Observatoire Boivigny : chiffres, strat�gies et actualit�s des �tablissements du sup�rieur
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Les universit�s europ�ennes doivent "quitter leur tour d'ivoire" (rapport parlementaire)
� Quitter leur tour d'ivoire pour entrer dans la tour de guet � et observer notamment les Etats-Unis : voil� ce � quoi devraient s�employer les universit�s europ�ennes. C�est en ces termes que Michel Herbillon, d�put� UMP du Val-de-Marne, a introduit la pr�sentation de son rapport d�information sur l�enseignement sup�rieur, le 17 novembre, devant la d�l�gation pour l�Union europ�enne � l�Assembl�e nationale (1). Ce texte, r�dig� au terme d�une centaine d�auditions sur les continents europ�en et am�ricain, et intitul� � Pour une nouvelle Europe des lumi�res �, est instructif non tant sur le bilan qu�il �tablit du syst�me europ�en que sur la description du syst�me am�ricain et les prescriptions qui en d�coulent.

Une cinquantaine de grandes universit�s am�ricaines
Ainsi, M. Herbillon remarque que � l'attractivit� du � mod�le � am�ricain repose en r�alit� sur une cinquantaine de grandes universit�s, publiques ou priv�es, alors que l'on d�nombre environ 4.000 �tablissements d'enseignement sup�rieur � travers le pays �. Ces universit�s sont la � vitrine de l'Am�rique �, � un vecteur de la puissance et de la souverainet� des Etats-Unis dans le monde �. Les universit�s se positionnent � sur un v�ritable march� de la connaissance �, o� le marketing est � omnipr�sent �. Autre point fort de ce mod�le : elles � disposent d'une totale libert� dans le choix de leurs �tudiants, et de leurs professeurs �, et n�h�sitent pas � � surench�rir � pour les recruter (jusqu�� 300.000 dollars par an). D�apr�s le rapporteur, � les universit�s prestigieuses n��prouvent pas de r�elles difficult�s � se financer � car � l�excellence attire l�argent � et les sources de financement sont diversifi�es. Par ailleurs, � le syst�me de bourses et de pr�ts est beaucoup plus d�velopp� qu�en Europe puisque 70% des �tudiants en b�n�ficient � un titre ou � un autre �. Les contributions des anciens et les campagnes de fund raising font aussi � partie de la culture am�ricaine �. La qualit� des conditions de vie et d��tude (relations �tudiants/professeurs, �quipements universitaires, vie culturelle et sportive) est un autre facteur d�terminant. Enfin, l�organisation de la recherche et les transferts de technologie sont performants.

Face � ce mod�le am�ricain, le paysage universitaire europ�en pr�sente encore une grande h�t�rog�n�it�, souligne M. Herbillon, mais les d�fis sont similaires et la r�ponse doit �tre europ�enne. Quels que soient les indicateurs, � la soci�t� europ�enne de la connaissance reste � la tra�ne par rapport aux Etats-Unis qui investissent deux fois plus que l'Union europ�enne dans leurs universit�s : 2,3 % contre 1,3 % du PIB, insiste-t-il. L'�cart s'explique principalement par le faible niveau de l'investissement priv� dans l'enseignement sup�rieur : 0,2 % du PIB europ�en, contre 0,6 % au Japon et 1,2 % aux Etats-Unis �. Parmi les propositions du rapport, on rel�ve celle portant sur l�organisation de cursus exclusivement en anglais afin d�attirer les meilleurs �tudiants �trangers, celle sur la cr�ation de fondations universitaires � afin d�abonder le financement de l�enseignement sup�rieur �, au niveau de chaque acad�mie - et non comme aux Etats-Unis dans chaque universit�, de sorte � �viter le risque que ne se creuse � terme un foss� entre des universit�s riches et pauvres. M. Herbillon sugg�re �galement d��tablir un statut d� � universit� pilote � pour exp�rimenter ses propositions, � pendant une p�riode limit�e � quatre ans �. Ce statut autoriserait � un certain nombre d'assouplissements en mati�re de recrutement des professeurs, de gouvernance et d'autonomie de gestion budg�taire �, sans toucher � l�interdiction de la s�lection � l�entr�e de l�universit� ni aux r�gles nationales de fixation des droits de scolarit�.

D�passionner le d�bat sur l'enseignement sup�rieur
Concernant plus sp�cifiquement l�enseignement sup�rieur en Europe, M. Herbillon pr�conise notamment de � r�orienter le budget de l'Union europ�enne en direction des objectifs politiques fix�s par le Conseil europ�en dans le cadre de la strat�gie de Lisbonne � (� devenir l'�conomie de la connaissance la plus comp�titive et la plus dynamique du monde � vers 2010) et de � cr�er un fonds europ�en de financement des infrastructures universitaires �. En conclusion, le rapporteur a soulign� la n�cessit� de � d�passionner le d�bat sur l'enseignement sup�rieur et l'affranchir des pesanteurs id�ologiques qui ne rendent service � personne et, in fine, desservent notre pays �.

Lors du d�bat qui a suivi l�expos� de ce rapport, deux d�put�s socialistes, Jacques Floch (Loire-Atlantique) et J�r�me Lambert (Charente) ont soulign� les limites du mod�le am�ricain : il a ses d�fauts, dont le corporatisme selon le premier intervenant, et les contextes sont diff�rents de part et d�autre de l�Atlantique. � L'universit� n'est pas seulement porteuse de savoir et de connaissances, mais aussi d'une culture et d'un mod�le de soci�t� qui va de pair avec elle. Ainsi l'universit� am�ricaine est indissociable de la soci�t� am�ricaine, de son go�t de la comp�titivit� et de son syst�me �conomique lib�ral �, a d�clar� M. Lambert. � Le syst�me am�ricain ne constitue pas la panac�e et ne saurait �tre imit� servilement �, a r�pondu M. Herbillon, ajoutant qu� � il ne s'agit pas d'un rapport (d�information) lib�ral en faveur d'un mod�le de soci�t�, mais simplement de regarder ce qui fonctionne et ne marche pas dans l'enseignement sup�rieur am�ricain �.

NB :
(1) http://www.assemblee-nat.fr/12/europe/rap-info/i1927.asp#TopOfPage

Alison Cartier
2004-11-28

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