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Toujours plus de monde dans les écoles de commerce


En six ans, le nombre d'étudiants en écoles de commerce a crû de 60%, pour dépasser les 80.000 élèves. Et contrairement à ce qui s’était passé en 1993, la crise économique survenue en 2001 n’a pas affecté la croissance des effectifs.
On dénombre désormais 220 écoles de commerce en France, contre 76 en 1980.



Etudiants à Grenoble Ecole de Management
En six ans, les effectifs d'étudiants en écoles de commerce se sont accrus de 60%, pour atteindre 80.300 étudiants en 2003-2004, selon les données publiées par le ministère de l’Education nationale (1). Une évolution qui reflète la conjonction de plusieurs phénomènes :

-la croissance continue du nombre des écoles de commerce, tout d’abord. On en dénombre 220 aujourd’hui en France, contre 176 en 1990, 76 en 1980 et tout juste une vingtaine au sortir de la Seconde guerre mondiale.

- La multiplication des programmes proposés par ces écoles. Puisqu’en sus des diplômes visés par l’Etat qui sanctionnent le cycle d’études principal, les écoles d’enseignement supérieur de gestion ont démultiplié, depuis quelques années, le nombre des certificats d’établissement qu’elles délivrent. Lesquels certificats sont généralement positionnés au niveau troisième cycle (mastères, MBA…).

-Enfin, les établissement les plus cotés ont manifestement inscrit la croissance de leurs effectifs au rang de leurs priorités.

La crise économique de 2001 n’a pas affecté les écoles

L’augmentation du nombre des élèves inscrits dans les écoles de commerce est régulière, de l’ordre de 8% par an en moyenne, depuis la fin des années 90, selon le ministère de l’Education nationale. Les établissements du groupe I (ceux dont l’un des diplômes au moins est visé par l’Etat) comptaient ainsi 747 étudiants en moyenne, en 2003-2004.
Ce rythme de progression des effectifs n’est pas sans rappeler celui qu’avaient connu les écoles de commerce dans les années 80. A l’époque, la croissance de la population étudiante en gestion était soutenue par l’essor, en France, d’un modèle économique qui valorisait la réussite en entreprise, pourrait-on analyser succinctement. Cette évolution du nombre d’étudiants avait d’ailleurs été stoppée net en 1993. La crise économique d’alors avait grandement affecté les établissements d’enseignement de la gestion. Si bien qu’en 1996, le nombre de candidats à l’entrée des écoles de commerce s’en était quasiment trouvé divisé par deux par rapport à 1992.

La crise économique dans laquelle est entrée la France en 2001 n’a cette fois pas affecté la popularité de ce type d’études. La diversification du mode de recrutement des élèves y est probablement pour beaucoup. D’une part, les écoles proposent aujourd’hui davantage de voies d’accès dites parallèles qu’il y a 10 ans, d’autre part la part des étudiants étrangers est en constante augmentation. Leur poids atteint désormais 12,4% du total de la population étudiante recensée dans les écoles de commerce, soit une hausse de 2,9 points par rapport à 1998-1999, selon la note du ministère. Enfin, la population féminine a crû jusqu’à atteindre l’an passé 47,3% du total de la population, une situation unique de quasi-parité au sein de l’enseignement supérieur.

Grossir ou disparaître

Sur les 220 écoles de commerce, une poignée affichent leur volonté de jouer un rôle significatif sur la scène internationale. Dans ce but, ces écoles se doivent d’accroître leurs effectifs. Pour des raisons de budget, essentiellement. Un établissement comptant un petit millier d’élèves n’a généralement pas les moyens de financer des programmes de recherche et de recruter les meilleurs professeurs. Il ne peut pas non plus concourir pour les accréditations internationales et promouvoir son établissement à l’aide d’un budget publicité significatif.
L’axiome de ces établissements est désormais « grossir ou disparaître ». Mais conjuguer la croissance des effectifs et le même niveau de sélectivité est délicat à gérer, tout comme l’est le maintien du rapport croissance du chiffre d’affaires / rentabilité, en entreprise. C’est pourquoi la course à la taille critique est réservée aux établissements qui peuvent se permettre d’ouvrir les vannes du recrutement, tout en conservant intacte leur réputation d’établissement sélectif. Ce sont généralement les écoles les plus anciennes. Elles forment désormais des promotions d’environ 500 étudiants et totalisent aujourd’hui, toutes promotions et programmes confondus, de 2000 à 4000 étudiants en leur sein.
Concentrant l’essentiel de leur formation sur le management, ces grandes écoles ne peuvent toutefois pas rivaliser, en termes de taille, avec les universités, qui sont par essence pluridisciplinaires. Ainsi Paris I Panthéon-Sorbonne affiche-t-elle 38.500 étudiants, et ses voisines, les universités Paris VI René Descartes et Paris II-Assas, respectivement 28.200 et 17.000 étudiants.

NB :

(1) Note d’information 04.35 de décembre 2004, « Les étudiants dans les écoles de management », rédigée par Rachid Bouhia, de la Direction de l’évaluation et de la prospective.

Photo : étudiants à Grenoble Ecole de Management

P-A. Pillet
01/01/2005
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