Qui se cache derrière la prépa Tremplin au concours commun des IEP ?


Née en 2009 dans le giron du Groupement d'Intérêt Public (GIP) Santexcel, un organisme lillois initialement dédié à la formation continue en milieu hospitalier, la préparation Tremplin-IEP a été labélisée de façon exclusive par les sept Instituts d’Etudes Politiques du concours commun. Ces derniers la conseillent systématiquement à tous leurs candidats, en raison notamment de son coût modéré.

Tremplin IEP n’est cependant pas une prépa parapublique, associative ou à vocation sociale. La marque est aujourd’hui détenue par Aymara Conseil et Plein Sens, des cabinets parisiens d’études, conseil et formation dans les domaines sanitaire, social et médico-social. Ces derniers ont racheté Tremplin, ainsi que d’autres activités, au GIP Santexcel après que celui-ci a mis la clé sous la porte le 21 décembre 2011, en raison de difficultés de trésorerie.

Nous avons rencontré Paul-Bernard Delaroche, actuel directeur de cette préparation aux IEP, et ancien directeur financier de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde).



Comment est née l’idée de proposer une préparation à distance ?

La préparation Tremplin a aujourd’hui cinq ans, puisqu’elle a été lancée une année après le premier concours commun entre six IEP qui a eu lieu en 2008 (1). L’idée de départ, c’était d’offrir une prépa qui soit accessible à tous les candidats, pas seulement à ceux qui habitent dans une grande métropole. Il fallait également que cette formation soit accessible financièrement. Elle a tout d’abord été lancée par un Groupement d'Intérêt Public (GIP) lillois qui dispensait des formations dans le domaine médical et médico-social, mais à la suite des difficultés financières du GIP, VN Participations, le consortium constitué par Aymara Conseil et Plein Sens, a repris le fonds de commerce.

Discuter du concours commun des IEP 1ère année 2014

Est-ce que Tremplin IEP a une vocation sociale ou est-ce une activité lucrative ?

La formation est placée sous le contrôle d'un comité de pilotage composé des directeurs des six IEP et des représentants de VN Participations, mais les IEP ne versent rien, il n’y a pas de marché public entre nous et les IEP. Nous parvenons néanmoins à rentabiliser l’activité tout en limitant la facture pour les étudiants à 430 euros par an et même à 250 euros pour les boursiers.

Quels sont les moyens mis en œuvre ?

Sur une année, il y a 150 personnes qui travaillent ponctuellement pour Tremplin IEP, des concepteurs de sujets, des correcteurs, des administratifs…mais nous n’avons aucun coût de structure puisque la formation se déroule à distance. Nous pouvons donc proposer une préparation de qualité, avec une actualisation des cours chaque année. Notre interface est personnalisée pour chaque étudiant qui voit, dès qu’il est loggé, l’ensemble des documents dont il a besoin pour préparer le concours, les devoirs qu’il a rendus, la correction de ces mêmes devoirs, la meilleure copie, son relevé de notes, son rang parmi les préparationnaires…L’étudiant peut se logger de n’importe quel ordinateur et retrouver ses copies numérisées, nous lui proposons neuf devoirs corrigés au cours de l’année.

Qui sont vos concurrents directs ? Le CNED ?

Oui le CNED et la Documentation française. Nous essayons d’être plus réactifs que le premier, quant à la seconde elle est davantage portée sur la préparation du concours de Sciences Po Paris.

Sur notre forum : préparation Tremplin ou CNED ?

Quels sont vos résultats ?

Au concours 2012, 39% de ceux qui ont suivi l’intégralité de la formation ont été reçus sur liste principale ou liste complémentaire. Nous préparons environ 2000 étudiants chaque année et corrigeons 18 000 copies.

Cette année vous lancez la prépa Tremplin 2, pour le nouveau concours d’entrée directe en deuxième année des IEP, avez-vous déjà beaucoup d’inscrits ?

Nous avons déjà 260 inscrits, ce n’est pas énorme car il n’y a pas encore eu de grande campagne de communication autour de cette nouvelle voie d’accès qui reste méconnue. En même temps, il n’y a que 250 places proposées, contre 1100 places pour le concours d’entrée en première année, il est donc normal qu’il y ait moins de candidats. Cela dit, la prépa a déjà commencé, puisque le concours aura lieu le 15 mars prochain. L’accès au concours est ouvert à tous les étudiants qui ont ou vont valider 60 ECTS d’ici juillet 2014, quant aux inscriptions au concours, elles seront ouvertes du mardi 7 janvier 2014 au vendredi 21 février 2014 par internet sur le site www.sciencespo-concourscommuns.fr

Discuter du concours commun 2ème année des IEP

Un candidat qui a disons un master 1 peut donc présenter le concours commun 2ème année au même titre qu’un Bac+1 ?

