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Réforme des IEP

Un master égalité des chances à Sciences Po Lille  25/07/2008

Sciences Po Lille ouvre, à partir de la rentrée universitaire 2008, un master sur la question de l'égalité qui est sans équivalent en France à ce jour, d'après l'établissement.

« L'égalité est mise à mal du fait des discriminations qui conduisent à écarter des personnes de l'accès à des biens et services (emploi, logement...) en raison de critères illégitimes comme leur sexe, âge, origine, etc., mais aussi du fait d'une reproduction sociale forte freinant les aspirations légitimes notamment des personnes d'origine modeste méritantes », estime l'IEP de Lille dans un communiqué. Il entend répondre à cette problématique par une formation adaptée de niveau master.

Le cursus, qui doit démarrer à la rentrée prochaine, comprendra notamment des cours en sociologie, psychologie et aussi en « management de l'égalité et de la diversité dans le public et le privé » ! Avec ce programme, Sciences Po Lille se donne comme mission de former de futurs cadres du secteur privé et du secteur public capables de « concevoir et mettre en œuvre une politique d'égalité des chances, concevoir et mettre en œuvre une politique de diversité, concevoir et mettre en œuvre une politique de RH non discriminatoire… ».

Force est d'admettre que le thème est à la mode et que les directions des ressources humaines ont besoin de personnes formées à ces problématiques. Mais les 12 à 20 élèves qui sont amenés à suivre ce nouveau master chaque année trouveront-ils des emplois correspondant à leurs attentes ? Avec une telle hyper-spécialisation, on peut s'interroger.


Rédigé par IDe 34 le 25/07/2008 à 06:56 | Permalien | Commentaires (0)

Réforme des IEP

Un double diplôme HEC-Sciences Po pour les cumulards  16/03/2008

Après les doubles diplômes avec les business schools étrangères, les cursus intégrés entre écoles de commerce et écoles d'ingénieurs, HEC présente le double diplôme avec Sciences Po. L'idée de cette alliance flottait dans l'air depuis quelques temps déjà et, sans surprise, les dirigeants des deux établissements franciliens ont dévoilé le 5 février la maquette de ce nouveau cursus. Au programme : deux années d'études, une année de césure et un mémoire de recherche pour une « approche complémentaire du monde contemporain ». Au final : deux diplômes de niveau BAC+5 obtenus en cinq ans.

Qui a eu l'initiative de cet accord ?
Un double diplôme HEC-Sciences Po pour les cumulards
Les premières étapes de ce rapprochement sont le fait d'Hervé Crès, directeur délégué de l'école HEC, et de Laurent Bigorgne, le directeur des études de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Après avoir initialement envisagé une coopération dans le champ de la formation continue, ils ont finalement décidé de concrétiser leur projet au niveau de la formation initiale. Selon Hervé Crès, « ce type de projet était en gestation à HEC depuis quelques années. Sciences Po s'est rapidement imposé comme le meilleur partenaire. »

Quel est l'objectif de ce double diplôme ?
L'idée est de former les étudiants au management public aussi bien qu'au management privé, expliquent ses promoteurs. Et accessoirement de faire gagner du temps à des étudiants qui cumulaient souvent HEC puis Sciences Po ou l'inverse. Plus largement, l'alliance de ces deux établissements prestigieux va leur permettre d'asseoir un peu plus leur suprématie. Et aussi d'attirer davantage d'étudiants étrangers de qualité.

Comment ce programme sera-t-il organisé ?
La première année d'études se déroulera intégralement à HEC, un tiers des cours étant assuré par les professeurs de Sciences Po. Après une année de césure, les étudiants suivront ensuite leur dernière année à l'IEP où un tiers des cours sera prodigué par des enseignants de HEC.

Qui sont les étudiants concernés ?
30 étudiants de niveau Bac+3 seront sélectionnés au sein de chaque établissement dans les semaines à venir pour intégrer ce cursus dont la première promotion rejoindra HEC dès le mois de septembre 2008. Les droits de scolarité de ce double diplôme seront ceux de HEC, soit le double de ce que déboursent en moyenne les étudiants de Sciences Po.

