L'Union européenne n'est pas uniquement repliée sur elle-même: c'est ce que voulait démontrer à l'origine la Commission, en proposant d'adjoindre au début des années 2000 au programme d'échanges Erasmus pour l'enseignement supérieur celui dénommé Erasmus Mundus. Il s'est organisé autour de masters conçus par un consortium d'établissements d'au moins trois pays européens, les études devant se faire dans au moins deux de ces établissements et déboucher "sur l'octroi d'un diplôme double, multiple ou commun reconnu".
Quelque 230 millions d'euros ont été investis en cinq ans dans ce programme, auxquels se sont ajoutés 66 millions d'euros en bourses d'étude. Celles-ci s'élèvent à 21 000 euros par an pour chaque étudiant d'un pays tiers sélectionné, appelé à suivre un des masters labellisés. De quoi susciter un certain engouement: au total 6 000 bourses ont été attribuées, à des étudiants de Chine, d'Inde, du Brésil et de Russie principalement. Rien que pour 2008-2009, plus de 2 000 jeunes gens vont en bénéficier.
Les étudiants ne sont pas seuls concernés: plus d’un millier d’enseignants issus de pays tiers ont également reçu une bourse durant ces cinq années afin "d'apporter une contribution active aux programmes de master, grâce à des activités d’enseignement ou de recherche", se félicite la Commission européenne. De plus, ces échanges ne se font pas à sens unique. Les responsables de masters Erasmus Mundus peuvent en effet conclure des partenariats avec des établissements de pays tiers. Les professeurs et étudiants européens des masters sont invités à y séjourner. Ainsi, 17 nouveaux partenariats entre des consortiums Erasmus Mundus et des établissements de pays tiers ont été retenus en 2008, impliquant 62 universités situées dans 28 pays tiers.
La deuxième phase du programme (2009-2013) devrait bientôt démarrer et être dotée d'une enveloppe multipliée par quatre, atteignant 950 millions d’euros. La somme va principalement alimenter les bourses des étudiants européens, qui peinent à monter en charge, et servir à construire des doctorats communs, sur le modèle des masters. L'UE propose même d'élargir le programme de mobilité à "tous les niveaux de l’enseignement supérieur". A suivre.