"Nous voulons former tout le monde à ce que nous appelons le pluri-média, c'est-à-dire au texte, à la vidéo, à la photo - ce qui se retrouve sur internet - et cela irrigue toute la formation", affirme Thierry Guilbert, de la direction de l'IPJ. Et pour preuve: les étudiants de l'institut parisien doivent avoir chacun leur blog dès la 1ère année d’études au sein de l’école (accessible à Bac+3) et le journalisme en ligne est enseigné dès le début de la scolarité au même titre que la presse écrite ou la radio. En outre, en 2e année les étudiants sont nombreux à choisir en option la réalisation d’un site d'information en continu (ipjmag.fr). "Il ne s'agit pas tant d'enseigner une maîtrise technique de l'outil internet qu'une manière de l'appréhender, d'apporter du fond", poursuit l'enseignant. "Ces compétences qui ne sont pas figées intéressent beaucoup de médias", justifie-t-il - pour autant, l'ensemble des écoles sont peu disertes sur le placement de leurs diplômés dans ce secteur.
Même volonté d'aller de l'avant au CFJ: l'école de la rue du Louvre, qui se targue d'avoir été la première en Europe à créer une filière Journaliste Reporters d’Images (JRI) en 1985, a lancé en 2006 une spécialisation complète (en 2e année) dédiée au multimédia, au même rang que les spécialisations presse écrite, radio et télévision, triptyque traditionnel. Depuis la rentrée 2007, le CFJ a fait le choix de spécialiser doublement ses étudiants: ils peuvent choisir entre télévision, radio et presse écrite, mais le multimédia est désormais obligatoire. "L'information se diffuse aujourd'hui en partie par des blogs conçus par des gens dont le journalisme n'est pas le métier (...). Nous voulons que nos étudiants soient armés face à la défiance des Français vis-à-vis des médias et aux défis technologiques", nous déclarait il y a quelques mois un des directeurs de l'école, Laurent Passicousset.
Même volonté d'aller de l'avant au CFJ: l'école de la rue du Louvre, qui se targue d'avoir été la première en Europe à créer une filière Journaliste Reporters d’Images (JRI) en 1985, a lancé en 2006 une spécialisation complète (en 2e année) dédiée au multimédia, au même rang que les spécialisations presse écrite, radio et télévision, triptyque traditionnel. Depuis la rentrée 2007, le CFJ a fait le choix de spécialiser doublement ses étudiants: ils peuvent choisir entre télévision, radio et presse écrite, mais le multimédia est désormais obligatoire. "L'information se diffuse aujourd'hui en partie par des blogs conçus par des gens dont le journalisme n'est pas le métier (...). Nous voulons que nos étudiants soient armés face à la défiance des Français vis-à-vis des médias et aux défis technologiques", nous déclarait il y a quelques mois un des directeurs de l'école, Laurent Passicousset.
Le mouton à cinq pattes n'existe pas
Point de vue totalement opposé à l'Ecole de journalisme de Toulouse (EJT): "il n'y a quasiment pas de débouchés dans le journalisme en ligne, et son modèle économique n'a pas encore été trouvé. Cela demande beaucoup de technique mais ça n'est pas dans une telle presse que l'on trouve les journalistes les meilleurs", tranche abruptement Bertrand Thomas, directeur de l'établissement. Ecrit, mise en page, radio, télé: les étudiants de l'EJT sont formés à tout cela, et ils mettent même leurs journaux radio en ligne. "Quand c'est simple, ça marche", justifie le directeur. "Mais nous n'allons pas au-delà: le journaliste qui en plus serait un bon graphiste, bref, le mouton à cinq pattes, n'existe pas..."
A l'IUT de Lannion, ce n'est pas par antipathie pour le web mais par attentisme que l'on ne s'est pas encore lancé vraiment en la matière. "Nous n'avons pas d'enseignements centrés sur le multimédia mais nous y réfléchissons: plutôt que de foncer bille en tête, nous préférons penser l'outil en termes d'enjeux éditoriaux", soutient Béatrice Damian, responsable pédagogique. "Nos étudiants trouvent à se placer dans ce secteur, et ne sont pas handicapés puisqu'ils sont formés à l'écrit, à la radio, la vidéo", ajoute-t-elle.
