De nombreux enseignants-chercheurs se plaignent du nombre croissant de PRAG à l’université, dénonçant une « secondarisation » de l’enseignement supérieur. Si le nombre de PRAG a connu une forte augmentation jusqu’à la fin des années 90, il a plutôt tendance à stagner depuis. En 2008-2009, il y avait 13.427 PRAG et PRCE, soit près de 16% des effectifs de l’enseignement supérieur.
8- Les relations entre ces professeurs du secondaire et les enseignants-chercheurs sont-elles bonnes ?
Les enseignants-chercheurs, qui craignent pour leur statut, ont parfois tendance à voir d’un mauvais œil l’arrivée de professeurs du secondaire à l’université. Ils leurs reprochent notamment de ne pas faire de recherche. A l’inverse, les PRAG ont parfois tendance à considérer qu’ils ont toute la charge de l’enseignement alors que les enseignants-chercheurs font ce qu’ils veulent. L’ambiance au travail varie énormément en fonction du département et des rapports de force. En langues il n’est ainsi pas rare que les PRAG soient majoritaires et exercent la plupart des responsabilités pédagogiques. Mais globalement, les PRAG et PRCE souffrent d’un manque de reconnaissance.
9 –Récupèrent-ils les cours les moins intéressants ?
Cela dépend du type d’établissement (université ou IUT), de sa taille, de sa localisation et du département dans lequel ils exercent. En IUT, les PRAG sont parfaitement adaptés à l’environnement pédagogique : l’enseignement et le rapport aux étudiants présentent de nombreuses similitudes avec le secondaire. À l’inverse, dans les grandes universités notamment, il est courant que les PRAG soient « servis » après les enseignants-chercheurs, mais avant les vacataires, qui sont en bas de l’échelle.
10 – Les PRAG ou PRCE en poste envisagent-ils un retour au lycée ou au collège ?
Les enseignants certifiés et agrégés du supérieur que nous avons interrogés n’envisagent pas un retour au lycée ou au collège. Une partie d’entre eux n’y ont d’ailleurs jamais exercé (ou très peu). Quant aux autres, ils sont satisfaits de leur situation dans les IUT ou les universités et tentent d’y obtenir un poste de maître de conférences.