42% des Américains pensent que le prochain président devra se préoccuper du coût des études au sein des colleges, c’est-à -dire les universités de premier cycle (du bac à la licence), selon un sondage publié en avril par le quotidien spécialisé
Chronicle of Higher Education. Cet enjeu est jugé plus important que celui de la qualité de l'enseignement supérieur, du taux d’accès à l’université des étudiants défavorisés ou encore de la concentration des classes supérieures dans les institutions d'élite.
Toutefois, seulement 51% des Américains interrogés estiment que le gouvernement fédéral devrait pouvoir contrôler les frais d'inscription dans les colleges publics et privés. Le soutien à l'interventionnisme fédéral est à peine plus fort chez les parents d’étudiants (55%).
De façon générale, le candidat qui part favori dans les milieux éducatifs est Barack Obama. Il est populaire parmi les étudiants mais aussi les enseignants, qui ont massivement contribué financièrement à sa campagne. L'idée force de ce candidat est d'élargir l'accès aux études, grâce à des bourses. Obama entend aussi évincer les banques du marché des prêts garantis par l'Etat fédéral pour les étudiants, ce qui éviterait un soutien financier coûteux de l'Etat aux banques mais créerait également un monopole étatique. Parmi ses autres suggestions, celle d'un crédit d'impôt (jusqu'à 4000 dollars par an, soit 2590 euros) concédé à l’étudiant qui paye ses frais d'inscription. Le candidat souhaite aussi que naisse un programme de partenariat entre colleges pour favoriser le développement de l'enseignement technique. Barack Obama soutient enfin les mesures d'affirmative action qui facilitent l’accès aux universités des étudiants issus des minorités ethniques.
De son côté, Hillary Clinton, également avocate de l'enseignement technique et professionnel, a présenté en octobre 2007 son "plan d'aide aux colleges", selon lequel l'aide fédérale aux étudiants doit progresser de 8 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros). Elle réclame également la "vérité sur les frais d'inscription", c'est-à -dire que les étudiants soient informés dès le début de leur cursus de ce qu'ils auront à débourser. Le département (ministère) de l'Education devra, si elle est élue, mesurer pour chaque college le taux de succès des étudiants aux examens et dans leur recherche d'emploi ou poursuite d'études. En janvier dernier, Clinton a complété son programme par un plan pour récompenser les colleges qui accueillent des étudiants défavorisés. La démocrate "croit à l'affirmative action" mais ne "soutient pas les quotas".