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Qui emportera les anciens locaux de l'ENA � Paris ?

Apr�s la FNSP (qui g�re l'IEP de Paris), la CCIP a manifest� son int�r�t pour les anciens locaux de l'ENA. Et ce, dans le but d'y installer une partie des activit�s de formation d'Advancia, une �cole que la Chambre de commerce parisienne entend relancer cette ann�e. L'immeuble de 6.000 m�tres carr�s situ� rue de l'Universit� dans le VIIe arrondissement de Paris est en effet vide, l'ENA ayant fait ses valises pour Strasbourg depuis le 1er janvier de cette ann�e (1).



Le fait que deux centres de formation aient manifesté publiquement leur intérêt pour les anciens locaux de l'ENA n'a rien de surprenant. Ceux-ci sont déjà aménagés pour que s'y déroulent des activités d'enseignement. Si le lot était attribué à l'Institut d'Etudes Politiques, cela lui permettrait d'y regrouper une partie de ses activités de formation aujourd'hui dispersées en plusieurs lieux dans Paris, et donc, a priori, de réaliser des économies sur les frais généraux occasionnés par ses multiples implantations. Pour Sciences Po, l'occasion est inespérée : l'ancienne adresse de l'ENA est située à deux pas du siège de l'IEP.

Advancia : une nouvelle �cole, en apparence

Qui emportera les anciens locaux de l'ENA à Paris ?
Cet emplacement apparaît également idéal pour l'école Advancia qui s'apprêtait justement à se lancer dans un projet immobilier de 35 millions d'euros (déjà budgété et financé à parité par la Région Ile-de-France et la CCIP). Un investissement qui devait lui permettre d'agrandir de 3.000 mètres carrés ses locaux actuels à Montparnasse et de rénover l'ensemble. Tandis que les 6.000 mètres carrés de l'ENA sont estimés à 40 millions d'euros, soit un investissement qui apparaît plus judicieux et ne nécessite pas trois ans de travaux.

Advancia fait l'objet de toutes les attentions de la CCIP (2) qui a décidé de redéfinir sa stratégie en 2005. Jusqu'à présent, l'école, qui forme 1.200 étudiants chaque année, souffrait d'un positionnement peu clair. Fruit du rapprochement de deux petits établissements, ECCIP et le CPSS-Trudaine, elle propose une gamme de produits de formation relativement disparate : formations à l'expertise comptable, BTS d'assistant de direction, formation à la gestion d'entreprises accessibles après le bac, ou à Bac+2… Pour lui donner une nouvelle impulsion, la CCIP a décidé de refondre les programmes d'Advancia autour d'un nouveau projet pédagogique : la création d'entreprises. « Il s'agit de sélectionner des étudiants pour leur goût du risque et leur volonté d'entreprendre », explique ainsi Nicolas Jacquet, le directeur général de la CCIP, qui lui a donné pour mission d'accompagner 200.000 créations d'entreprises dans les cinq années à venir (3). Offrir une adresse prestigieuse à cette école ne pourrait que renforcer son image et la crédibilité du projet.
Par ailleurs, la CCIP verrait bien ces locaux accueillir également « l'Institut Français des Administrateurs (dont la CCIP est membre fondateur, Ndlr) ou bien encore des formations Executive, tel le MBA de HEC », a précisé Nicolas Jacquet.

Une op�ration financi�re et symbolique

D'un point de vue symbolique, installer Sciences-Po dans l'ancienne maison de l'ENA serait probablement du plus mauvais effet pour l'image de cette dernière. Délocalisée à Strasbourg, la reprise de ses anciens locaux parisiens par son plus gros pourvoyeur en candidats serait perçu comme le signe manifeste d'un changement dans le rapport de force entre les deux institutions. D'autre part, l'opération financière apparaîtrait comme moins judicieuse pour les deniers publics, le gain de la vente étant déboursé par une fondation à vocation universitaire, dont l'Etat assure une bonne partie du financement. L'IEP, envisageant un recours à l'emprunt, a pris les devants. Il a demandé à faire évaluer son profil de risque financier par l'agence Fitch Ratings, qui lui a attribué une note dans le haut de sa fourchette d'évaluation. Un curieux procédé pour un établissement public, dont la solvabilité est garantie, en ultime recours, par l'Etat. La manoeuvre est, quoi qu'il en soit, habile et dans la droite ligne de la politique d'innovation permanente menée par l'actuelle direction de Sciences Po Paris.

D'un autre côté, l'installation d'une école de commerce, qui souffre pour le moment d'un déficit de notoriété, en lieu et place de la prestigieuse école d'administration ne serait pas non plus du goût de tout le monde. Comment susciter des vocations pour la fonction publique si même l'Etat permet l'installation d'une école de formation à la gestion des entreprises là où, pendant des années, la gestion publique était enseignée? L'image est caricaturale, mais c'est la première qui vient à l'esprit. La portée symbolique semble toutefois loin des préoccupations du ministère de la Fonction publique qui a prévenu en mai dernier que la vente se ferait en faveur du « plus offrant ». 40 millions d'euros, qui dit mieux ?

NB :

(1). « Enfin fait ses valises », pourrait-on dire, puisque cela faisait tout de même 12 ans que le déménagement était en cours.
(2) La CCIP est un établissement public animé par 64 élus (tous chefs d'entreprise), est soumis à la tutelle de l'Etat. Entre autres activités, elle gère 19 établissements d'enseignement supérieur, dont 7 à l'étranger.
(3) Advancia va intégrer en son sein un club des entrepreneurs et un incubateur d'entreprises. Elle bénéficiera également de tous les moyens de la CCIP en matière de création d'entreprises.

03/01/2005
P-A.Pillet

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