Sciences Po http://www.boivigny.com/sciencespo fr 2009-03-09T04:46:39+01:00 tag:www.boivigny.com/sciencespo,2009:rss-566059 ENA, Polytechnique, Normale : quand les études payent Sun, 14 Jan 2007 14:59:00 +0100 fr IDe 34 Dans le cadre du débat sur le financement de l'enseignement supérieur, on oppose souvent le coût moyen pour l'Etat d'un élève en classe préparatoire (13500 € par an) à celui d'un étudiant à l'université (7200 € par an). Pourtant, il est d'autres étudiants pour lesquels l'Etat sait mettre la main à la poche : ceux qui se préparent à le servir.


Les élèves de Polytechnique, de l'ENA et de Normale Sup' ne versent pas de frais de scolarité. Le coût de leur formation est pourtant supérieur à celui des étudiants à l'université, en raison du taux d'encadrement dont ils bénéficient et de conditions d'accueil comparables à celles des grandes écoles. Mieux encore, ces étudiants privilégiés perçoivent une rémunération.

Ainsi, un jeune élève sans expérience préalable, qui réussit le concours de l'ENA, peut s'attendre à toucher environ 1300 € de salaire mensuel net et des indemnités (de résidence, de formation, de stage…) d'un peu plus de 200 euros mensuels en moyenne pendant sa scolarité. Un élève de l'Ecole Normale Supérieure touche également 1300 € par mois. De son côté, un élève de Polytechnique perçoit une solde d'environ 700 € par mois.

Au service de l'Etat
Une fois diplômés, les anciens de ces établissements sont assurés d'une brillante carrière professionnelle. Le diplôme de ces écoles, parmi les plus réputées de l'enseignement supérieur français, se monnaye facilement auprès des employeurs. En outre, ils sont rarement issus de classes sociales défavorisées. Pourquoi, dans ces conditions, sont-ils payés pour étudier ?

Essentiellement parce que c'est la volonté de l'Etat de recruter les meilleurs éléments. Et que cette rémunération est censée les inciter à entrer dans les plus grandes écoles publiques. Les élèves de ces établissements sont des fonctionnaires en formation qui s'engagent à servir l'Etat pour au moins dix ans. A défaut, ils doivent rembourser le coût de leur scolarité.

Les grandes entreprises ne font pas autrement lorsqu'elles proposent des programmes spécifiques de formation et d'intégration sur plusieurs mois, et parfois dans plusieurs pays, à leurs hauts potentiels. En outre, les firmes multinationales financent parfois le programme MBA de leurs cadres les plus prometteurs, contre un engagement de rester en leur sein une fois le diplôme décroché.

Par ailleurs, les élèves des prestigieuses écoles que sont l'X, l'ENS ou l'ENA sont loin d'être les seuls à voir leur formation indemnisée par l'Etat : d'autres élèves fonctionnaires, comme les commissaires de police ou les inspecteurs des impôts, perçoivent des rémunérations, parfois même plus élevées. Cependant la formation de ces derniers, spécialisée, est plus difficile à valoriser en dehors du corps de métier d'origine, et plus encore en dehors de la fonction publique. La situation n'est donc pas tout à fait comparable.

A titre d'exemple :

* Un inspecteur des impôts en formation perçoit 2400 euros brut mensuels (y compris les indemnités)
* Un inspecteur du Trésor public en formation perçoit environ 1700 euros
* Un élève de l'ENSP (formation pour les directeurs d'hôpital), reçoit environ 1600 euros
* Un administrateur territorial (INET) en formation gagne environ 1600 euros


Trois questions à Charles, ancien de l'ENA

Estimez-vous que le versement d'un salaire au cours de vos études à l'ENA était justifié ? Et utile au regard du niveau social des élèves ?

Il y a plusieurs catégories d'énarques : les externes, qui sont généralement tout juste sortis du système d'enseignement supérieur, les internes, qui ont déjà travaillé au moins cinq ans dans la fonction publique et les énarques issus du « troisième concours » qui viennent du secteur privé.
A mon sens, il est difficilement concevable d'arrêter de payer ceux qui avaient un poste auparavant. Il n'y aurait d'ailleurs plus de candidats au concours, car il n'est pas possible de travailler en même temps que d'étudier à l'ENA. D'autre part, concernant les jeunes recrues, peut-on imaginer qu'ils s'engagent à servir l'Etat pendant 10 ans et qu'ils travaillent - puisque c'est le cas au cours de leur scolarité - 12 mois en préfecture et en ambassade gratuitement ? Certains ont déjà à leur entrée à l'ENA une famille à assumer. Pour l'Etat il s'agit d'un investissement en capital humain.

