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Les classes pr�pas en d�bat � l'heure du LMDLa r�forme portant sur l'harmonisation des grades universitaires en Europe (dite LMD) n'implique pas de refondre les cycles propres � chaque pays ni de supprimer les sp�cificit�s nationales. Certains Etats, comme l'Italie ou l'Allemagne, ont cependant saisi cette opportunit� pour r�organiser leur syst�me universitaire. En France, certains ont pu craindre la remise en cause des classes pr�paratoires aux grandes �coles (CPGE).
Une étude de l'institut de recherche en sociologie et en économie de l'éducation (Irédu) publiée le 30 mars (1) vient appuyer ces interrogations: "Cela vaut-il la peine de faire une prépa ? Une réponse à partir de l'insertion des ingénieurs", tel est son intitulé. Les prépas "méritent un examen attentif dans la mesure, d'une part, où elles constituent la clé de voûte de la préparation de l'élite française mais, d'autre part, où elles représentent l'une des filières les plus coûteuses en termes de dépenses par étudiant" (2), remarquent ses auteurs, Noël Adangnikou et Jean-Jacques Paul. Ils se sont intéressés à la "productivité" des anciens élèves dans leur activité professionnelle: trois ans après leur sortie d'une école d'ingénieurs, 93% des anciens de prépa sont cadres contre 90% de ceux issus d'une autre filière, et leur avantage au niveau de la rémunération est également peu significatif, de 3,6% en moyenne. Les chercheurs de l'Irédu soulignent qu'il faudrait élargir leur travail à la suite de la carrière des ingénieurs, et se pencher sur les compétences développées dans les différentes filières menant aux écoles et leur effet à long terme.
Mais les CPGE sont plutôt un sujet de préoccupation mineur dans le débat sur l'avenir du système éducatif français. Pas sérieusement menacées, elles doivent à l'heure actuelle s'adapter au LMD. La question principale est celle des passerelles avec les universités, dans le cas où le préparationnaire échoue à intégrer une grande école qui lui délivrerait par la suite un diplôme à bac+5. Ces passerelles sont peu utilisées par les scientifiques (parfois cependant en fin de 1ère ou 2e année) ou les prépas économiques et commerciales (en fin de 1ère année). Par contre les littéraires, étant donné le faible nombre de places offertes aux concours, sont ceux qui les utilisent le plus fréquemment. syst�me tr�s d�centralis�
Selon le décret de 1994 qui régit les classes prépas, celles-ci "constituent des formations de 1er cycle de l'enseignement supérieur". L'arrêté du 23 avril 2002 relatif aux études universitaires conduisant au grade de licence invite les universités, dans le cadre du LMD, à "adapter les études à l'accueil, par validation d'études, d'étudiants issus de diverses formations post-baccalauréat, et notamment des sections de techniciens supérieurs, classes préparatoires aux grandes écoles, formations du secteur santé". Ainsi, des conventions sont conclues progressivement au niveau de chaque académie et les universités conservent leur autonomie. Le ministère, qui définit les enseignements des classes post-bac des lycées, aurait pourtant pu choisir leur correspondance en unités de valeur dans le programme européen (points ECTS). Mais cela n'est pas le cas: il n'y a pas de pilotage national ou de standards imposés, "cela n'est pas dans l'esprit des prépas, qui sont dans un système très décentralisé", estime Patrice Corre, proviseur du Lycée Henri IV à Paris et vice-président de l'association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux grandes écoles (APLCPGE).
Les conventions sont passées entre les lycées à prépas et les universités. Les élèves, comme auparavant, pourront dans ce cadre solliciter une équivalence de diplôme (désormais un certain nombre d'ECTS): le conseil de classe transmettra un avis à l'UFR concerné qui l'entérinera souvent en commission de validation des acquis. Chaque cas est particulier car les disciplines étudiées varient et chaque élève acquiert un certain niveau. Ses résultats aux concours peuvent aussi être pris en compte. "Notre revendication est de valider plus que 60 points par année (60 crédits équivalent à la charge de travail d'un étudiant durant une année scolaire dans l'enseignement supérieur, ndlr) car nos candidats étudient un large éventail de matières", déclare Patrice Corre. Et les lycées atteignent différents degrés d'excellence: certains sont en position de force pour obtenir des équivalences supérieures en nombre d'ECTS. Il n'y a en définitive pas de bouleversement des classes prépas, mais davantage de lisibilité grâce aux équivalences en points et donc d'intégration dans l'enseignement supérieur. En outre, une fenêtre d'opportunité s'ouvre pour les lycées qui seraient moins en vue: la possibilité de conclure des conventions avec des universités étrangères et ainsi se faire connaître et reconnaître davantage. NB :
(1) http://www.u-bourgogne.fr/IREDU/sem30034.pdf
(2) Au niveau de l'Etat, la dépense annuelle moyenne pour un élève de prépa s'élève à 13.220 euros contre 6.850 euros pour un étudiant d'université quel que soit son cycle d'étude, selon la direction de l'évaluation et de la prospective ("le coût de l'éducation en 2002", note d'information 03.57, novembre 2003) citée dans l'étude de l'Irédu. 19/04/2004
Alison Cartier
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