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De l'influence du lyc�e fr�quent� sur l'orientation post-bac
L'impact de la composition sociale du lycée fréquenté sur les choix d'orientation dans le supérieur peut se mesurer. Et les chiffres sont éloquents: un élève scolarisé dans un établissement favorisé (1) a 1,6 fois plus de chances d'envisager une classe préparatoire qu'un autre élève, aux mêmes résultats scolaires et de la même origine sociale, mais fréquentant un établissement qui n'est pas favorisé. Et même davantage: "Un élève non favorisé tirera également bénéfice du seul fait de se retrouver dans un établissement de type favorisé, puisqu'il aura par cette seule différence 1,6 fois plus de chances d'envisager une classe préparatoire. Le bénéfice qu'il tirera du contexte scolaire annulera pratiquement l'effet négatif de l'origine sociale sur son choix", écrit Nadia Nakhili, chercheur à l'Institut de recherche en sociologie et en économie de l'éducation (Irédu), rendant compte des premiers résultats de sa thèse (2).
Elle a observé que les théories des années 70, comme celle développée par Pierre Bourdieu, expliquent les différences d'aspiration ou d'"auto-sélection" comme des processus individuels. "De nombreux travaux ont pourtant constaté, depuis le début des années 80 en France et dès les années 60 pour les travaux anglo-saxons, qu'en plus des caractéristiques individuelles, l'établissement scolaire ainsi que ses caractéristiques et celles de sa population peuvent influencer la réussite scolaire des élèves", explique-t-elle. Des pr�pas dans les lyc�es d�favoris�s
Pour mener cette étude au moment de l'entrée dans le supérieur, Nadia Nakhili a construit des modèles complexes de prédiction de la probabilité pour un élève de terminale de vouloir s'orienter en classe prépa, qui montrent tout d'abord que ce sont les caractéristiques scolaires de l'élève (type de bac obtenu, éventuelle mention, âge en terminale) qui déterminent le mieux la demande d'une CPGE, devant l'origine sociale et le sexe. S'ajoute la variable "type d'établissement", vue plus haut, dont l'effet se cumule à celui de l'origine sociale : "Un élève favorisé et scolarisé dans un établissement de type favorisé a 3,4 fois plus de chance de demander une classe préparatoire qu'un élève ayant les mêmes caractéristiques scolaires, mais n'étant ni d'origine sociale favorisée, ni scolarisé dans un établissement de type favorisé".
Le chercheur s'interroge ensuite sur les éléments qui, dans les établissements favorisés, peuvent jouer sur les aspirations des élèves: il y a tout d'abord l'offre locale de classe prépa. Un élève de terminale, qu'elles que soient ses caractéristiques scolaires et sociales, a en moyenne 1,8 fois plus de chances de demander une orientation en classe prépa s'il y en a une dans son établissement. De plus, l'effet "offre locale" et l'effet "composition sociale" se cumulent: un élève de terminale a en moyenne 3,1 fois plus de chances (1,8+ 1,3) de demander une classe prépa s'il est dans un établissement favorisé et dans lequel il y a une telle offre. Nadia Nakhili évoque ensuite, comme piste pour expliquer cet effet du contexte scolaire, les effets de pairs ou phénomène d'émulation entre élèves, ainsi que la qualité des enseignants. Bien que ses conclusions se veuillent modestes, elle offre un appui scientifique aux tenants des accords avec les ZEP ou autres quartiers défavorisés : "il suffirait statistiquement, pour réduire en partie les différences de demande de classe préparatoire pour des élèves comparables, de rééquilibrer l'offre de classe préparatoire en en ouvrant davantage dans les établissements de type défavorisé". NB :
(1) Les élèves (Panel d'élèves du second degré recrutés en 1995, enquête " Jeunes 2002 ", Direction de l'Evaluation et de la Prospective du ministère de l'Education Nationale), plus de 5000 dans cette étude, ont été répartis en différentes catégories, selon la profession du père ou de la mère : favorisés, professions intermédiaires, classes moyennes, défavorisés. Une typologie des établissements a ensuite été élaborée en fonction de leur concentration d'élèves d'origine sociale favorisée ou défavorisée: type favorisé, type défavorisé, et non typé socialement.
(2) http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/2004/04123.pdf 20/03/2005
Alison Cartier
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