Peut-on échapper à l'obligation de servir l'Etat ?
Il y a quelques démissionnaires à la sortie de l'ENA. Mais ils ont dû rembourser entre 30% et 50% des frais de scolarité à l'Ecole. C'est de moins en moins facile d'y échapper…

Comment pensez-vous que les élèves et anciens élèves de l'ENA interpréteraient la suppression du versement d'une rémunération pendant les études ?
Cela dissuaderait beaucoup de bons éléments d'aller dans cette voie. Il ne faut pas oublier qu'après l'ENA, un cadre administratif à qualification égale avec un cadre du privé gagne généralement beaucoup moins, notamment à partir du milieu de carrière. Or, les entreprises financent les formations de leurs hauts cadres. Pourquoi les fonctionnaires devraient, parce qu'ils ont choisi de servir un Etat pauvre, payer sur leurs propres deniers leur formation ?

Trois questions à Pierre, ancien de l'école Polytechnique

Estimez-vous que le versement d'une rémunération au cours de vos études à Polytechnique était justifié ? Et utile au regard du niveau social des élèves ?


C'est le statut militaire de l'école et les obligations afférentes (prises d'armes, défilés, cours de sport avec un instructeur militaire) qui le justifient. Ce n'est pas vital pour la plupart des élèves issus de milieux favorisés, mais cela permet cependant à quelques élèves issus de milieux défavorisés de faire ces études.

Peut-on échapper à l'obligation de servir l'Etat ?

Ceux qui ne rejoignent pas un corps d'Etat doivent suivre une formation complémentaire dispensée par un organisme agréé par l'école d'une durée moyenne de deux ans (ils ne doivent ensuite rien à l'Etat, ndlr). Ceux qui intègrent un corps d'Etat (environ un quart des élèves) doivent ensuite travailler dix ans pour l'Etat ou rembourser la pantoufle, de l'ordre de 50 000 euros.

Comment pensez-vous que les élèves et anciens élèves de l'X interpréteraient la suppression du versement d'une rémunération pendant les études ?

Les élèves feraient l'X de toute façon. Cette question serait jugée accessoire pour le choix de l'école. Quant aux anciens, je suppose que la plupart des X ne considèreraient pas que c'est choquant si les raisons invoquées sont légitimes. Cependant l'association des anciens pourrait manifester sa réprobation, ce serait un réflexe naturel.

14/01/2007

Source : Observatoire Boivigny
]]>
http://www.boivigny.com/sciencespo/ENA,-Polytechnique,-Normale-quand-les-etudes-payent_a12.html
tag:www.boivigny.com/sciencespo,2009:rss-472598 Les 11 centres de préparation au concours externe conventionnés par l'ENA Tue, 17 Oct 2006 21:37:00 +0100 fr IDe 34 Il existe 11 centres de préparation au concours externe de l'ENA (pour les titulaires au minimum d'une licence, âgés de moins de 28 ans). Certains d'entre eux préparent également au concours interne (pour les fonctionnaires ou agents de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics ou des organisations intergouvernementales) ou au troisième concours (pour ceux ayant eu une activité professionnelle hors fonction publique pendant au moins huit ans). L'IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique du ministère de l'Economie et des Finances), qui prépare uniquement au concours interne et au 3e concours, est également conventionné avec l'ENA. Tous ces centres reçoivent une aide financière de l'ENA. A titre d'exemple, elle s'élève à 30 000 euros par an pour la Prép'ENA Paris I-ENS, après avoir augmenté de 50% en un an.


Liste des 11 centres conventionnés

  • IEP d'Aix-en-Provence

  • IEP de Bordeaux

  • IEP de Grenoble

  • IEP de Lille

  • Université de Montpellier

  • IEP de Rennes

  • IEP de Strasbourg

  • IEP de Toulouse

  • IEP de Paris

  • Université Paris I Panthéon-Sorbonne

  • Université Paris-Dauphine

]]>
http://www.boivigny.com/sciencespo/Les-11-centres-de-preparation-au-concours-externe-conventionnes-par-l-ENA_a7.html
tag:www.boivigny.com/sciencespo,2009:rss-472595 L'ENA va lancer de nouveaux troisièmes cycles Mon, 18 Sep 2006 21:34:00 +0100 fr IDe 34 L'année 2005 aura été pour l'ENA une année charnière dans son histoire : celle du basculement définitif de l'ensemble de ses formations longues à Strasbourg, et du départ de ses locaux de la rue de l'université à Paris (1). Il lui faut désormais organiser les allers et venus de quelques 1000 intervenants extérieurs par an, pour la plupart parisiens.