A l'IUT de Lannion, ce n'est pas par antipathie pour le web mais par attentisme que l'on ne s'est pas encore lancé vraiment en la matière. "Nous n'avons pas d'enseignements centrés sur le multimédia mais nous y réfléchissons: plutôt que de foncer bille en tête, nous préférons penser l'outil en termes d'enjeux éditoriaux", soutient Béatrice Damian, responsable pédagogique. "Nos étudiants trouvent à se placer dans ce secteur, et ne sont pas handicapés puisqu'ils sont formés à l'écrit, à la radio, la vidéo", ajoute-t-elle.
Enseignement en perpétuelle évolution
A l'ESJ aussi on se veut mesuré. "La presse écrite va mal mais nous n'avons pas voulu supprimer cette spécialisation, car le papier n'est pas mort. Cependant, nous étions contraints d'en faire davantage en matière de multimédia, c'est ce à quoi nous nous sommes employés depuis la rentrée", explique Pierre Serisier, membre de la direction de l'école lilloise. Les blogs sont devenus obligatoires, les stages dans les rédactions web se développent, les étudiants animeront un site sur les élections municipales, et en fin de 2e année, ceux spécialisés en presse écrite peuvent, s'ils le souhaitent, consacrer deux semaines au multimédia. Au total, sur 33 semaines de scolarité en 2e année, 9 peuvent être ainsi consacrées à cette matière. "L'enseignement va évoluer de façon significative d'une année sur l'autre, car les intervenants eux-mêmes constatent des bouleversements dans le secteur", souligne M. Serisier.
Au Cuej, la dimension multimédia a été renforcée depuis la dernière rentrée : séminaire sur le web dès le premier semestre de la scolarité, et renforcement des ateliers internet pour les étudiants se spécialisant en presse écrite en 2e année. Et l'école strasbourgeoise continue de proposer des journaux écoles déclinés sur le net ainsi que des dossiers en ligne, par exemple sur Berlin ou l'Union européenne. "Depuis 2006 nous avons constaté que la profession prenait le phénomène internet au sérieux, alors nous nous sommes adaptés, en essayant d'être une force de proposition", relate Stéphanie Peurière, coordinatrice de l'enseignement en presse écrite et en multimédia au Cuej. "C'est un chantier permanent, car les rédactions tâtonnent encore et ne demandent pas des profils uniques, tel un reporter multimédia qui saurait utiliser tous les outils ou bien un éditeur qui se consacrerait à l'écrit", ajoute-t-elle.
Les étudiants sont intéressés, mais point de "ruée" sur le multimédia, constate pour sa part l'ESJ. En tout cas, pour les écoles, les investissements à réaliser sont peu importants, car elles disposent déjà, pour la plupart, des outils informatiques, télé et radio.
Au Cuej, la dimension multimédia a été renforcée depuis la dernière rentrée : séminaire sur le web dès le premier semestre de la scolarité, et renforcement des ateliers internet pour les étudiants se spécialisant en presse écrite en 2e année. Et l'école strasbourgeoise continue de proposer des journaux écoles déclinés sur le net ainsi que des dossiers en ligne, par exemple sur Berlin ou l'Union européenne. "Depuis 2006 nous avons constaté que la profession prenait le phénomène internet au sérieux, alors nous nous sommes adaptés, en essayant d'être une force de proposition", relate Stéphanie Peurière, coordinatrice de l'enseignement en presse écrite et en multimédia au Cuej. "C'est un chantier permanent, car les rédactions tâtonnent encore et ne demandent pas des profils uniques, tel un reporter multimédia qui saurait utiliser tous les outils ou bien un éditeur qui se consacrerait à l'écrit", ajoute-t-elle.
Les étudiants sont intéressés, mais point de "ruée" sur le multimédia, constate pour sa part l'ESJ. En tout cas, pour les écoles, les investissements à réaliser sont peu importants, car elles disposent déjà, pour la plupart, des outils informatiques, télé et radio.

Vie universitaire
Les écoles de journalisme prennent le pli du multimédia

