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Le sommet de Bergen ne laissera pas beaucoup de place � l'improvisation : le programme a �t� n�goci� bien en amont, avec le degr� de pr�cision d'une horloge suisse. Les groupes de travail sur les �tudes doctorales, la formation tout au long de la vie, l'assurance qualit� ou la gouvernance n'auront donc plus qu'� discuter de points de d�tail. Et le communiqu� final sera une simple formalit� pour les 40 ministres de l'Education r�unis en Norv�ge les 19 et 20 mai.
Il ne s'agit pas dans cette enceinte de bouleverser la construction de l'Europe de l'�ducation, mais de marquer les esprits, comme tous les deux ans depuis 1999 et le sommet de Bologne. La derni�re fois, c'�tait � Berlin en septembre 2003: les ministres s'�taient fix� pour objectif d'harmoniser d�s 2005 les niveaux licence (bac+3) et master (bac+5). Chaque pays a remis pour Bergen un rapport d'�tape, � examiner.
Sous l'impulsion notamment du ministre de l'Education fran�ais en 2003, Luc Ferry, les repr�sentants europ�ens avaient convenu que "l'�ducation �tait un bien public et �tait du ressort de l'Etat". Une formule qui pouvait calmer les esprits en France, alors que le projet de loi d'autonomie des universit�s allait �tre pr�sent�, et que pointait la menace d'une augmentation des frais d'inscription. Fran�ois Fillon pourrait avoir recours � une formule similaire pour apaiser les lyc�ens qui manifestent encore � l'approche du baccalaur�at.
Les ministres r�unis � Bergen ne manqueront pas de se f�liciter des progr�s r�alis�s depuis deux ans. Ils pourraient aussi marquer plus fortement leur engagement � investir dans l'enseignement sup�rieur, comme les y invite la Commission europ�enne. Jan Figel, commissaire charg� de l'�ducation et de la formation, dont ce sera le premier grand sommet europ�en, a pr�sent� le 20 avril une communication au titre barbare, "mobiliser les cerveaux europ�ens: permettre aux universit�s de contribuer pleinement � la strat�gie de Lisbonne" (1). "Avec une proportion d'� peine 21% de la population en �ge de travailler ayant accompli des �tudes sup�rieures, l'Union fait p�le figure en comparaison des Etats-Unis (38%), du Canada (43%) ou du Japon (36%)", note-t-il, expliquant cette situation "par un manque de r�activit� de l'enseignement sup�rieur aux mutations de la soci�t� et au mod�le de l'�ducation et de la formation tout au long de la vie". Mais surtout, "les moins bons r�sultats de l'Europe tiennent �galement � une �norme diff�rence de financement": 1,1% du PIB est consacr� en moyenne � l'enseignement sup�rieur par les pays de l'Union europ�enne, contre 2,5% au Canada et 2,7% aux Etats-Unis.
"L'enseignement sup�rieur europ�en continue de s'appuyer presque exclusivement sur des moyens de financement publics (limit�s)", alors que l'apport du secteur priv� et des m�nages est bien sup�rieur dans les pays concurrents", souligne M. Figel. Et de relever "trois domaines prioritaires pour la r�forme des universit�s europ�ennes: am�liorer leur qualit� et les rendre plus attrayantes, am�liorer leur gouvernance et leurs syst�mes, et accro�tre et diversifier leur financement (avec ou sans une contribution importante des �tudiants)". Un nouvel appel � la r�forme qui r�sonne particuli�rement en France, o� des mesures dans ce sens n'ont pas abouti.
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NB : (1) "L�Union doit devenir l��conomie de la connaissance la plus comp�titive et la plus dynamique du monde, capable d�une croissance �conomique durable accompagn�e d�une am�lioration quantitative et qualitative de l�emploi et d�une plus grande coh�sion sociale", d'apr�s le Conseil europ�en de Lisbonne, en mars 2000. L'ensemble de la strat�gie de Lisbonne comprend 28 objectifs principaux et 120 sous-objectifs, avec 117 indicateurs diff�rents.
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De Bologne � Bergen Le processus a �t� entam� � Bologne en 1999 � l�occasion d�une r�union des ministres de l��ducation europ�ens, dont le Fran�ais Claude All�gre. Il a �t� poursuivi � Prague en mai 2001, puis � Berlin en septembre 2003.
Six objectifs ont �t� d�fini d�s le d�part. Il s�agit pour les responsables des syst�mes universitaires europ�ens d��uvrer � la r�alisation et � la mise en place d�ici 2010 :
1.d�un syst�me de grades ais�ment identifiables et comparables
2.d�un syst�me essentiellement fond� sur deux grands cycles
3.d�un syst�me d�accumulation et de transferts de cr�dits
4.de la mobilit� des �tudiants, des enseignants et des chercheurs
5.d�un syst�me de coop�ration en mati�re d�assurance qualit�
6.d'enseignements susceptibles d�accentuer la dimension europ�enne de l�enseignement sup�rieur
A Prague ont �t� introduits trois objectifs suppl�mentaires
7- La formation tout au long de la vie
8- l'implication des institutions d'enseignement sup�rieur et des �tudiants
9- la promotion de l'attractivit� de l'espace europ�en d'enseignement sup�rieur
Et � Berlin un dernier objectif:
10- introduction du 3e cycle (doctorat) dans le processus de Bologne et synergie entre enseignement sup�rieur et recherche en Europe
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