L'ENA, qui n'a pas de corps professoral permanent et ne produit pas de recherche, veut maintenant dépasser son statut de formation administrative, aussi prestigieuse soit-elle, et se forger une image de grande école à part entière. A cette fin, le célèbre établissement profite de son adresse strasbourgeoise pour se positionner au niveau européen et lancer de nouvelles formations, en partenariat avec d'autres établissements, à l'image du master européen de gouvernance et d'administration élaboré avec l'université de Potsdam et Paris 1 ; ou encore du master professionnel en gestion publique mis au point avec l'université de Paris Dauphine.
Ce dernier programme doit démarrer à Paris en novembre de cette année : il s'adresse aux étudiants en formation initiale ainsi qu'aux cadres de la fonction publique.

En 2006-2007, l'ENA devrait également lancer deux nouveaux programmes dans le cadre du Pôle européen d'administration publique (2). Le premier est un mastère spécialisé en gestion des risques sur les territoires, développé avec l'école d'ingénieurs Esti, et le second est un cursus dénommé Eurostrat, élaboré avec Sciences-Po Strasbourg, le CEES, et l'Université Robert Schuman. Ce cursus traitera des enjeux stratégiques et politiques européens.

NB :
(1) L'ENA conserve toutefois, dans le cadre de ses activités de formation continue, un pied-à-terre, rue de l'Observatoire dans le VIème arrondissement de la capitale.
(2) Le PEAP a été créé l'an passé par l'ENA avec le Centre des études européennes de Strasbourg (CEES), l'Institut national des études territoriales (Inet), l'Université Robert Schuman, l'IEP de Strasbourg et l'Euro-Institut de Kehl

Source : Observatoire Boivigny
18/09/2006


]]>
http://www.boivigny.com/sciencespo/L-ENA-va-lancer-de-nouveaux-troisiemes-cycles_a6.html
tag:www.boivigny.com/sciencespo,2009:rss-472613 Pôle européen d'administration publique: une alliance d'établissements strasbourgeois Mon, 17 Apr 2006 21:47:00 +0100 fr IDe 34 Formations labellisées, recherche, conférences... Les premières activités du Pôle européen d'administration publique (PEAP) commencent cette année. Il découle du dernier contrat triennal « Strasbourg ville européenne », pour lequel l'Etat a apporté une aide financière afin que l'agglomération tienne son rang dans les domaines des transports, de l'enseignement supérieur et de la culture. Créé en novembre 2004, le PEAP, sorte de consortium à la structure souple, rassemble l'Etat, les collectivités locales alsaciennes, l'Ecole nationale d'administration (ENA), l'Institut national des études territoriales (INET), le Centre des études européennes de Strasbourg, l'Euro-Institut de Kehl, l'Université Robert Schuman et l'Institut d'études politiques. « Il y a ici une forte concentration d'établissements ayant un savoir-faire dans l'administration publique. Nous voulons diffuser ce savoir-faire », indique-t-on à l'IEP. « Il s'agit de faire émerger dans ce domaine la place de Strasbourg en Europe », ajoute Antoine Durrleman, directeur de l'ENA, qui a déménagé en totalité en Alsace depuis début 2005. Ainsi, dans la mouvance des pôles de compétence, le PEAP entend peser à l'international et conforter la place de Strasbourg comme capitale européenne.

Source : Observatoire Boivigny

17/04/2006
A.C

]]>
http://www.boivigny.com/sciencespo/Pole-europeen-d-administration-publique-une-alliance-d-etablissements-strasbourgeois_a9.html
tag:www.boivigny.com/sciencespo,2009:rss-566079 Comment la Prép'ENA Paris I-ENS tente de damer le pion à l'IEP de Paris Mon, 17 Apr 2006 15:20:00 +0100 fr IDe 34 « Les universités avaient déserté le terrain des grands concours au profit des IEP », selon Gérard Marcou, professeur de droit à Paris I. Son université s'est associée à Normale Sup' pour proposer un centre de préparation à l'Ecole nationale d'administration (ENA), capable de rivaliser avec celui de l'IEP de Paris. Il a reçu le soutien de l'ENA.

L'université Paris I était dotée d'une Prép'ENA depuis les années 80. « Mais les candidats passaient des concours moins prestigieux, et le soutien politique de l'université n'était pas suffisant », raconte M. Marcou. En 2003, le président de l'université lui a confié la mission de conduire les étudiants vers l'école de l'élite administrative, avec de nouveaux moyens. Soutenu par l'ENA elle-même, et en association avec l'Ecole normale supérieure (ENS), cet enseignant a relevé le défi. Sous sa nouvelle mouture, la Prép'ENA qu'il co-dirige depuis la rentrée 2005 avec Stéphane Israël, conseiller référendaire à la Cour des Comptes et professeur à l'ENS Ulm, commence à porter ses fruits.

