Observatoire Boivigny, le site de référence de l'enseignement supérieur


Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable

Enseignement supérieur : comment doser formation académique et professionnalisation?




Unef : refus de la dépendance des diplômes à des besoins locaux et meilleure reconnaissance des diplômes

Thierry Le Cras, membre du bureau national de l’Unef et élu au Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche), étudiant en master 2 d’histoire à Montpellier.

-La priorité du supérieur, selon l’Unef, c’est acquérir un bagage académique ou permettre d’accéder à un emploi ?

-Le but de l’université est de former les jeunes, et de les former aux emplois. D’ailleurs c’est dans le statut des universités, qui sont des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP). Les universités ont su s’adapter pour mieux accomplir cette mission de professionnalisation, avec la création par exemple des IUT à la fin des années 1960 et leur développement dans les années 1970-1980, pour répondre aux besoins de cadres intermédiaires et de techniciens supérieurs.

-« Garantir l’insertion professionnelle des jeunes » est une des sept exigences que l’Unef a adressées aux candidats à l’élection présidentielle. Mais comment garantir cette insertion ?

-L’insertion est rendue difficile car sur le marché de l’emploi, les diplômes sont mal reconnus. C’est pourquoi nous demandons un cadrage national des diplômes, qui n’existe plus depuis la mise en place du schéma LMD : les universités ont eu toute latitude pour créer des diplômes. Comment les employeurs peuvent-ils se repérer entre un master à Paris et un à Marseille dans ces conditions ? Nous travaillons aussi avec les organisations syndicales pour la reconnaissance des diplômes universitaires. Depuis un an notamment, grâce à la CGT, nous avons fait reconnaître les diplômes STAPS et ceux du ministère de la Jeunesse et des Sports dans les conventions collectives (qui définissent par exemple une rémunération minimale en fonction du diplôme, Ndlr). Nous allons continuer à œuvrer avec l’Ugict-CGT (cadres-ingénieurs-techniciens) sur l’ensemble des filières. Nous souhaiterions associer tous les partenaires sociaux, y compris le Medef.

-Quelles sont les objectifs premiers de l’Unef en matière de professionnalisation des études?

-Nous demandons plus de travaux dirigés (TD), moins de cours magistraux. Nous mettons aussi l’accent sur les modules de préparation de CV, de préparation des entretiens d’embauche, de maîtrise des langues étrangères et des outils informatiques. Le problème est que les universités sont dépourvues de moyens. A tel point que l’on se demande ce qu’il peut y avoir derrière de tels intitulés de modules, quand ils existent.

-Quelles sont selon vous les limites à la professionnalisation ?

-Nous refusons les logiques trop locales, comme ce qui a été fait à Clermont-Ferrand avec la licence professionnelle dite Michelin. Un jeune n’occupera pas le même poste toute sa vie, donc un diplôme ultra-spécialisé ne lui permettra pas de se retourner sur le marché du travail.
Nous ne voulons pas non plus copier les grandes écoles, qui ne permettent pas un accès démocratique à l’enseignement supérieur.
La professionnalisation que nous souhaitons doit garantir une insertion professionnelle à tous, en permettant la reconnaissance des diplômes et des qualifications dans le monde du travail et en refusant leur dépendance à des besoins locaux.

NB :

(1) La charte « Phénix » a été signée début février 2007 par le Medef, le syndicat Confédération étudiante de l’université de Marne-la-Vallée, PricewaterhouseCoopers, Axa, Coca-Cola Entreprise, Renault, Siemens, HSBC et la Société générale.
(2) La commission du débat national Université-Emploi, présidée par le recteur de Limoges, Patrick Hetzel, avait été chargée en avril 2006, après la crise du CPE, de formuler des propositions de réforme. Ses conclusions ont été reprises par le gouvernement.

« Précédent | 1 | 2 | 3



13 Mars 2007



Tags : unef, uni


Commentaires des lecteurs

Nouveau commentaire :

Nom*
Adresse email* (non publiée)
Site web

Commentaire
B i u  QUOTE  URL
Me notifier l'arrivée de nouveaux commentaires
Les commentaires sont modérés a posteriori. Nous acceptons volontiers la critique de nos articles, les précisions et corrections apportés par les lecteurs ou l'ouverture de débats contradictoires en lien avec le sujet abordé. À l'inverse, nous nous réservons le droit d'effacer tout commentaire que nous considérons comme diffamatoire ou hors-sujet.

A lire dans cette rubrique

|1| >>














Chercher sur le site






Les derniers commentaires








À propos /Votre publicité sur ce site / Droits de reproduction / contact