D'autres coopérations sont-elles envisagées entre les deux établissements ?
« Des travaux de recherche communs seront menés par le corps professoral des deux établissements dans plusieurs champs scientifiques », annoncent les protagonistes. Il est possible que cette nouvelle alliance donne également lieu à des prolongements en matière de formation continue. Par ailleurs, une institution étrangère devrait rejoindre ce parcours dans les années à venir. On pense immédiatement à la London School of Economics, que les directions de HEC et de Sciences Po prennent souvent en modèle et qu'elles rêvent un jour d'égaler.

Quel est l'établissement qui a le plus à gagner dans cette coopération ?
C'est probablement Sciences Po. D'une part parce que dans la représentation que se faisaient les étudiants des deux établissements, HEC était plus difficile à intégrer. D'autre part, cette alliance pourrait détourner un plus grand nombre d'étudiants des classes préparatoires menant à HEC puisqu'ils seront tentés de présenter le concours de l'IEP directement après le bac plutôt que de subir deux années de prépa. Enfin, l'IEP pourra toujours, après quelques années de coopération et d'apprentissage auprès de son partenaire, lancer sa propre école de management. Tandis que HEC, qui reste uniquement centré sur l'enseignement de la gestion, ne pourra pas lancer une école du type de Sciences Po. On se souvient d'ailleurs qu'il n'y a pas si longtemps, après quelques années de coopération avec le CFJ, l'IEP a lancé sa propre école de journalisme !

Discuter du double diplôme HEC Sciences Po sur le forum

07/02/2008 Observatoire Boivigny
Antoine Teillet


Rédigé par IDe 34 le 16/03/2008 à 12:47 | Permalien | Commentaires (0)

Réforme des IEP

Panne sèche pour le MBA de Sciences Po ?  16/03/2008

Alors que l'Institut d'Etudes Politiques de Paris vient de célébrer en grande pompe la signature d'un double diplôme avec HEC, l'établissement de la rue Saint-Guillaume reste beaucoup plus discret sur l'avenir de son MBA.

D'après nos informations, l'IEP de Paris aurait suspendu temporairement, voire définitivement, ce programme. Le cursus lancé en 1993, qui ne recrutait jamais plus de 35 élèves par an, en a accueilli 25 en moyenne sur les quinze années d'existence, ce qui est peu pour s'assurer d'une visibilité internationale.

Le programme, qui coûtait tout de même 25 000 euros par an (1) n'a jamais décollé dans les classements internationaux. Sa réputation reposait avant tout sur la marque Sciences Po.

Jusque-là, le cursus fonctionnait avec 34 intervenants professionnels et enseignants, mais sans corps professoral permanent. Sciences Po Paris avait décroché l'accréditation AMBA pour ce cursus, mais n'avait ni le label Equis, ni le label AACSB.

NB :

(1) A titre de comparaison, le MBA de Sciences Po coûtait deux fois moins cher que le MBA de l'Insead, le plus réputé en France, le même prix que l'executive MBA de Dauphine et 40% plus cher que le MBA du Celsa.


Rédigé par IDe 34 le 16/03/2008 à 12:44 | Permalien | Commentaires (0)

Réforme des IEP

Sciences Po Paris poursuit sa mue et lance une école de communication  04/09/2007

C'est plus qu'un relifting. Sciences Po transforme ses masters en écoles et donne une plus grande visibilité à ses filières de spécialisation. L'Institut d'Etudes Politiques de Paris, qui bénéficie de la liberté de mouvement d'un grand établissement, voudrait qu'on l'identifie en tant qu'université sélective.

 Sciences Po Paris poursuit sa mue et lance une école de communication
En cette rentrée ouvre une nouvelle école de communication, en un lieu pas comme les autres puisqu'il s'agit de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris. Qui n'en est pas à son premier "coup d'école", puisque l'établissement de la rue Saint-Guillaume, qui dispose déjà d'une école doctorale, avait aussi créé il y a trois ans son école de journalisme. Le projet du directeur de Sciences Po, Richard Descoings, est rien moins que faire muer Sciences po en "université", au sens plus américain que français du terme. "Sciences Po n'est pas une école, mais un établissement d'enseignement supérieur et de recherche. S'il n'y avait un système centralisé législatif, on dirait simplement que c'est une université" puisque Sciences Po en remplit les missions traditionnelles, a-t-il expliqué lors d'un conseil de direction en mai (1). Selon lui, "la notion d'école à l'intérieur des universités est une notion classique", notamment avec les écoles d'ingénieurs. "Il ne faut donc pas avoir peur du mot école dans Sciences Po. (...) on peut transformer d'autres masters en écoles", suggère Richard Descoings.