Si L'ENS est venue en appui, c'est qu'elle cherchait une alternative à l'IEP de Paris, chez qui partaient parfois ses élèves en 3e cycle, afin d'accéder ensuite à la Prép'ENA, réservée aux élèves de la maison. « L'ENS souhaitait que l'ENA redevienne un débouché pour les Normaliens, comme au milieu des années 80 où ils étaient dispensés de concours. Nous avons cependant jugé qu'ils devaient suivre une préparation, et passer les examens », ajoute le directeur de l'ENA, Antoine Durrleman, qui s'est fait le marieur de ces initiatives de l'ENS et de Paris I.

Les élèves des trois écoles normales supérieures (Ulm, Cachan, Lettres et sciences humaines) sont dispensés de l'épreuve de sélection pour la Prép'ENA, de même que les étudiants de Paris I ayant obtenu la mention Très bien à une maîtrise ou un master 1, en droit, science économique, science politique ou science de gestion. Plus généralement, la préparation est ouverte aux étudiants titulaires d'une maîtrise (master 1) ou d'un diplôme reconnu équivalent. Tous les candidats doivent avoir moins de 28 ans - c'est également la condition pour passer le concours externe d'entrée à l'ENA. Les élèves admis à suivre la formation sont choisis en fonction de leur dossier et d'une dissertation de culture générale d'une durée de 5 heures.

Ainsi, parmi les quelque 90 étudiants sur les bancs de Paris I actuellement, figurent une vingtaine de Normaliens, 17 élèves de Paris I, 22 des IEP de province, une douzaine d'autres universités, et enfin une vingtaine issus d'écoles de commerce et d'ingénieurs (dont Polytechnique). En même temps qu'ils préparent l'ENA, les étudiants, s'ils valident leurs deux semestres d'enseignement, obtiennent un master en droit public.

rechercher des nouveaux talents
« Le programme pédagogique de la Prép-ENA a été changé dès la rentrée 2004. Nous avons renforcé les matières décisives et donné plus d'importance à la culture générale. Nous faisons intervenir de jeunes hauts fonctionnaires pour des conférences. La réforme a été pleinement mise en oeuvre à la rentrée 2005 », explique M. Marcou. A propos de ce qu'apporte l'ENS à la prépa, il remarque que « nous avons chacun nos atouts: les Normaliens excellent aux concours; tandis que nos étudiants ont un bon niveau en droit et en économie ». Le co-directeur de la Prép'ENA note toutefois que les étudiants issus des universités sont généralement « mal préparés à l'esprit des épreuves orales et écrites de l'ENA ». Ils doivent « souvent apprendre à développer des points de vue personnels, et oser les exprimer », ajoute-t-il. Ce défaut ne semble toutefois pas être l'apanage des universitaires puisque comme le remarque le jury de l'ENA dans son rapport sur le concours 2004: « Certains candidats pourtant titulaires des diplômes les plus prestigieux (agrégation, HEC, Essec, IEP...) apparaissent dépourvus de tout jugement, incapables d'exposer une pensée claire et personnelle, comme fatigués par leur trop lourd bagage ».

Le co-directeur semble relativement satisfait de la formule trouvée avec l'ENS: « nous avons eu trois reçus cette année à l'ENA. Bien sûr nos étudiants ne se présentent pas seulement à ce concours: trois ont réussi le concours du ministère des Affaires étrangères, quatre le concours d'administrateur territorial, et nous attendons les résultats du concours des assemblées parlementaires ». Etant donné que l'effectif durant l'année de démarrage était de 45 élèves, cela donne un taux de placement d'un quart. "C'est tout à fait estimable", salue le directeur de l'ENA. Sachant que le taux pour les IEP de province est de 1/6 ou 1/7 en moyenne.

« Concurrencer l'IEP de Paris est donc possible, surtout que leurs promotions sont d'une tout autre taille - plus de 300 élèves », ajoute M. Marcou. « L'IEP de Paris est prédominant car il fournit le plus de candidats », affirme également M. Durrleman, qui, en tant que « chercheur de nouveaux talents », note aussi l'émergence d'IEP connaissant des succès au concours de l'ENA, comme ceux de Rennes et Lille.

La Prép'ENA Paris I-ENS n'est pas un cas unique: l'université Dauphine et l'université de Montpellier I, par le biais de sa faculté de droit, ont également leur prépa. Diversifier le recrutement de l'ENA passe-t-il par de nouvelles associations, avec des écoles de commerce ou d'ingénieurs par exemple? « Nous sommes ouverts à toutes les formes de partenariat, tout en restant attachés à nos filières traditionnelles », admet M. Durrleman qui précise : "Nous ne voulons pas créer de grandes écuries »

17/04/2006
Alison Cartier
Source : Observatoire Boivigny
]]>
http://www.boivigny.com/sciencespo/Comment-la-Prep-ENA-Paris-I-ENS-tente-de-damer-le-pion-a-l-IEP-de-Paris_a15.html