«Je suis d'accord, il n'y a pas assez de financement privé dans les universités aujourd'hui», lui a répondu Bruno Julliard, le président du syndicat étudiant Unef. « Mais la Fac de sciences humaines de Perpignan aura moins de financements privés que la Sorbonne », a-t-il observé avant d'ajouter : « je sais qu'il y a déjà des inégalités entre universités, mais le rôle de l'Etat ne doit pas être de les accentuer, plutôt de les réduire ».
« Aujourd'hui on est dans une situation d'occasion manquée », a par ailleurs estimé le président du premier syndicat étudiant, « même s'il y a encore des issues (positives) possibles » au conflit en cours, avec blocages d'établissements et manifestations. D'après lui, les étudiants reprochent avant tout une chose au gouvernement : « on ne sait pas où on va, il n'y a pas d'unanimité sur les buts de l'université ». Et d'appeler à l'organisation d'un grand débat, comme celui de 2003 sur l'avenir de l'école. Pourtant, loin d'avoir « été votée en catimini », comme accuse l'Unef, la loi était déjà esquissée dans ses grandes lignes lors de la campagne présidentielle. Et ce, même si le grand public n'en a vraiment pris connaissance que début novembre...
« La loi LRU n'est que la première étape d'une réforme globale », a rappelé Benoist Apparu, député UMP et rapporteur de la loi controversée. Parmi les chantiers auxquels le gouvernement a indiqué vouloir s'attaquer prochainement, figurent les questions liées à l'orientation et l'échec en premier cycle universitaire.