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De l'universit� � l'emploi: les entreprises sollicit�esLe d�bat national Universit�-Emploi, lanc� en avril apr�s la crise du contrat premi�re embauche (CPE), a d�bouch� sur un ensemble de propositions, synth�tis�es dans le rapport � de l'universit� � l'emploi �, plus connu sous le nom de � rapport Hetzel �, qui devrait si l'on en croit le gouvernement qui l'a command� guider les r�formes � venir de l'enseignement sup�rieur. La plupart de ces propositions s'adressent aux universit�s, qui sont par exemple incit�es � professionnaliser davantage les formations. Mais les entreprises sont �galement mises � contribution, pour ce qui concerne les programmes, l'orientation et l'accueil des �tudiants puis des jeunes dipl�m�s.
Il y a du travail afin qu'université et entreprises se comprennent mieux. « Les employeurs se plaignent de l'absence de pérennité des interlocuteurs universitaires et des actions ainsi que de l'inutilité de leur présence aux conseils d'administration des universités. De leur côté, les universitaires déplorent le manque de considération des employeurs pour l'université, qui préfèrent souvent se tourner vers les diplômés des grandes écoles »: telle est la situation actuelle décrite par le recteur Patrick Hetzel, qui a remis son rapport le 24 octobre au Premier ministre.
Rien de mieux que s'inspirer de l'étranger. « Au Japon et en Grande-Bretagne, des universités favorisent l'implication directe des entreprises dans la définition du contenu de certains cursus ciblés sur les besoins de l'économie », est-il indiqué dans le rapport de la commission nationale université-emploi. En France, les entreprises pourraient aussi participer à certains programmes d'enseignement et de recherche (participation financière, interventions, définition des programmes). Les propositions vont plus loin: « Il semble très important d'impliquer les secteurs professionnels pour qu'ils donnent leur avis sur les formations à l'image de ce qui se fait déjà au sein de la commission du titre d'ingénieur et des commissions permanentes consultatives ». Les professionnels pourraient être associés « à l'expertise des dossiers de création et de renouvellement des formations, à l'élaboration de certains référentiels de formation, au suivi des filières et des formations », est-il suggéré. Fertilisation crois�e
Illustration actuelle: la création de chaires d'entreprises, afin de « développer des logiques de fertilisation croisée en matière de recherche et de transmission des savoirs », fait valoir la commission du débat national. Non seulement ces chaires sont bénéfiques aux étudiants, qui peuvent ainsi mieux « répondre aux exigences du monde du travail », mais elles permettent « aussi aux entreprises de s'enrichir au contact des enseignants-chercheurs et des étudiants et être davantage au fait des évolutions récentes en matière de recherche de telle sorte que le passage de la recherche fondamentale vers la recherche appliquée devienne aussi plus fluide et continu ».
En matière d'interventions devant les étudiants, « le monde économique est prêt à établir des conventions avec les universités afin de mettre à disposition à temps partiel ou à temps complet pendant des périodes données, des personnels pour qu'une meilleure connaissance du monde professionnel puisse être acquise par les étudiants », a noté la commission à la suite de ses nombreuses auditions. Le rapport en appelle à un nouveau statut de professeur associé pour faciliter ces détachements d'entreprises. L'importance des stages pour les étudiants est soulignée à plusieurs reprises. Ces stages nécessitent des capacités d'accueil et des moyens dans les entreprises, ce qui n'est guère évident. « Tout doit être mis en oeuvre pour valoriser les stages voire les relégitimer en leur donnant la place qu'ils méritent et en invitant les partenaires sociaux à en négocier les modalités d'exercice pour le rendre efficace », insiste le rapport. De même pour l'alternance, « largement plébiscitée, notamment par les étudiants ». pas de m�lange des genres
Les entreprises et leurs organisations représentatives se disent prêtes, est-il rapporté, à « participer pleinement, sur la base de leurs compétences propres, à la construction des systèmes d'information et d'orientation et à leur application sur le terrain » (visites, conférences...), à « participer davantage au plan central et local à tous les travaux de prospective sur les débouchés à moyen terme » et même à « recourir davantage à l'université pour satisfaire les besoins en formation continue de leurs équipes ».
Le rapport Hetzel prend le soin de préciser que l'offre des entreprises « en direction des universités se limite aux domaines des compétences et des comportements et en aucun cas à celui des connaissances qui appartient en propre à l'université. Il n'y a donc aucune volonté de «mélanger les genres» comme le craignent certains représentants des enseignants. C'est aussi à un vibrant plaidoyer en faveur du recrutement de diplômés des universités que se livre la commission du débat national: « les universités représentent de manière plus fidèle la diversité sociétale de la Nation que les grandes écoles dans la mesure où les origines sociales des étudiants y sont bien plus diversifiées. Ne pas recruter de manière importante auprès des universités revient donc à se priver de la richesse de notre pays ». bonnes intentions
Bref, c'est à un véritable « partenariat universités/employeurs pour la croissance » qu'en appelle le rapport: « L'ensemble des propositions de la commission suppose un engagement fort des entreprises et de leurs organisations représentatives auquel elles sont manifestement prêtes à souscrire ».
Le Medef n'a pas répondu avec la même vigueur, même s'il a relevé que « de nombreuses mesures de ce rapport vont dans le bon sens ». « Les universités ne pourront jouer pleinement leur rôle qu'à la condition d'avoir les moyens d'assurer leurs responsabilités, c'est-à-dire une plus grande autonomie, ce qui nécessite une nouvelle gouvernance et un financement diversifié », estime le Medef. Le moment de l'application d'une telle réforme de fonctionnement ne semble pas venu, puisque le Premier ministre Dominique de Villepin n'a retenu pour le moment du rapport Hetzel que l'orientation dès la classe de 3e (1), la possibilité d'une réorientation des étudiants à l'université en cas de niveau insuffisant, et davantage de professionnalisation, mais sans annonce de moyens supplémentaires. Et si le Premier ministre affirme adhérer aux propositions du rapport, il ne les rend pas obligatoires. Il revient ainsi à chaque établissement de prendre ses responsabilités.
(1) « tous les élèves de 3e auront dès cette année un entretien d'orientation auquel leurs parents pourront assister », a indiqué le Premier ministre.
Lire aussi : Quelle place accorder à l'entreprise dans l'université ? 04/11/2006
Alison Cartier
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