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Les I.R.A, voie d�acc�s m�connue � la fonction publique |
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Les IRA, instituts r�gionaux d'administration, sont cinq �coles d�application � vocation interminist�rielle. Ils recrutent et forment les fonctionnaires de cat�gorie A d'administration g�n�rale, autres que ceux recrut�s par la voie de l'ENA. D'o� l'id�e de certains, m�me si IRA et ENA ne se placent pas au m�me niveau, de regrouper leurs formations. |
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Le concours des Instituts r�gionaux d�administration (IRA) est une voie d�acc�s � la fonction publique, moins connue que celle de l�Ecole nationale d�administration (ENA) dont la formation � caract�re interminist�rielle est pourtant du m�me type. Les cinq IRA (Lille, Lyon, Nantes, Metz, Bastia) ont vu successivement le jour dans les ann�es 70 pour assurer trois missions : la formation initiale des fonctionnaires de cat�gorie A d�administration g�n�rale, contribuer � la formation continue interminist�rielle et minist�rielle, et participer � la coop�ration internationale. Il existe une hi�rarchie officieuse entre les cinq IRA m�me si en th�orie les �tablissements sont �quivalents.
En mati�re de formation initiale, le recrutement se fait par trois concours, comme � l�ENA : externe (pour les �tudiants titulaires au minimum d�une licence ou d�un dipl�me �quivalent, �g�s de 30 ans au plus), interne (pour les fonctionnaires ou non-titulaires de l�administration, apr�s 4 ans de services effectifs) et 3e concours (ouvert aux candidats ayant une exp�rience d�au moins 5 ans dans le secteur priv� ou en tant qu��lu local, et �g�s de moins de 40 ans). Le 3e concours a �t� instaur� par une loi en 1991 pour introduire des cadres exp�riment�s dans l�administration capables d�impulser une dynamique nouvelle. Les IPAG ou CEPAG (instituts ou centres de pr�paration � l�administration g�n�rale) pr�parent au concours externe. Les �tudiants en droit ou en IEP sont ceux qui int�grent le plus facilement les IRA.
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Eparpillement des corps Chaque ann�e, les quelque 650 laur�ats sont affect�s dans l'un des cinq �tablissements en fonction de leurs v�ux et de leur rang de classement, pour une formation d�un an. Les IRA, �coles d�application, dispensent une formation qui se veut � la fois interminist�rielle � donner des comp�tences professionnelles transversales � et professionnelle, avec une alternance de cycles de formation et de stages. Pendant leur scolarit�, les �l�ves ont le statut de fonctionnaire stagiaire et ils per�oivent une r�mun�ration de l�ordre de 1.500 euros mensuel brut pour les externes, 1.700 euros pour les internes et ceux du 3e concours. Ils sont �valu�s tout au long de l�ann�e, �valuation qui permet d��tablir un classement de sortie, dont d�pendra le choix de leur premier poste, dans une administration centrale ou un service d�concentr� de l'Etat. Une vingtaine de corps sont accessibles � la sortie des IRA, dont principalement celui des attach�s d�administration centrale, celui des attach�s de pr�fecture et celui des attach�s d�administration scolaire et universitaire.
La moiti� des promotions des IRA sont affect�es dans cette derni�re cat�gorie, � l�Education nationale (coll�ges, lyc�es, rectorats, inspections acad�miques, universit�s etc�). L�association IRA3C, qui regroupe les anciens des IRA issus du 3e concours, note que souvent, ces emplois � se r�v�lent sous-dimensionn�s au regard des niveaux des formations �, notamment pour les cadres issus du 3e concours : � nous sommes recrut�s sur nos comp�tences et notre exp�rience, mais ensuite le syst�me prend le dessus, d�s la formation. La fonction publique raisonne par cursus universitaires, et la logique est r�glementaire et statutaire �, explique le pr�sident d�IRA3C, Bruno Borghese, lui-m�me originaire du secteur du livre et actuellement au poste de directeur r�gional adjoint de la D�fense en Bourgogne Franche-Comt�. D�autre part, �l�enseignement est g�n�raliste, et on nous demande ensuite d��tre sp�cialis�s. On s�attend � autre chose, cela g�n�re des frustrations�, note un autre ancien, attach� de pr�fecture.
Par ailleurs, l'� �parpillement des corps issus des IRA entrave la mobilit� au sein de la fonction publique �, comme le d�plorait le parti RPR en juin 2001, � l�occasion d�un forum sur la r�forme de l�Etat. A ce propos, l�assocation IRA3C estime qu�� outre les aspects discriminants entre ces diff�rents corps issus d�une identique formation originelle, ces disparit�s mobilisent des �nergies et un temps consid�rables au sein des diff�rents d�partements minist�riels pour la gestion de ces corps �.
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Des syst�mes empil�s en doublon Pour rem�dier � ces dysfonctionnements, l�association a profit� du d�bat sur la r�forme de l�ENA, en 2003, pour faire des propositions : � les critiques r�currentes ( �) depuis de nombreuses ann�es adress�es au syst�me de formation dispens� par l�ENA � sont � tout aussi valables � pour les IRA. Ces deux syst�mes, � dont les conditions requises d�acc�s en termes de dip�mes sont identiques de m�me que le processus de scolarit�, des contenus d�enseignement et des affectations de sortie �, sont � empil�s en doublon �.
Comme le RPR en 2001, mais � au-del� des clivages politiques �, IRA3C propose pas moins que la fusion de l�ENA et des IRA dans un seul groupe des �coles nationales d�administration fran�aise : aux ex-IRA serait d�volue la formation initiale, � l�ex-ENA la formation continue et l�acc�s aux grands corps par un deuxi�me concours et une formation suppl�mentaire de 6 mois qu�elle prendrait en charge. Les IRA donneraient acc�s � un corps unique interminist�riel de cadres � vocation g�n�raliste. La formation serait aussi remani�e : ouverture des mati�res � sur des enseignements modernes utiles � l�administration et � la soci�t� �, comme l��conomie d�entreprise, le management, la communication�et les intervenants ext�rieurs seraient plus diversifi�s. Le classement de sortie demeurerait, mais les affectations se d�rouleraient diff�remment : un dossier d�exp�riences et de parcours professionnel, ainsi qu�une lettre de motivation, seraient transmis aux recruteurs, qui auraient des entretiens avec les �l�ves en fin de scolarit�.
Cette r�forme � donnerait une lisibilit� d�acc�s plus d�mocratique � � ces formations, selon IRA3C. De plus, � des �conomies consid�rables seraient d�gag�es par cette fusion �. A noter que les cr�dits (subventions publiques) accord�s � l'ENA s'�l�vent cette ann�e � 32 millions d'euros, contre 33 millions d'euros allou�s aux cinq IRA.
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Alison Cartier 2004-07-02 Databank
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