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La d�mocratie �tudiante

La "coordination nationale des �tudiants" s'est r�unie dimanche 19 mars de 11h � 5h du matin le lendemain, � Dijon, dans un amphith��tre aux couleurs de la mobilisation. Des panneaux affichent "contrat pr�carit� �ternelle" ou "cherche pigeon � embaucher", un drap o� figure une tombe pour le droit du travail a �t� tendu, "solidarit� �tudiante contre la loi sur l'�galit� des chances" est inscrit en gros devant la tribune.



Chaque établissement a pu envoyer entre deux et sept délégués, élus en assemblée générale, en fonction du degré de mobilisation. Une règle adoptée lors de ces week-ends de coordination nationale, à Rennes, Toulouse, Paris, puis Poitiers. Les effectifs n'ont cessé de grossir, jusqu'à atteindre environ 450 étudiants à Dijon. Ils sont censés représenter 66 universités, 4 IUT, un IUFM, l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), l'Ecole normale supérieure de Lyon et celle de Cachan, ainsi que quelques instituts d'études politiques (IEP) mobilisés.

La réunion débute avec retard, "à cause des Parisiens qui ont pris un train juste avant 9H, et parce que certaines universités ont envoyé des délégués pour chacun de leurs sites, c'est trop", indique le président de la séance. On se compte, tout d'abord. Puis il faut en passer par un vote sur l'ordre du jour et la "charte de fonctionnement" de l'assemblée. Modalités des scrutins, interdiction de l'alcool et du tabac, autorisation à la presse d'assister aux débats, tout y passe. Cette seule procédure dure quatre heures, juste interrompue par une petite pause pour calmer les esprits et croquer un sandwich fourni par la cafétaria auto-gérée.

Parmi les points chauds: la composition de la tribune, désignée par le collectif d'occupation de l'université de Bourgogne et composée d'étudiants et de représentants des syndicats étudiants. Ces personnes ont pour fonction d'animer les débats et de compter les temps de parole - jamais plus de trois minutes par intervenant qui doit s'inscrire au préalable. "Nous ne voulons pas de l'Unef à la présidence", lance un étudiant, fort applaudi. La question de l'indépendance est rapidement évacuée, même si dans la semaine même, les étudiants de Poitiers ont annoncé qu'ils quittaient la coordination nationale, "incapable de coordonner", et "appropriée" par les syndicats. Faut-il admettre dans la salle les quelques lycéens et "précaires" (intermittents, salariés de l'Education nationale...) réunis en coordinations parallèles? Un lycéen est obligé de venir lui-même affirmer que les plus jeunes veulent d'abord discuter entre eux pour trancher.

vote sur le vote, vote sur chaque point, vote sur la synth�se

"Cette coordination devient un truc de bureaucrates! Cela nous corrompt, alors qu'il faudrait avancer", glisse une étudiante. La partie "bilan" dans le programme des discussions est rayée de la carte: elle a occupé trop de temps dans la dernière coordination. On passe aux "perspectives", en commençant par la définition d'une "plateforme de revendications".

Faut-il s'en tenir au retrait du contrat première embauche (CPE) et de la loi sur l'égalité des chances où il figure? "On doit élargir le mouvement, il ne faut pas comme certains politiques avoir peur d'une mobilisation", avance un étudiant de Montpellier. "On sent des signes comme quoi le gouvernement va craquer. Mais il cherche aussi à nous diviser, en proposant des négociations, en nous répondant par la violence. Il faut rester unis, et garder nos priorités initiales", répond prudemment un étudiant de la Sorbonne.

Certains ont des préoccupations plus pragmatiques: le calendrier des examens, les élections au Crous prévues dans la semaine. La proposition de "se mettre à poil" devant l'Assemblée nationale remporte un beau succès à l'applaudimètre. Toutes ces idées sont notées consciencieusement au tableau, pour être ensuite votées.

Dans la soirée, une étudiante de Nanterre se prononce en faveur du recours à la violence, au milieu du débat sur la composition d'un éventuel bureau pour représenter la coordination. La tribune veut lui retirer la parole, car elle est hors sujet. Elle refuse...violemment, puis se voit accorder deux minutes. 22H et quelques. Il est temps de dîner: nouveau sandwich, ou Mac Do pour les plus audacieux. Les votes débutent trois quarts d'heure plus tard, dans une salle légèrement clairsemée. On chante pour se donner du courage, on fait un petit somme avant de repartir de plus belle dans la bataille, qui se finira vers 5 heures du matin, sur un appel à la grève générale.

NB :


20/03/2006
A.C.

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