Quels avantages à structurer Sciences Po en écoles? Il s'agit de rendre la logique administrative plus efficace, de personnaliser davantage l'accompagnement des étudiants, d'accroître la visibilité des formations et d'améliorer les relations avec les universités étrangères et les partenaires professionnels, a exposé le directeur. A condition tout de même de maintenir un brassage des étudiants des différents cursus offerts par Sciences Po, notamment par des troncs communs de cours.

Un métier nouveau
Une formule à tester donc avec ce cursus en communication, qui succède au master communication que proposait déjà l'IEP (2). Aux dires de ses responsables, c'est loin d'être un simple lifting. Jean-Michel Carlo, ancien président de Young & Rubicam Europe et d'Euro RSCG France, directeur général d'Ipsos, qui a pris la direction de l'école de communication, a une autre ambition: "Il m'a semblé que c'était le moment, en utilisant à la fois l'excellence en sciences humaines et sciences sociales de Sciences Po (comprendre, expliquer) et de grands praticiens (à même de pointer le phénomène, de déterminer ses influences, et de l'influencer en retour) de créer une école nouvelle, pour un métier nouveau" (3). Il y a un espace à occuper entre l'approche marketing des écoles de commerce et les formations de niche des universités, juge Sciences Po, qui vient ainsi chasser sur les terres du Celsa. Un diplômé dans ce domaine doit maîtriser à la fois les enjeux sociaux et institutionnels, dans un monde de la communication en pleine mutation avec le numérique. Ce qu'est à même d'offrir Sciences Po, avec comme intervenants le sociologue Bruno Latour, le politologue Pascal Perrineau, le philosophe Gilles Lipovetsky, ou encore des présidents de sociétés comme L'Oréal ou Aegis. Autre originalité: une convention passée avec les Beaux-Arts et les Arts Décos, dont des élèves suivront l'école.

"L'école de la communication", telle qu'elle a été baptisée, a vocation à accueillir une centaine d'étudiants. Dont des premiers cycles de Sciences Po, des étudiants français de formations juridique, économique ou en management notamment, ainsi que des étrangers étrangers - entre 30 et 50%. Ils doivent acquérir durant leur première année les fondamentaux, puis pendant le premier semestre de la 2e année être en alternance 4 jours en entreprise, et 1 à 2 jours à Sciences Po. Pour finir, ils travailleront sur des projets collectifs concrets. Première rentrée le 17 septembre.

NB :

(1) http://www.sciences-po.fr/formation/cd_cp/cd2007/pv/29_mai_2007.pdf
(2) L'ancien master est scindé en deux: l'école de la communication d'un côté, un master marketing et études de l'autre.
(3) http://www.newsletter.sciences-po.fr/articles/NL_06_25_2007_art1.htm

03/09/2007
Alison Cartier

Source : Observatoire Boivigny


Rédigé par IDe 34 le 04/09/2007 à 10:02 | Permalien | Commentaires (1)

Réforme des IEP

Mutualisation de la cinquième année : les conditions  05/03/2007

Voici quelques précisions sur les conditions d'application de la convention de mutualisation mise en place entre les Instituts d'Etudes Politiques.

Au terme de la convention de mutualisation signée par les directeurs des neuf Instituts d'Etudes Politiques, un étudiant de 4ème année de chacun des établissements peut demander à effectuer sa 5ème année dans l'IEP de son choix.

Conditions et procédure :

1) La formation que l'étudiant souhaite suivre dans le cadre de sa 5ème année ne doit pas être proposée dans son IEP d'origine.

2) L'étudiant doit obtenir au préalable l'autorisation d'être candidat auprès de la direction de l'IEP dont il dépend. Il peut formuler plusieurs choix de master.

3) Le candidat doit ensuite être autorisé à s'inscrire en 5ème année par l'IEP qu'il souhaite rejoindre, en fonction des modalités d'admission de chaque IEP.

4) Il obtient le diplôme de son IEP d'origine et un Master de l'IEP d'accueil. Si le parcours choisi n’est qu’un parcours « sec » de l’IEP d’accueil, les étudiants n'obtiennent qu'un certificat attestant de l'obtention de 60 crédits.

5) Les droits de scolarité sont réglés dans l'IEP d’accueil, avec des frais d’inscription complémentaires dans l’IEP d’origine, le cas échéant.

