ENSP, à Rennes
Pratiquement tous les secteurs de l’enseignement supérieur souffrent des mêmes maux. «Notre dispositif d’enseignement (et de recherche) en santé publique est trop éparpillé pour être pleinement efficace et visible hors de France» : ainsi débute le rapport – en date de juin 2006 - du Professeur Jacques Hardy, ancien directeur de l’Ecole nationale de santé publique (ENSP), au sujet de la fondation d’une Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). Celle-ci a été prévue par l'article 39 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.
Selon le Pr Hardy, il faut « une mise en commun des ressources pédagogiques existantes ». Les acteurs de la formation sont en effet on ne peut plus dispersés : il existe par exemple 110 diplômes de master en santé publique, dans des organismes aussi divers que le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’INED (Institut national des études démographiques), le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), des écoles d’ingénieurs et de commerce. De plus, « les médecins sont formés à la santé publique dans le cadre de leur cursus de base et au travers d’une filière de l’internat. Par ailleurs, les fonctionnaires sont formés au travers d’une école professionnelle, l’ENSP, qui ne délivre pas, à l’heure actuelle, de diplômes reconnus au plan européen », reprend le Pr Hardy. Des bouleversements sont donc en vue pour l’ENSP, établie à Rennes, dont les anciens n’ont pas manqué de s’inquiéter. Cette école créée en 1945 pourrait en effet être intégrée à l’EHESP, si celle-ci voit le jour.
Selon le Pr Hardy, il faut « une mise en commun des ressources pédagogiques existantes ». Les acteurs de la formation sont en effet on ne peut plus dispersés : il existe par exemple 110 diplômes de master en santé publique, dans des organismes aussi divers que le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’INED (Institut national des études démographiques), le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), des écoles d’ingénieurs et de commerce. De plus, « les médecins sont formés à la santé publique dans le cadre de leur cursus de base et au travers d’une filière de l’internat. Par ailleurs, les fonctionnaires sont formés au travers d’une école professionnelle, l’ENSP, qui ne délivre pas, à l’heure actuelle, de diplômes reconnus au plan européen », reprend le Pr Hardy. Des bouleversements sont donc en vue pour l’ENSP, établie à Rennes, dont les anciens n’ont pas manqué de s’inquiéter. Cette école créée en 1945 pourrait en effet être intégrée à l’EHESP, si celle-ci voit le jour.
Rapprochement avec les sciences sociales
Parmi les missions qui incomberaient à une grande école de santé publique, indique le Pr Hardy, figurent la formation de leaders et managers dans ce domaine, la recherche transdisciplinaire et la définition de politiques afin d’améliorer l’état de santé de la population. Dans son offre pédagogique doivent s’inscrire l’épidémiologie, la biostatique, la santé environnementale, les sciences sociales et la santé internationale, à l’instar de ce qui est enseigné dans les trois plus grandes écoles mondiales en ce domaine, à savoir l’université Johns Hopkins à Baltimore (Etats-Unis), l’université d’Harvard à Boston (Etats-Unis) et la London School of Hygiene and Tropical Medicine (Grande-Bretagne).
L’ambition de l’école française serait donc d’attirer les meilleurs étudiants, enseignants et chercheurs. Le Pr Hardy prévient que la cible ne sera atteinte qu’en plusieurs années, une fois l’ensemble des champs de formation relatifs à la santé publique couverts par la future école. Une école dans laquelle cohabiteront des enseignants-chercheurs et les enseignants de l’actuelle ENSP, prévoit le professeur dans son rapport. A noter également que l’EHESP pourrait proposer des formations académiques donnant lieu à la délivrance de diplômes aux niveaux master et doctorat, des formations destinées aux élèves fonctionnaires, de la formation continue s’adressant à tous les professionnels de (ou intéressés par) la santé publique. Elle mènerait enfin des activités de recherche fondamentale et appliquée. Dans le cadre de sa mission, l’école pourra s’appuyer « sur un réseau de partenaires académiques (universités et écoles) et extra académiques (collectivités publiques, entreprises privées) français et étrangers au sein desquels circuleront des enseignants en poste à l’EHESP pour la totalité ou une part de leur activité professionnelle et qui viendront indifféremment du « vivier » académique ou du monde professionnel.
