Les modalités actuelles de l'évaluation sont un héritage, soulignent-ils. Ainsi en est-il depuis 1968 de l'opposition à "l'examen-couperet", qu'il s'agit de tempérer par le contrôle continu. La "théorie de la malchance ou de l’incident ponctuel de santé" ont aussi volontiers cours et donnent lieu aux fameuses sessions de "rattrapage". L’enseignement en cours magistral est resté le modèle principal, et s’est en partie dénaturé avec la massification des effectifs. Les épreuves correspondantes, sous forme des questions de cours ou QCM valorisent "la mémoire à court terme" et la "connaissance" plutôt que la "compétence" et le "savoir".
Les résultats aux épreuves se résument à des notes de 0 à 20, selon le paradigme en vigueur qui n'est pourtant pas obligatoire, favorisant les classements et la subjectivité des examinateurs. Le "culte" de la moyenne incite en outre les étudiants à n'avoir que ce but. Enfin, notent les auteurs, il est "fréquent que les évaluations d’une formation qui se donne comme professionnelle ne soient pas professionnalisées, mais continuent à être organisées par les seuls universitaires ou sur les modèles dont ils sont porteurs".
"Malgré ces difficultés, l’Université devrait se saisir des évolutions en cours pour diffuser un modèle propre d’évaluation des étudiants", en appelle l'IGAENR. Il faudrait définir des "références nationales en matière de diplômes d’enseignement supérieur, en particulier en termes d’acquis souhaités et mesurés, comme d’échanges de bonnes pratiques", et parallèlement "laisser les universités s’organiser", dans ce "cadre national des diplômes" maintenu. Bref, "simplifier l'évaluation et rendre du temps à l'enseignement".
Pour ce qui est de la licence, "trop souvent un parcours du combattant", les auteurs suggèrent une inscription en première année valable pour trois ans, davantage de contrôle continu, un calcul unique de compensation des notes à la fin du cursus et une seule session de rattrapage à la fin également.