6) Il faut joindre au dossier une lettre de motivation, un CV, un relevé de notes et un programme des enseignements du master demandé.


Source de cette information : http://www-iep.u-strasbg.fr/


Rédigé par IDe 34 le 05/03/2007 à 19:15 | Permalien | Commentaires (0)

Réforme des IEP

Tous les masters à Sciences-Po  10/09/2006

Les Instituts d'Etudes Politiques aussi sont passés au LMD. A l'origine ces établissements proposaient des cursus en trois ans, ce qui explique pourquoi au moins 85% des diplômés de Sciences-Po d’alors poursuivaient leurs études ailleurs ou effectuaient un cursus en parallèle de l'IEP.

Assez curieusement, un diplôme d'IEP donnait accès aux troisièmes cycles (alors intitulés DESS et DEA), si bien que celui-ci était généralement considéré comme un Bac+4.

Vers la fin des années 90, les IEP ont progressivement rendu obligatoire une année à l'étranger, si bien que leur cursus est véritablement devenu un Bac+4, et pas seulement sur le papier. Au moment du passage au LMD, ils ont naturellement choisi une sortie par le haut, à savoir un positionnement à Bac+5.

Un master, mais pas de licence
Le cursus à Sciences-Po dure désormais cinq ans (pour les candidats bacheliers, deux ans pour ceux qui rentrent directement en master) et débouche sur la délivrance d'un master. Pour l'instant, aucun IEP ne prévoit de sortie au niveau L, mais il apparaît hautement probable que cette opportunité sera étudiée par ces établissements avec attention dans les années à venir, à commencer par l’IEP de Paris.

Afin de meubler leur cinquième année, les IEP de régions ont multiplié les partenariats : entre eux tout d’abord, mais aussi avec les universités et les écoles de journalisme. Aujourd’hui, l’offre de masters est fournie et permet de satisfaire à peu près toutes les vocations.

La mutualisation de la cinquième année entre les IEP de régions offre ainsi la possibilité à un étudiant étant, par exemple, scolarisé à Toulouse, d’aller effectuer sa cinquième et dernière année à l’IEP de Lille, si c’est là qu’est offerte la spécialisation qui l’attire. Et ce, après avoir subi une sélection. Cela ne change pour ainsi dire pas grand-chose puisque les diplômés d’un IEP ont toujours eu la possibilité d’aller effectuer leur troisième cycle dans un autre.

On trouve ici la liste des masters proposés par les différentes IEP en France :

Anciens-IEP.net




Rédigé par Ide 34 le 10/09/2006 à 16:26 | Permalien | Commentaires (0) | Trackbacks (0)

Réforme des IEP

Dans les méandres des nouveaux diplômes des IEP  06/07/2005

Après l'Institut d'Etudes Politiques (IEP) de Paris, les huit autres IEP ont déployé des efforts considérables pour s'adapter au système LMD d'harmonisation des diplômes européens, qui entraîne le passage de 4 à 5 ans de leur scolarité. La réforme se met en place petit à petit - pour certains établissements comme l'IEP de Bordeaux depuis la rentrée 2004 - et elle ne manque pas de semer le trouble parmi les candidats à ces cursus démultipliés.

Comment s'y retrouver entre "diplôme de master", "grade de master", "voies du diplôme"? Comment choisir alors que les formules n'ont pas été encore éprouvées? Vers quoi s'acheminent les diplômés à l'issue des 5 années d'études ? Autant de questions auxquelles les établissements répondent avec plus ou moins de clarté, si l'on s'en réfère à leurs sites internet, souvent première voie d'accès pour les candidats. Ils doivent savoir que les IEP entendent désormais se suffire à eux-mêmes. Ainsi l'IEP de Bordeaux affirme que tout titulaire d'un diplôme qu'il délivre "doit pouvoir se présenter sur le marché de l'emploi et espérer (...) trouver un emploi de niveau “ Bac+5 ”, dans des délais que l'on qualifiera de raisonnables". L'essentiel est de réussir le concours d'entrée - des accès sont aussi possibles en 2e, 3e, 4e et 5e année (pour un master en 1 an) selon les établissements. Il faut se déterminer assez rapidement quant à ses intentions de carrière. Grâce aux différents partenariats et passerelles mis en place, la palette offerte aux heureux élus est quasi infinie...Usine à gaz ou excellence “ Sciences Po ” maintenue?