L’ambition de l’école française serait donc d’attirer les meilleurs étudiants, enseignants et chercheurs. Le Pr Hardy prévient que la cible ne sera atteinte qu’en plusieurs années, une fois l’ensemble des champs de formation relatifs à la santé publique couverts par la future école. Une école dans laquelle cohabiteront des enseignants-chercheurs et les enseignants de l’actuelle ENSP, prévoit le professeur dans son rapport. A noter également que l’EHESP pourrait proposer des formations académiques donnant lieu à la délivrance de diplômes aux niveaux master et doctorat, des formations destinées aux élèves fonctionnaires, de la formation continue s’adressant à tous les professionnels de (ou intéressés par) la santé publique. Elle mènerait enfin des activités de recherche fondamentale et appliquée. Dans le cadre de sa mission, l’école pourra s’appuyer « sur un réseau de partenaires académiques (universités et écoles) et extra académiques (collectivités publiques, entreprises privées) français et étrangers au sein desquels circuleront des enseignants en poste à l’EHESP pour la totalité ou une part de leur activité professionnelle et qui viendront indifféremment du « vivier » académique ou du monde professionnel.
Réseau appelant au volontariat
Conformément au principe d’autonomie de l’université, le Pr Hardy suggère de laisser aux instances de l’école une fois créée, notamment au conseil scientifique, la liberté d’élaborer le projet pédagogique et scientifique de celle-ci. Mais pour donner l’impulsion, il propose la co-habilitation par l’EHESP et des universités, de trois masters existants : en éducation pour la santé (Université de Clermont-Ferrand), en droit, éthique, santé, protection sociale (Rennes I) et en santé environnementale (Paris VII-XI). L’école, ou plutôt le réseau EHESP, pourrait ensuite s'élargir progressivement sur la base du volontariat, autour de projets partagés.
L’intégration de l’ENSP, une école prestigieuse qui fait aujourd’hui référence pour la formation des directeurs d’hôpitaux, pourrait lui faire perdre sa spécificité au sein de l’EHESP. C’est pourquoi l’association des directeurs d’hôpitaux, rassemblant des anciens de l’école rennaise, s’est élevée contre « l’instauration d’un mastère commun aux différentes professions représentées à l’EHESP qui aurait pour effet de nier toutes spécificités de chacun des métiers en le fondant dans une qualification générique ». Certains, parmi le personnel de l’ENSP, seraient favorables à ce qu’elle s’insère purement et simplement dans le nouvel établissement, en gardant ses missions, son organisation et ses financements.
Le Pr Hardy reste volontariste : « L’ENSP va immédiatement se fondre, dans une forme à définir, dans l’EHESP, l’université y viendra sans doute de façon plus lente et, dans un premier temps, sur une base conventionnelle. La vie de la future école sera, comme pour tous les établissements d’enseignement supérieur, rythmée par les contrats quadriennaux. Le premier devra être conclu au plus vite car sa signature et son contenu constitueront les éléments d’un message fort adressé à tous ceux qui doutent encore de l’intérêt de la réforme et hésitent à y prendre leur place. », conclut le rapporteur.
L’intégration de l’ENSP, une école prestigieuse qui fait aujourd’hui référence pour la formation des directeurs d’hôpitaux, pourrait lui faire perdre sa spécificité au sein de l’EHESP. C’est pourquoi l’association des directeurs d’hôpitaux, rassemblant des anciens de l’école rennaise, s’est élevée contre « l’instauration d’un mastère commun aux différentes professions représentées à l’EHESP qui aurait pour effet de nier toutes spécificités de chacun des métiers en le fondant dans une qualification générique ». Certains, parmi le personnel de l’ENSP, seraient favorables à ce qu’elle s’insère purement et simplement dans le nouvel établissement, en gardant ses missions, son organisation et ses financements.
Le Pr Hardy reste volontariste : « L’ENSP va immédiatement se fondre, dans une forme à définir, dans l’EHESP, l’université y viendra sans doute de façon plus lente et, dans un premier temps, sur une base conventionnelle. La vie de la future école sera, comme pour tous les établissements d’enseignement supérieur, rythmée par les contrats quadriennaux. Le premier devra être conclu au plus vite car sa signature et son contenu constitueront les éléments d’un message fort adressé à tous ceux qui doutent encore de l’intérêt de la réforme et hésitent à y prendre leur place. », conclut le rapporteur.

Vie universitaire
Vers la création d’une nouvelle grande école de la santé publique