Valérie Pécresse doit sauver son décret, si elle veut sauver sa loi sur l’autonomie. Elle a assuré, sans surprise, que le retrait du décret « serait un recul » pour tous les enseignants chercheurs. Quant à sa modification, « ce serait extrêmement dommage pour l'université française et pour l'ensemble des chercheurs », selon elle. Valérie Pécresse propose néanmoins de mettre en place une charte pour sa bonne application, mais les opposants à la réforme ne croient guère à la valeur d’une telle charte et prévoient de manifester de nouveau le 10 février.
La dernière version en date du projet de décret (télécharger ci-dessous) contient toutefois des aménagements qui reviennent quelque peu sur la liberté de gestion de leurs ressources humaines par les universités :
Ainsi, selon le nouveau texte, il sera impossible d'attribuer «sans son accord» à un enseignant-chercheur bien évalué dans ses recherches «un service d'enseignement supérieur au service annuel de référence», soit 128 heures de cours ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques (TD, TP)».
Dans tous les cas, l’emploi du temps devra laisser à chaque enseignant-chercheur « un temps significatif pour ses activités de recherche »
Enfin, les présidents d'université devront choisir 50% des promus parmi la liste établie par le CNU, sans pouvoir modifier le classement. Toute décision devra être motivée et rendue publique et en cas de refus de promotion, l'enseignant-chercheur pourra saisir le CNU en vue d'un réexamen de sa situation.
Il n’est pas certain que ces aménagements suffisent à calmer la colère des enseignants-chercheurs. Le gouvernement a pourtant tout intérêt à soigner sa copie car, sans ce transfert de compétences aux universités, la loi sur l’autonomie perdrait l’essentiel de sa substance. Pour l’instant, les universités dites autonomes n’ont qu’un pouvoir de proposition sur leurs maquettes de masters, une maîtrise accrue de leur budget et la possibilité de gérer elle-même leur immobilier. Ce n’est pas rien, mais ce pas suffisant pour affronter la concurrence internationale.