Ces sommets atteints en Grande-Bretagne pour les étudiants dits "overseas" inquiètent l'Institut national pour la politique de l'enseignement supérieur, qui a souligné cet été le risque que l'enseignement supérieur devienne moins attractif. La part des étudiants en mobilité à l'échelle mondiale qui choisissent le pays est passée de 16% en 1998 à 11% en 2004. Selon un sondage effectué en 2006, jusqu'à plus de 25% des étudiants étrangers estiment que le rapport qualité-prix des études sur le sol anglais n'est pas très intéressant. D'après le directeur de l'Institut pour la politique de l'enseignement supérieur, Bahram Bekhradnia, "cela pourrait être de l'intérêt national de réduire les frais d'inscription pour les étudiants étrangers, afin de maximiser leur nombre". Il suggère que l'Etat subventionne les établissements, et que l'accueil des étudiants de l'UE soit plus massif.
Le nombre absolu d'étudiants accueillis est toujours en augmentation, mais la situation pourrait ne pas durer. En effet, de nombreux pays proposent désormais des programmes en anglais, et en font une vigoureuse promotion, a averti l'institut. En 2004-2005, la Grande-Bretagne comptait 218 395 étudiants hors UE, qui ont réglé une moyenne de 6 868 livres (10 096 euros) de droits d'inscription et ont dépensé 187,57 livres (275,7 euros) chaque semaine pour vivre. L'institut estime que ces étudiants ont injecté 2,35 milliards de livres (3,45 milliards d'euros) dans l'économie du pays cette année-là. Les bénéfices qu'apportent les étudiants étrangers (européens compris) ne sont pas seulement financiers: ils entretiennent un climat multiculturel et font valoir l'esprit britannique une fois revenus au pays, souligne l'institut.
Cependant, le ministre de l'Enseignement supérieur, Bill Rammell, ne voit aucune difficulté pour le moment concernant leur accueil: "Nous avons un enseignement supérieur de rang mondial qui attire les étudiants étrangers (...) Ce système fonctionne et nous n'avons pas l'intention de lui apporter des modifications".