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UNI : � Pour une diversification des sources de financement �.

Olivier Vial, d�l�gu� national de l'UNI (Union nationale inter-universitaire, droite), th�sard en sciences de l'information � Paris II



-Quelle est la position de l'UNI par rapport au d�bat sur les frais ill�gaux pratiqu�s par certaines universit�s ?

Nous avons toujours été contre les frais illégaux. Les universités se doivent de préciser que ces frais sont facultatifs. Cela dit, nous pensons que l'augmentation du budget de l'université est acceptable et même souhaitable lorsqu'il sert à financer de nouveaux services ou à améliorer la qualité des diplômes. En effet, la concurrence s'intensifie et les universités manquent de ressources.
Mais nous pensons que mettre davantage à contribution des étudiants qui ont peu de moyens constitue une solution de facilité. Les établissements doivent travailler à la diversification de leurs sources de financement au lieu de se servir uniquement dans la poche des étudiants.
Il est d'ailleurs frappant de constater qu'aujourd'hui les étudiants ont une approche très différente des droits de scolarité selon la filière dans laquelle ils étudient. Ils n'hésitent pas à payer pour un diplôme de qualité. Ainsi, dans les grandes écoles, les candidats reçus empruntent pour financer leurs études. Les étudiants n'ont pas la même attitude par rapport aux universités car certaines filières ont une productivité négative en terme d'emploi. C'est ce qui explique la très forte réticence des étudiants vis-à-vis des systèmes de prêt. Les universités doivent donc faire un effort de transparence pour que les étudiants puissent s'orienter en pleine connaissance de cause, et améliorer très sensiblement la qualité de leur diplôme avant d'envisager toute réforme des droits d'inscription.

-Quelles sont ces sources de financement alternatives ?

Il y en a plusieurs : tout d'abord les entreprises versent une taxe professionnelle. Les universités doivent donc développer leurs relations avec le monde économique pour en collecter davantage.
Les universités pourraient également faire appel aux anciens élèves, il n'y a pas de raison pour que cela n'existe que dans les grandes écoles. Enfin les collectivités locales sont appelées à contribuer davantage, surtout pour ce qui concerne les aspects dits de « vie étudiante» (bourses de mobilité, restauration, transports, services de proximité…, Ndlr).
A cette fin, la mise en place de fondations, thématiques mais surtout locales, pourrait être envisagée pour faciliter la quête et la gestion des sources de financement alternatives, à l'image de ce que fait déjà, mais insuffisamment, la Fondation Nationale des Sciences Politiques en France ou de ce qui existe aux Etats-Unis. Chaque établissement pourrait ainsi être couplé à une fondation distribuant les fonds reçus. Cela suppose une évolution culturelle, mais l'outil existe.
L'avantage des fondations serait double : tout d'abord parce que les entreprises qui abondent une telle structure bénéficient d'une réduction fiscale, et ensuite parce qu'une fondation est plus transparente que, par exemple, un pot commun à plusieurs universités. Les partenaires économiques seraient donc rassurés. Une telle structure a par ailleurs pour avantage de décharger l'enseignant et le chercheur de la mission de collecter les fonds nécessaires au fonctionnement de la recherche à l'université.
La volonté des entreprises de participer au financement de l'éducation est assez récente mais bien réelle, et je ne parle pas seulement des grands groupes industriels. Les PME et les TPE (Très Petites Entreprises) innovantes demandent à être associées à l'enseignement supérieur et à la recherche. La solution pour les universités n'est donc pas de faire payer des droits illégaux, mais de faire en sorte que la France ne soit plus le seul pays dans lequel l'investissement privé est relativement absent du financement des universités.

Sur quoi le d�bat sur les frais d'inscription va-t-il d�boucher ?

Le président de la République, en déplacement à Reims, a appelé le 30 août dernier à la mise en place de synergies entre la recherche, l'innovation et les entreprises. Ces dernières doivent davantage s'impliquer. Nous pensons que cette année va être décisive pour le financement de l'enseignement supérieur.

18/09/2005
Propos recueillis par Fr�d�ric Imhoff

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