L'IEP de Paris a été le premier établissement à prévenir ces critiques, en mettant en place une voie d'accès spéciale pour des lycéens en provenance de zones d'éducation prioritaire (ZEP). Dans le même temps, il a relevé les frais de scolarité pour les étudiants les plus aisés. La première mesure, relativement symbolique mais amplement promue et médiatisée, a créé un effet d'entraînement pour d'autres établissements. Ainsi, l'Essec a mis en place un programme de coaching de lycéens a priori peu enclins à se présenter aux filières sélectives. Cette dernière formule semble d'ailleurs plus consensuelle que la première. D'autres établissements ont suivi et les politiques se sont emparés du sujet.
Cependant, une précaution simple à prendre a été négligée. Nombre de dossiers de candidatures aux filières sélectives (grandes écoles ou masters universitaires) comportent en effet la mention "Profession des parents" à renseigner (2), au même titre que les notes obtenues au baccalauréat ou les éventuelles expériences professionnelles. En outre, les jurys de concours aux grandes écoles, y compris de celles qui luttent contre la discrimination sociale, manifestent une certaine curiosité en la matière, lors des oraux d'admission. Et si, à notre connaissance, aucune étude n'a été menée pour en mesurer les conséquences, intuitivement on peut se douter que ce genre de questions ne favorise pas l'égalité des chances.