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UNI : � nous sommes pour la multiplication des fili�res s�lectives courtes �

Olivier Vial, d�l�gu� national de l'UNI (Union nationale inter-universitaire, droite), th�sard en sciences de l'information � Paris II



-L'UNI, pour ou contre la s�lection � l'entr�e dans l'enseignement sup�rieur ?

-Cela n'est pas une question taboue pour nous. Nous ne sommes pas a priori hostiles à la sélection. Les étudiants eux-mêmes ne sont pas contre : 4 sur 10 s'inscrivent en 1er cycle d'études supérieures dans une filière sélective. Pourquoi sont-elles plébiscitées ? C'est qu'en refusant actuellement une sélection qui soit réfléchie, liée à une meilleure orientation, on aboutit à un phénomène de sélection adverse : les meilleurs vont dans les filières sélectives, alors que les autres formations sont choisies par défaut. En somme, la sélection s'y fait par l'échec. C'est un véritable gâchis humain et financier.
C'est aussi une injustice sociale : ceux qui ont les meilleures infos et les meilleures relations intègrent les meilleures voies, alors que les autres vont dans des filières parking qui ne débouchent sur rien. On parle de « filières pop stars » : ils sont 500 au départ, par exemple en arts et spectacle, mais un seul trouvera sa place dans ce monde ! On nous parle de développement humain, de développement des connaissances dans les études. Mais si ce développement ne débouche sur rien, sur aucun emploi, cela n'est pas épanouissant, ça n'est pas du développement…

-Comment s�lectionner, selon vous ? Comment ne pas exclure des jeunes gens qui pourraient r�ussir dans le sup�rieur ?

-Nous sommes pour la multiplication des filières sélectives courtes. Il n'y a qu'à voir le succès des IUT : ils étaient destinés initialement à ceux qui n'ont pas les moyens de faire des études longues. Et avec une dose de sélection à l'entrée, ils accueillent de très bons éléments. Ce diplôme joue vraiment le rôle d'ascenseur social. Beaucoup poursuivent d'ailleurs leurs études ensuite.
En premier lieu, il faut développer l'orientation au lycée : présenter ce qu'il y a concrètement dans telles ou telles études, ce sur quoi elles débouchent, quel est le taux d'insertion professionnelle… L'étudiant sélectionnera alors en connaissance de cause où il veut aller. Et naturellement, certaines filières seront à revoir à la baisse au niveau des effectifs, alors que d'autres filières qui fonctionnent (IUT, alternance…) verront les étudiants affluer. Au fur et à mesure, chacun trouvera sa place dans une filière sélective, avec une manière de travailler qui lui convienne. Nous parlons de «démocratisation de la réussite» : il n'y aura pas de laissés-pour-compte.
On peut penser qu'un tel système reviendrait plus cher, mais c'est faux : un étudiant en Deug coûte 7.000 euros par an, un étudiant en IUT 8.500 à 9.000 euros. Mais le Deug, en raison du taux d'échec important dans ce diplôme, dure 3 ans et demi en moyenne, alors que l'IUT se fait bien en 2 ans. Et à terme, le financement des filières professionnelles devrait être mieux partagé entre le privé et le public. Cela aurait des effets synergiques en termes de budget.

-Comment vos id�es sur la s�lection sont-elles re�ues ?

-Il y a une véritable hypocrisie sur ce thème, dont sont victimes ceux qui ne trouvent pas leur voie. Mais le tabou de la sélection tombe de lui-même : les étudiants s'aperçoivent qu'elle est de partout, que l'on ne rentre en fait pas comme on veut dans n'importe quelle université. Le débat a resurgi de façon paradoxale, les idées reçues étant prises à contre-pied. D'une part on pensait que la sélection était réservée à une élite (classes prépas, Sciences po, ENA…) or le bilan des IUT, BTS etc. montre que tout le monde peut se diriger vers les filières sélectives. D'autre part, en termes d'égalité des chances, les filières les plus égalitaires sont justement les filières sélectives, et non le Deug notamment, qui voit l'échec des plus défavorisés.

27/09/2004
Propos recueillis par Alison Cartier

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