrite les campus de l’ENS et de l’Ecole d’économie de Paris (EEP), on peut voir en face du numéro, en s’approchant, un petit panneau indiquant la présence de l’EEP dans les locaux. Pas très engageant pour une institution annoncée à son origine comme le futur concurrent français de la London School of Economics ou du Massachusetts Institute of Technology. Le déménagement de l’Ecole vers le campus Condorcet, à proximité d’Aubervilliers, serait-il acté ? Non, le conseil d’administration de l’EEP a tranché à l’automne : les locaux resteront sur le campus Jourdan où des travaux seront réalisés. « Les espaces réservés actuellement à l’EEP sur le campus Jourdan sont insuffisants pour rassembler tous les chercheurs, ce qui nous oblige à avoir deux autres sites. Un nouveau bâtiment sera construit d’ici 2013 ou 2014, ce qui nous permettra de réunir tout le monde sur le même site », explique Marie Philipon, secrétaire générale de l’EEP.

A l’image de ses bâtiments, l’EEP semble n’être encore qu’un projet en devenir. Même le site internet, première vitrine de communication pour un tel projet, n'est pas très bien référencé. « Nous avons récemment changé d’hébergeur internet, il y a un délai de quelques semaines avant que les moteurs de recherche prennent le changement en compte », se défend-on au sein de l’Ecole.

Sa secrétaire générale assure en tous cas que « les ambitions de départ n’ont pas été revues à la baisse. Les deux premières années ont été importantes pour consolider les fondations, pour définir notre périmètre d’action, et établir les premiers partenariats. L’EEP est une structure récente et complexe (1), il a fallu un peu de temps pour l’installer mais aujourd’hui tout est en place pour lui permettre de développer son activité scientifique et ses nombreux projets ».

250 étudiants, près de 100 doctorants et 124 chercheurs

Qu’est devenue l’Ecole d’économie de Paris ?
Au cours de l’année et demie écoulée, l’EEP n’a, il est vrai, pas chômé : plusieurs séminaires ont été créés, une cinquantaine de contrats de recherche signés et un nouveau master Politiques publiques et développement (PPD) a vu le jour à la rentrée. « Nous hébergeons également, depuis le début 2008, deux centres d’expertise : Le J-Pal Europe, dirigé par Ester Duflo, qui travaille à améliorer l’efficacité des programmes sociaux dans le monde et Micro Simula, une unité de microsimulation et d’analyse de politiques publiques », ajoute Marie Philipon.

Aujourd’hui, l’Ecole d’économie de Paris accueille 250 étudiants dans trois masters, une centaine de doctorants et 124 chercheurs et enseignants-chercheurs. Les effectifs étudiants devraient monter à environ 300 l’an prochain tandis que le nombre de chercheurs va se stabiliser. Des chercheurs dont Marie Philipon tient à souligner la forte activité : « Ils ont publié 25 articles dans le top 5 des publications scientifiques au cours des quatre dernières années, sans parler des nombreuses autres publications internationales ou nationales. Ils sont présents dans tous les médias où ils s’expriment très régulièrement. »

De nouveaux partenariats privés

Qu’est devenue l’Ecole d’économie de Paris ?
Pour mettre en place ses programmes, l’EEP s’est appuyée sur des fonds de départ assez généreux et sur des partenariats engagés sur le long terme comme avec la région Ile-de-France. « Cela nous a permis de financer les séminaires, certains cours, notamment ceux de PPD, des allocations doctorales ou postdoctorales ou des bourses pour les étudiants », précise Marie Philipon, « Nous avons également deux chaires d’entreprises qui sont en projet ».

La secrétaire générale sait néanmoins qu’il reste du chemin à parcourir : « Nous sommes aujourd’hui loin des objectifs financiers qui sont les nôtres à terme mais n’oublions pas que Paris School of Economics est une structure en développement. Elle avance vers ses ambitions de départ sereinement, nous sommes sur la bonne voie. A titre de comparaison, il a fallu vingt ans à la Toulouse School of Economics pour avoir la position qu’elle occupe actuellement ».

Pour le moment, la reconnaissance n’est pas encore au rendez-vous. Pour Gilbert Béréziat, délégué général de l’alliance Paris Universitas (2), une structure qui comprend notamment l’EHESS et l’ENS, membres fondateurs de l’EEP, « l’Ecole d’économie de Paris, ça n’existe pas, c’est un RTRA (1) comme les autres, ce sont des réseaux de recherche, pas des entités propres ». Si les propos de Gilbert Béréziat doivent être mesurés à l’aune de la défense de sa propre chapelle dans un contexte universitaire parisien en pleine restructuration, plus inquiétants sont ceux de Binda Rai, chef du service médias et relations publiques du système externe de l’Université de Londres (entité fédérative qui comprend notamment la London School of Economics) : « L’Ecole d’économie de Paris ? Nous n’en savons pas grand-chose. Un de mes collègues en a très vaguement entendu parler, mais rien de plus ».

NB :

(1) L’Ecole d’économie de Paris est un Réseau thématique de recherche avancée (RTRA) qui rassemble six partenaires (ENS, EHESS, Paris 1, ENPC, INRA, CNRS). Sa forme juridique est celle d’une fondation de coopération scientifique. Le Conseil d’administration est composé de représentants des fondateurs et des partenaires publics et privés, de chercheurs ainsi que de personnalités qualifiées.

(2) Les huit membres de Paris Universitas sont l’université Panthéon-Assas, l’université Paris-Dauphine, l’université Paris-Sorbonne, l’université Pierre et Marie Curie (UPMC),
l’université Sorbonne nouvelle, l’Ecoles des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’Ecole normale supérieure (ENS), l’Ecole Pratique des hautes études (EPHE).
Tous, à l’exception de Dauphine, possèdent des locaux dans le Quartier latin, cœur historique du Paris étudiant.


01/02/2009
David Allais
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Voir aussi : ens, paris universitas, pse, rtra
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