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Et que font vos parents ?La promotion de la mixit� sociale dans les fili�res d'excellence est un th�me � la mode.
Il s'agit de favoriser les chances de chacun, dans un système qui se dit égalitaire mais - de fait - réserve les meilleurs diplômes aux étudiants issus des familles les plus aisées. En effet, l'éducation est gratuite ou presque, cependant l'information n'est pas diffusée correctement. Les conseillers d'orientation - lorsqu'il y en a - jouent davantage un rôle de psychologue que de conseiller, si bien que l'image que se forge chacun de ses chances et des opportunités dans le supérieur dépend avant tout de l'environnement social et scolaire. Avant même toute considération des capacités scolaires, par un phénomène d'auto-censure ou d'ignorance, les choix d'orientation sont donc plus limités pour les uns que pour les autres.
Par conséquent, on trouve une majorité d'élèves de milieux favorisés dans les filières prestigieuses, celles qui coûtent justement le plus cher à l'Etat. Tandis que ceux qui sont issus des CSP les moins élevées se retrouvent dans des formations où le budget par étudiant est réduit. D'où ce constat de François Orivel et Estelle Orivel de l'Iredu (1): "l'argent des contribuables est attribuée plus généreusement aux étudiants privilégiés qu'aux autres". L'Etat dépense ainsi 13.200 euros pour un élève des classes préparatoires aux grandes écoles. De même, il gratifie les grandes écoles d'ingénieurs et autres "grands établissements", tandis qu'il ne consacre "que" 6.850 euros par an pour former un étudiant à l'université. ZEP et Coaching
L'IEP de Paris a été le premier établissement à prévenir ces critiques, en mettant en place une voie d'accès spéciale pour des lycéens en provenance de zones d'éducation prioritaire (ZEP). Dans le même temps, il a relevé les frais de scolarité pour les étudiants les plus aisés. La première mesure, relativement symbolique mais amplement promue et médiatisée, a créé un effet d'entraînement pour d'autres établissements. Ainsi, l'Essec a mis en place un programme de coaching de lycéens a priori peu enclins à se présenter aux filières sélectives. Cette dernière formule semble d'ailleurs plus consensuelle que la première. D'autres établissements ont suivi et les politiques se sont emparés du sujet.
Cependant, une précaution simple à prendre a été négligée. Nombre de dossiers de candidatures aux filières sélectives (grandes écoles ou masters universitaires) comportent en effet la mention "Profession des parents" à renseigner (2), au même titre que les notes obtenues au baccalauréat ou les éventuelles expériences professionnelles. En outre, les jurys de concours aux grandes écoles, y compris de celles qui luttent contre la discrimination sociale, manifestent une certaine curiosité en la matière, lors des oraux d'admission. Et si, à notre connaissance, aucune étude n'a été menée pour en mesurer les conséquences, intuitivement on peut se douter que ce genre de questions ne favorise pas l'égalité des chances. NB :
(1) "French Education's Dilemma in the Globalisation Process: How to accommodate simultaneously the objectives of Equality and Excellence?" par Estelle Orivel et François Orivel. A paraître
(2) Les établissements concernés se justifient en invoquant la nécessité de constituer des statistiques. 10/06/2005
P-A.P
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