Tout en formant des diplômés de grande qualité, de vrais généralistes également très doués pour les sciences, nos écoles souffrent de toute une série de handicaps. Tout d'abord, elles pratiquent une hyper-sélectivité sociale, même si les racines du mal remontent bien au-delà du concours et des classes prépa. Deuxième handicap majeur, ces écoles ne sont plus à la dimension internationale avec leurs promotions de 100 à 400 ingénieurs ! Trop petites, elles n'ont pas la masse critique en matière de recherche et s'avèrent incapables d'investir à grande échelle ces champs prometteurs mais gourmands en moyens que sont la médecine, la biologie ou encore l'énergie. De taille trop réduite, les institutions françaises qui se pensent excellentes demeurent donc inconnues à l'étranger. La faute aussi à des appellations qui ont perdu tout leur sens. « Ecole des Ponts », « Ecole des Mines », « Polytechnique » : ces noms peuvent largement prêter à confusion pour qui ne connaît pas la subtilité de notre système. Or l'enseignement supérieur, comme le luxe, est un monde de marques. Et les seules véritablement connues demeurent aujourd'hui américaines : Caltech, Harvard ou le MIT.
Bilan : nous sommes aujourd'hui absents de ce circuit de plus en plus mondialisé qu'est la formation des élites scientifiques, techniques et même politiques.