Manifs, grèves, refus de fournir les maquettes des masters destinés à remplacer les IUFM, opposition au décret réformant le statut des enseignants-chercheurs : les universitaires ne sont pas satisfaits des réformes proposées par le gouvernement et le font savoir. Mais que veulent-ils au juste ? Qu’on arrête tout et qu’on en reste au statut quo ? Seraient-ils de ces « incorrigibles » qui refusent toute réforme ? Globalement, non, les universitaires s’accordent pour dire que des réformes sont nécessaires. Seulement, celles proposées par le gouvernement ne leur conviennent pas.
Rapatrier les IUFM au sein des facs et en faire des masters, pourquoi pas ? Mais que l’année de stage systématique et rémunérée soit supprimée, que les universités doivent se débrouiller pour trouver des stages, que les enseignements soient essentiellement théoriques, voilà qui ne plaît guère. Du coup, les futurs masters sont en suspens puisque plusieurs universités ont refuser de rendre les maquettes des cours.
Rapatrier les IUFM au sein des facs et en faire des masters, pourquoi pas ? Mais que l’année de stage systématique et rémunérée soit supprimée, que les universités doivent se débrouiller pour trouver des stages, que les enseignements soient essentiellement théoriques, voilà qui ne plaît guère. Du coup, les futurs masters sont en suspens puisque plusieurs universités ont refuser de rendre les maquettes des cours.
« Humiliation »
Concernant la réforme du statut des enseignants-chercheurs, on retrouve la même logique. « Une réforme est nécessaire », explique Antoine, médiéviste, « la plupart des enseignants chercheurs que je connais souffrent de leurs conditions de travail, donc oui, ils veulent que ça change. Mais pas comme ça ». D’enseignants-chercheurs en enseignants-chercheurs, les même mots reviennent : « réforme non concertée », « humiliation », « enseigner est présenté comme un punition », « opacité de l’évaluation », « trop de pouvoir pour les présidents d’université », « accentuation du localisme » … Ce qui n’empêche pas la plupart de considérer que l’autonomie des universités est une bonne chose. D’ailleurs, avant que le décret sur le statut des enseignants-chercheurs arrive sur le devant de la scène, ceux-ci n’avaient pas massivement contesté la loi LRU, relative à l’autonomie des universités.
Il semblerait donc qu’il y ait, de la part du gouvernement, au minimum un problème de méthode. Lequel ? Antoine a une petite idée sur la question : « Le gouvernement n’arrête pas de dire que la recherche française est nulle, qu’il faut tout changer pour être compétitif. Or, si on regarde notre réputation à l’étranger, la recherche française est tout sauf ridicule. » Le syndrome du classement de Shanghai aurait-il encore frappé ?
Il semblerait donc qu’il y ait, de la part du gouvernement, au minimum un problème de méthode. Lequel ? Antoine a une petite idée sur la question : « Le gouvernement n’arrête pas de dire que la recherche française est nulle, qu’il faut tout changer pour être compétitif. Or, si on regarde notre réputation à l’étranger, la recherche française est tout sauf ridicule. » Le syndrome du classement de Shanghai aurait-il encore frappé ?

Vie universitaire
IUFM, LRU : Contre la réforme mais pour des réformes








