Comment affronter la concurrence internationale en matière d'enseignement supérieur ? Si l'on en croit le dernier « rapport d'analyse des politiques d'éducation » de l'OCDE, nombre de pays développés ont repensé leurs politiques.
- la Corée compte accroître la compétitivité de ses universités en renforçant celles qui ont fait de la recherche un axe fort, notamment en sciences et ingénierie. Les universités coréennes sont également invitées à se rapprocher des entreprises, à internationaliser leur offre de formation et à s'équiper en infrastructures technologiques.
En outre, celles qui « entreprennent de se restructurer de façon autonome bénéficieront en priorité des aides administratives et financières », peut-on lire dans le rapport de l'OCDE.
- au Danemark, il est question de renforcer la dimension internationale des programmes et la mobilité des étudiants et enseignants. Les coopérations transnationales des établissements sont encouragées.
- Le Japon a modifié le statut des universités pour favoriser les initiatives qui sortent du commun. Elles sont invitées à mieux répondre aux attentes du grand public et de la société en réformant leurs activités d'enseignement et de recherche et en accentuant leur coopération avec le secteur industriel. Un nouveau système d'écoles doctorales professionnalisées a été mis en place.
- le Royaume-Uni a accentué l'autonomie de ses universités, notamment en matière de gestion des frais de scolarité. L'objectif : « soutenir la concurrence des meilleurs établissements du monde, tout en protégeant les étudiants les plus démunis ». A compter de 2006, les universités pourront ainsi facturer jusqu'à 3.000 livres par an aux étudiants, mais ceux-ci auront la possibilité de ne payer les frais qu'une fois leur diplôme obtenu.
Bien souvent, l'évolution passe par un accroissement de l'autonomie des universités. La priorité est donnée à la recherche et à davantage de professionnalisation de l'enseignement.
En réalité, chacun à leur façon, ces systèmes d'enseignement supérieur semblent migrer vers un même modèle qui acte le changement de statut des universités. De lieu de transmission d'un savoir théorique, elles sont ainsi appelées à muer vers un modèle d'offre de services, davantage ancrée dans la société. Un modèle qui ressemble plus à celui des grandes écoles françaises qu'à celui des universités hexagonales.