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Et l'on reparle d'un grand d�bat sur l'universit�

Le pr�sident de la R�publique Jacques Chirac a �voqu�, le 31 mars dernier, un �grand d�bat� sur l'universit�, alors qu'il promulguait la loi sur l'�galit� des chances tout en suspendant une de ses dispositions, le CPE. Plus pr�cis�ment, il a d�clar�: � Beaucoup d'�tudiants ont �galement exprim� de vraies inqui�tudes sur la valeur de leur dipl�me, sur leur acc�s � l'emploi, sur leur avenir. L'universit� doit rester un lieu d'excellence et la voie d'une vraie r�ussite sociale. Je demande au Premier ministre et au gouvernement d'ouvrir un grand d�bat national sur les liens entre universit� et emploi, afin de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes �. M. Chirac a comme chacun sait � remplac� � le CPE, tandis que le � grand d�bat � sera lanc�, � la Sorbonne, mardi 25 avril.



université Pierre Mendès France
universit� Pierre Mend�s France
L'idée de réformer l'université revient régulièrement dans le débat politique, mais les propositions en la matière n'aboutissent que très rarement, mobilisations tous azimuts oblige.
Le Premier ministre Dominique de Villepin installera toutefois le 25 avril la commission du débat national université-emploi (1). Les grands thèmes du débat en question sont déjà connus : il s'agit de l'orientation et de l'insertion professionnelle, de la professionnalisation des études et de l'apprentissage.
Voici en quels termes ces questions pourraient être abordées, si l'on s'en réfère à une émission diffusée le 11 avril dernier. En effet, Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion profesionnelle des jeunes, Claude Allègre, ancien ministre (PS) de l'Education et professeur à Paris VII, ainsi que Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU), figuraient parmi les invités de l'émission France Europe Express (France 3).

Ils ont fait le constat que les jeunes étaient en moyenne déçus par les emplois qu'ils obtenaient au terme de leurs études. « Le diplôme est plus que jamais nécessaire, mais pas forcément suffisant », a remarqué Bernard Gazier, professeur de sciences économiques à Paris I. Les titres qui dans l'imaginaire collectif sont censés donner droit à des emplois sont dévalorisés. C'est depuis les années 80 que « production » de diplômés et « production » d'emplois ont commencé à être déconnectés, a rappelé un sociologue. « Nous n'en avons pas terminé avec la domination des humanités. Nous n'avons pas fait de la filière professionnelle l'autre grande voie d'excellence républicaine », a diagnostiqué M. Larcher.

Orienter les �tudiants progressivement

Très vite les débats se sont déplacés sur la question de l'orientation, et celle de la sélection qui en découle. « Il ne faut pas sélectionner à l'entrée de l'université, mais orienter les étudiants progressivement », estime M. Vallée. « On le fait de mieux en mieux dans un certain nombre de disciplines », a-t-il souligné. M. Allègre, également opposé à une sélection à l'entrée, s'est prononcé en faveur de cursus plus généraux en première année, « de manière à permettre une orientation ». Et « il faut que les professeurs d'université soient courageux et disent: 'vous vous mettez dans une filière où il n'y a pas de débouchés' », a-t-il ajouté.

Paul Magnette, directeur de l'Institut des études européennes (Université libre de Bruxelles), a noté le « malaise » général des jeunes en Europe, mais ce qui le frappe en France est la «rigidité des parcours et des filières» alors que l'université devrait selon lui former des généralistes dans leurs secteurs respectifs. « Le vice français est celui de l'irréversibilité », a abondé un autre participant. « Les passerelles, on en parle toujours, on ne les réalise jamais », a rétorqué le ministre.

M. Larcher a plutôt en tête de multiplier les partenariats universités-entreprises. « Cela apporte de l'air dans la maison », d'un côté comme de l'autre, selon lui. Il a également fait la promotion de sa « charte des stages », pour les encadrer et les valoriser. Toutes ces questions ont renvoyé à celle des moyens disponibles pour l'université.

La professionnalisation co�te cher

Yannick Vallée, à qui était fait le procès de ne pas favoriser suffisamment la professionnalisation des cursus, a mis les pieds dans le plat: « La professionnalisation coûte cher et les universités n'en ont pas les moyens ». Il a parlé d'investissements « discriminants » entre études secondaires et grandes écoles d'un côté, et universités de l'autre. « Les sources de financement doivent se diversifier mais l'Etat doit d'abord mettre la main à la poche », a-t-il avancé. Claude Allègre a aussi posé comme préalable à un grand débat sur l'université l'augmentation de son budget: « les salaires des enseignants sont dissuasifs », a-t-il déploré, pensant aux « jeunes les plus brillants qui ne veulent plus être profs, ou alors seulement aux Etats-Unis ».

C'est un étranger, Paul Magnette, qui a soulevé la « question taboue », selon lui, celle de la participation des étudiants eux-mêmes au financement de leurs études. Car « ce sont eux qui vont en tirer le bénéfice » et de toute façon « le financement public est structurellement insuffisant ». De plus, « c'est faisable sans créer de barrière à l'accès ou de nouvelles discriminations », par le biais de bourses, a-t-il ajouté, en notant que le débat sur cette question n'a pas été ouvert en Europe. Claude Allègre s'est dit favorable, pour les études de médecine et les grandes écoles de France, au modèle anglais de prêt différé de l'Etat - l'Etat avance les fonds pour payer les études et l'étudiant une fois diplômé rembourse s'il trouve un emploi et si cet emploi donne droit à un salaire supérieur à un certain plafond. Prêts, bourses, modulation des frais d'inscription: « il faudrait donner un signal très fort aux étudiants défavorisés » avant toute mise en oeuvre, selon M. Gazier. «La privatisation de l'université, tel est l'horizon du débat», d'après cet économiste.

« Il n'y a pas de tabou sur les droits d'inscription, mais il ne faudrait pas commencer par cette question », a souri M. Vallée. Il s'est félicité que la crise sur le CPE ait permis au moins de «parler enfin des moyens de l'université».

NB :

(1) La commission aura pour mission d'organiser le grand débat, elle sera placée sous l'autorité de Patrick Hetzel, recteur de l'académie de Limoges, ancien professeur de Paris II Assas, agrégé en sciences de gestion, et diplômé de l'IECS, institut commercial de l'Université Robert Schuman de Strasbourg

Articles déjà parus sur l'Observatoire boivigny (de 2004 à 2006) sur les
relations entre universités et entreprises, entre grandes écoles et
entreprises, et sur les voies et moyens de professionnalisation des études.


Cliquer sur le titre des articles ci-dessous :

Quelle place accorder à l'entreprise dans l'université ?

L'avenir des universités en 10 questions

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modernisent


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19/04/2006
Alison Cartier

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