Oui, la seule condition est d’avoir validé 60 ECTS, c’est-à-dire une année universitaire. Rien n’interdit dans le règlement d’avoir bien plus que 60 ECTS ou d’avoir passé son bac il y a 5 ans (2). A contrario, un étudiant qui réussirait le concours d’entrée en 2ème année, mais ne validerait pas sa première année universitaire avant juillet 2014 perdrait le bénéfice du concours. Pour le moment, nos inscrits sont principalement des étudiants en première année de Licence.

Les attentes pour le concours commun IEP 2ème année sont-elles les mêmes que pour celui de 1ère année ?

Non, il y a bien une épreuve de questions contemporaines, ainsi que de langue, mais l’épreuve d’histoire peut être remplacée par une autre spécialité : économie, science politique ou droit constitutionnel. Notre offre de préparation est aussi différente, nous proposons non pas des cours in extenso, mais davantage des fiches de synthèse, des aide-mémoire et des renvois bibliographiques.

À partir de l’an prochain, Tremplin préparera non plus à six IEP, mais à sept, avez-vous d’autres développements de prévus ?

Oui le nouveau Sciences Po Grand Paris de Saint-Germain-en-Laye rejoint les six IEP du concours commun, ce qui va probablement renforcer l’attractivité de ce concours, même si l’on ne sait pas encore combien de places supplémentaires seront proposées. Par ailleurs, à partir de début 2014, nous allons démarrer une préparation au concours d’attaché territorial qui se tient tous les deux ans et attire jusqu’à 10 000 candidats.



Propos recueillis par Pierre-Alban Pillet

NB :

(1) Il s’agit des IEP d’Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse. À noter que le nouvel IEP de Saint-Germain-en-Laye rejoint cette alliance. À l’inverse, l’IEP de Paris (et ses filiales de Dijon, Nancy, Menton, Poitiers, Le Havre et Reims) reste à l’écart, de même que ceux de Grenoble et Bordeaux.
(2) A l’exception des étudiants déjà inscrits dans le cursus d’un IEP. Il ne sera donc pas possible d’effectuer sa première année dans un IEP puis de passer le concours d’entrée en deuxième année d’un autre.


D'autres questions sur la prépa Tremplin ? Posez-les ici

16/11/2013
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Voir aussi : concours, iep, sciences po, tremplin
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Jean-Stéphane Deluy le 23/09/2014 18:24

Toute cette organisation est quand même très bizarre.

On dit que Tremplin est une société privée, « pas une prépa parapublique, associative ou à vocation sociale ». Mais tout de même, les directeurs des IEP participent au comité de pilotage. Pour quoi faire ? En échange de quoi ?

On dit que « les IEP ne versent rien, il n’y a pas de marché public » avec eux. Quel est le cadre de cette collaboration alors ? Est-ce que Tremplin verse aux IEP en échange de la publicité exclusive qui lui est faite sur tous les sites publics des IEP et des concours ? Où est l’appel d’offre et, s’il a eu lieu, pourquoi d’autres n’y ont-ils pas répondu ? Comment cette société privée a-t-elle été sélectionnée ?

Je me suis étouffé en lisant que « nous préparons environ 2000 étudiants chaque année » en limitant « la facture pour les étudiants à 430 euros par an et même à 250 euros pour les boursiers ». Comptons l’étudiant moyen à 300 euros, sûrement sous la réalité, ça fait un chiffre d’affaires annuel de six cent mille euros, soit un demi-million d’euros une fois la TVA payée, pour une entreprise sans « aucun coût de structure puisque la formation se déroule à distance ». Il y a les auteurs des cours et les correcteurs à payer. Et c’est tout. Quand il est dit que « nous parvenons néanmoins à rentabiliser l’activité tout en limitant la facture pour les étudiants »… Encore heureux : à ce prix pour envoyer des photocopies par la poste, c’est la poule aux œufs d’or !

Je suis ramené à ma première phrase : toute cette organisation est quand même très bizarre. Elle mêle le public et le privé dans des relations pas très claires. Savez-vous si la cour des comptes ou un quelconque contrôle des pouvoirs publics s’exerce sur Tremplin ?


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