Les IEP proposent de 5 (Rennes) à 29 (Bordeaux) parcours différents, menant soit à un diplôme national de master, construit avec l'université, soit à un diplôme propre à l'établissement qui a simplement le grade de master. On peut gager que cela fera peu de différences sur le marché du travail, ce qui compte étant le cachet de l'établissement ou du diplôme lui-même. Il existe souvent une sélection pour entrer en 1ère année de master (M1), même pour les étudiants ayant suivi le 1er cycle de l'IEP concerné. Enfin, les instituts ont signé des accords pour qu'il soit possible aux étudiants d'effectuer leur 5e année (M2) dans un autre IEP, et ainsi d'obtenir le diplôme de l'IEP d'origine et le master de l'IEP d'accueil. Reste à voir si en pratique ces échanges seront facilités.

A Aix, après le choix d'une section en 2e année, l'étudiant passe la 3e à l'étranger, dans une entreprise, l'administration ou à l'université. En 4e année, il faut sélectionner "communication et journalisme", "modes d'action politique comparés", "religion et société", "administration et entreprises en France et en Europe" ou, nouveauté à la rentrée 2005, "monde chinois des affaires". En 5e année, l'unique master d'études politiques que délivre l'IEP se décompose en 12 spécialités dont les plus notables sont "management interculturel et médiation religieuse", "commande publique, régulation économique et concurrence", "journalisme politique à l'international" et "histoire militaire, défense et politiques de sécurité" (avec l'université Montpellier III). D'autres partenariats sont projetés.

A Bordeaux, les 1ère et 2e années sont généralistes. La 3e année se fait à l'étranger ou à l'IEP. L'étudiant s'engage ensuite dans un des 29 parcours, pour les deux années restantes. De quoi donner le vertige entre le master "gouvernance des institutions et des organisations" divisé en 4 mentions, et le master "sciences de gestion et du management" en 3 mentions (la 5e année se fait alors à l'université Bordeaux IV ). Les mentions elles-mêmes donnent lieu à des spécialisations qui balaient tous les champs. Seuls 4 des parcours sont labellisés "recherche". Le stage est obligatoire dans le cadre des parcours dits professionnels. Une 5e année intitulée "objectif ENA", réservée à 10 étudiants, prépare à la Prep' ENA elle-même. Parmi les nouveaux partenariats noués par l'IEP de Bordeaux, on note celui avec l'Université de Laval au Québec pour une spécialité "affaires publiques et représentation des intérêts" (parmi les débouchés visés, les cabinets de lobbyistes), ainsi que celui avec l'Université de l'Amitié des peuples de Moscou pour "intégration européenne et développement global" (pour tous les métiers concernant l'ex-URSS).

A Grenoble, le choix d'une section se fait dès la 2e année, à l'ancienne, entre économie et finances, politique et économie sociales (qui vise à "comprendre les phénomènes sociaux contemporains"), science politique et service public. En 3e année, il faut en plus choisir un séminaire, afin de s'initier à la recherche et de rédiger un mémoire. Une "année d'ouverture" peut être insérée dans le cursus. 13 filières sont proposées dans le cadre du 2e cycle, construit avec l'Université Pierre Mendès France. Les 2 mentions de master - "politiques publiques et changement social" en sciences politiques et "Europe: gouvernance, intégration et intelligence européennes", interdisciplinaire - se subdivisent en 8 spécialités dont la très courue "direction de projets culturels". En outre, l'IEP présente 3 voies du diplôme. L'établissement est associé à l'IAE de Grenoble, ce qui va permettre à des étudiants d'opter en 5e année pour l'apprentissage, comme dans une école de commerce.

A Lille, après le choix d'une des 5 sections en 2e année, puis une 3e année à l'étranger, les étudiants poussent leur spécialisation et suivent en 5e année un des 11 parcours existants qui mènent tous au diplôme de l'IEP seul. La section "politique, économie et société" est particulièrement riche, d'un parcours "politiques territoriales de développement durable" à un parcours "préparation à l'agrégation de sciences sociales", en passant par "médias et société". Pour 2006-2007, annonce l'IEP, s'ouvriront trois nouveaux parcours: "communication institutionnelle et financière de l'entreprise", "politique et société en Amérique latine" et "métiers de la vie politique, syndicale et associative".

