R�forme de l'universit�: la politique des petits pas



Réforme de l'université: la politique des petits pas
Pas de révolution mais une succession de réformes: telle semble être la feuille de route du président de la République pour l'enseignement supérieur. Est-ce que ce sera suffisant, s'inquiètent certains présidents d'université? Est-ce que le gouvernement n'avance pas masqué, s'interrogent des syndicats étudiants? Il y a de quoi: alors que le candidat Nicolas Sarkozy annonçait vouloir avancer sur tous les fronts - autonomie pour les universités volontaires, adaptation des filières aux débouchés, orientation, vie étudiante, recherche notamment - une fois élu, le président a confirmé qu'il augmenterait de moitié le budget de l'enseignement supérieur d'ici 2012, mais n'a fixé comme échéance que celle d'une loi sur l'autonomie, devant être adoptée dès juillet.

De simples "chantiers", à l'issue incertaine, seront menés parallèlement avec les représentants du supérieur: sur les conditions de vie étudiante, les carrières des personnels, les conditions matérielles, la situation des jeunes chercheurs et le premier cycle universitaire. Le calendrier est "ouvert", a précisé la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, novice dans ce secteur mais "à l'écoute", de l'avis unanime des organisations qu'elle a déjà reçues. Pas question (à ce stade) d'augmenter les frais d'inscription ou de sélectionner les étudiants à l'entrée de l'université.

L'autonomie comme socle

Etrange stratégie qui consiste à repousser dans le temps les questions les plus douloureuses, qui seront d'autant plus difficiles à faire passer: est-ce pour respecter le temps de la réflexion et du dialogue prôné par la communauté universitaire, qui compte tenir des assises à l'automne? Ou bien est-ce reculer pour mieux sauter? Il est vrai que l'autonomie accrue des universités était mise au premier plan par M. Sarkozy durant sa campagne: "la vraie marge d'amélioration de notre système d'enseignement supérieur, c'est de libérer nos universités du carcan administratif, centralisé et inefficace qui pèse sur elles et qui les empêche de se transformer en établissements d'excellence universitaire offrant à nos étudiants les formations dont ils ont besoin dans la société du savoir", déclarait-il en octobre 2006 lors de son discours sur la "société de la connaissance".

Il annonçait alors les points de la réforme à venir: " Le conseil d'administration des universités doit être plus resserré, il doit élire son président, et le mandat de celui-ci doit pouvoir être renouvelable afin d'inscrire son action dans la durée et bénéficier d'une certaine autorité". Les universités - toutes aujourd'hui, et non seules les volontaires comme le candidat le projetait - seront "libres de créer ou de supprimer des postes ; elles pourront choisir leurs enseignants et leurs chercheurs permanents, parmi des candidats qualifiés à l'échelon national ; elles pourront les rémunérer comme elles le souhaitent et répartir plus souplement la charge d'enseignement entre les enseignants-chercheurs ; elles pourront gérer leur patrimoine immobilier pour augmenter leurs recettes ; elles pourront faire des choix pédagogiques, en lien avec leur environnement économique ; elles pourront se doter d'une politique de recherche en gérant seules les unités de recherche actuellement partagées avec le CNRS ou les autres organismes nationaux ; elles pourront fusionner avec d'autres universités ou organismes d'enseignement supérieur ; elles pourront investir dans la formation continue ; elles pourront se rapprocher de leurs homologues européennes et envisager des projets communs".

Des conseillers avis�s

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Val�rie P�cresse, ministre de l'Enseignement sup�rieur et de la Recherche
Pour réaliser la "forte ambition" du président, qui va en réalité bien au-delà de l'autonomie, Valérie Pécresse pourra trouver des idées et des appuis dans l'entourage élyséen et dans celui du Premier ministre. Bernard Belloc, professeur d'économie, ancien président de Toulouse 1 et ex-1er vice-président de la CPU (conférence des présidents d'université) a été engagé par M. Sarkozy comme conseiller. En 2003, dans son rapport sur le statut des enseignants chercheurs, resté sans suite à ce jour, il faisait le constat que "Notre pays est pratiquement le seul à définir une norme nationale en ce qui concerne le service statutaire des enseignants chercheurs" ce qui "ne correspond plus à la très grande diversité des tâches que l'on attend".

De son côté, François Fillon a pris comme chargé de mission Jean-Marc Monteil, également ancien président d'université et 1er vice-président de la CPU, qui venait de passer de la direction générale de l'enseignement supérieur à la tête de l'agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Aeres). En février dernier, M. Monteil avait donné ses pistes aux universités: coopération avec les grandes écoles, autonomie et évaluation a posteriori des établissements, reconnaissance du monde économique et confiance réciproque, adhésion à un contrat d'établissement. Patrick Hetzel, ex-recteur de l'académie de Limoges et président de la commission université-emploi née après la crise du CPE, a été lui nommé conseiller auprès du Premier ministre. Dans le rapport final de son ancienne commission, il prônait "autonomie et gouvernance", une attribution de moyens pour partie fonction des "résultats obtenus en matière d'insertion professionnelle" ou encore "la création d'un haut conseil de l'enseignement supérieur indépendant sur le modèle du « Higher Education Funding Council » britannique".

NB :


29/05/2007
Alison Cartier

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1. Post� par Anne le 13/06/2007 17:12
Bonjour;
ma question est la suivante: la loi sur l'avenir de l'école oblige certaines universités à intégrer l'IUFM. Quel serait le lien avec la réforme sur l'autonomie des universités?? Merci.

2. Post� par R�daction le 28/06/2007 18:21
La question qui se pose aux IUFM est la même que pour les autres composantes de l'université: cf article quid de l'autonomie dans l'autonomie

3. Post� par bisane le 28/08/2007 17:58
article cité, parmi d'autres, dans ce post... en espérant qu'il pourra nourrir la réflexion et l'action !
http://social.societal.free.fr/?p=50

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