A Lyon, la spécialisation des étudiants est précoce, dès le 4e semestre dit "d'orientation", entre communication, affaires internationales, affaires publiques - on remarque l'absence de cursus économie et finances. Puis la spécialisation se poursuit en 3e année, période de mobilité académique (à l'étranger notamment) ou professionnelle (stages). Cet IEP offre 4 masters co-habilités avec l'université Lyon II, subdivisés en 10 spécialités, ainsi que trois autres voies propres à l'établissement qui débouchent sur le simple diplôme de l'IEP. On note que 7 des spécialités (3 professionnelles, 4 recherche) se font en sciences politiques.

A Rennes, où l'année à l'étranger est obligatoire, ce sont seulement 5 parcours (en M2) qui figurent pour le moment au menu de l'établissement. Un large master "sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion" peut se faire en spécialité recherche ("action et espaces publics en Europe") ou professionnelle ("expertises de l'action publique territoriale"). Avec l'université Rennes I, l'IEP présente un master "ingénierie des services urbains en réseaux dans les pays en voie de développement". Il existe aussi un master "politiques européennes". Enfin, l'institut a converti son DESS "management de la presse écrite" en un master, selon les mêmes modalités, afin de donner "une double compétence de gestionnaire et de juriste" selon ses promoteurs.

A Strasbourg, au statut particulier puisque l'institut est interne à l'université Robert Schuman, il est possible d'effectuer la 5e année à l'université, dans un autre IEP bien sûr, et aussi de construire "un projet personnel validé par l'IEP, en relation avec le cursus effectué". L'IEP lui-même propose, en lieu et place de l'ancien DEA et des deux DESS, pas moins de 16 parcours. La 4e année consiste en une pré-spécialisation (administration publique, études européennes, économie et entreprises), et le master débute véritablement en 5e année. Parmi les points forts de l'établissement, on compte les sciences politiques, le droit (avec l'université Nancy II), l'Europe. On observe que la Prep' ENA peut se faire en 2e année de master (il s'agit de la spécialité "administration d'Etat" au sein de la mention "administration publique"). L'établissement strasbourgeois décidément resserre la scolarité: il est aussi le seul IEP à proposer un double cursus en 5 ans et non 6 avec une école de journalisme, le CUEJ en l'occurrence.

A Toulouse, la 3e année est très souple, avec des possibilités d'études à l'étranger combinées à des stages en France ou à l'international, ou encore une pré-spécialisation. A chacun de se prendre en main. En 4e année (M1) il faut choisir entre 4 spécialités à chaque semestre (administration, relations internationales, économie, communication et journalisme). En 5e année commence vraiment le master, avec l'université Toulouse I. Ce diplôme unique en sciences politiques se décline en 9 spécialités, dont les plus originales sont "réponse publique à la délinquance", "économie du tourisme international", "management public territorial" en partenariat avec l'IAE. L'IEP offre une spécialité "journalisme" assez complète avec des enseignements pratiques et un stage de 3 mois minimum.

On le voit: l'offre des IEP est sans commune mesure avec ce qu'ils proposaient précédemment, grâce à leur association avec les universités, et prochainement des grandes écoles comme ils l'annoncent. Jusqu'à concurrencer sérieusement ces dernières... Ainsi l'ambition de certains instituts, avec la spécialisation journalisme par exemple, est non seulement de préparer les étudiants aux concours des écoles type ESJ, CFJ ou IPJ, mais aussi de former des professionnels prêts à intégrer les rédactions. De même les déclinaisons en économie et finances n'ont parfois rien à envier à une école de commerce. Reste que ces formations doivent faire leurs preuves, même si les IEP capitalisent sur leurs anciens DEA et DESS bien établis, ainsi que les professeurs renommés. Le pari d'être à la fois généraliste et spécialisé n'est pas gagné. D'autant que les niches qu'occupent chacun ne sont pas encore bien établies, des IEP n'hésitant pas à afficher que certaines filières fermeront si les candidats ne sont pas au rendez-vous.
Par ailleurs, ce foisonnement de parcours aurait largement gagné en lisibilité s'ils avaient été établis sur la base d'un schéma commun aux différents IEP. Une offre à la fois commune et complémentaire aurait permis à ces établissements de renforcer leur présence au sein du paysage éducatif français.


Source : Observatoire Boivigny

06/07/2005
Alison Cartier


Rédigé par Ide 34 le 06/07/2005 à 12:41 | Permalien | Commentaires (0) | Trackbacks (0)