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A quoi ressemblent les études d’un ingénieur ? Exemple à l’Ensam

David Allais

Trois ans, c’est la durée minimale des études des futurs ingénieurs Gadzarts. Parfois, c’est un peu plus, au gré des stages ou des séjours à l’étranger. Plongée dans le cursus d’un étudiant à l’Ecole nationale supérieure des arts et métiers (ENSAM) ou « Arts et métiers ParisTech », selon la marque qu’elle a adoptée en 2007.

« Aux Arts et métiers, nous avons beaucoup d’heures de cours par rapport à d’autres école, il y a notamment un gros volume de travaux dirigés », décrit Vincent, 21 ans, en fin de deuxième année à Arts et Métiers ParisTech, établissement qui forme environ 1100 ingénieurs par an. « Pour sécher, c’est dur ! », poursuit-il d’un ton malicieux. Vincent a effectué sa première année à Angers. L’ENSAM se répartit en effet en huit centres et trois instituts spécialisés. « Chaque centre a sa spécialité et son aire de partenariat géographique », explique Marc Le Coq, directeur adjoint de l’ENSAM. « Bordeaux se concentre sur l’aéronautique et sur les échanges avec le monde hispanique, Lille s’occupe des formations sur l’énergie, Metz a des relations étroites avec l’Allemagne ». En fonction de leurs choix, les étudiants des Arts et métiers évoluent entre les sites. Seul celui de Paris n’accueille pas d’étudiants de première année. En revanche, il propose désormais des cours de deuxième année, et les cours de troisième année, qui étaient historiquement basés à Paris, existent désormais sur tout le territoire hexagonal. Avec l’obligation de partir un mois au minimum à l’étranger, chaque étudiant fréquente, a priori, au moins trois sites pendant ses études.

Un cursus qui monte en intensité
Les études à l’ENSAM se déroulent en six semestres. Au début du premier semestre, les nouvelles promotions sont réparties en deux groupes, l’un composé des étudiants provenant d’un IUT ou d’une prépa Physique et Technologie (PT) et l’autre de ceux provenant des prépas Maths Physique (MP), Physique Chimie (PC) et Physique Sciences de l’ingénieur (PSI). « Le début d’année est assez light », précise Vincent, « il n’y a pas beaucoup de travail à la maison, les journées sont essentiellement composées d’amphi, mais attention à ne pas s’endormir car les choix des parcours internationaux se font dès le premier semestre. Le classement à la fin des six premiers mois de la scolarité est donc primordial pour la suite des études ». Les étudiants s’initient à différentes matières comme la mécanique des fluides, la transformation d’énergie, les relations entre l’homme, la société et les entreprises ou encore l’anglais. Le matin, les cours commencent à 7h45 et durent jusqu’à 11h45. Ils recommencent à 13h15 et finissent à 17h15. Les jeudis après-midi sont libérés pour le sport universitaire. « Au fur et à mesure, il y a de moins en moins d’amphi et de plus en plus d’exercices dirigés, de travaux pratiques et de travail sur des projets », ajoute Vincent.

« Au second semestre, les journées sont beaucoup plus chargées avec beaucoup de travail personnel demandé. Tous les projets doivent être rendus en même temps. Il faut également préparer les examens de fin d’année. Une bonne organisation est nécessaire pour ne pas se retrouver débordé à la fin. Il n’est pas rare de finaliser des projets tard dans la nuit si, justement, on ne possède pas ce sens de l’organisation », estime-t-il. A l’issue de ces deux semestres, les étudiants de l’ENSAM effectuent un stage exécutant de 8 semaines.

Travail en mode projet
Après une année à Angers, Vincent est allé étudier sur le site parisien de l’ENSAM. En seconde année, la promotion est une nouvelle fois divisée en deux : une partie étudie au premier semestre le génie mécanique (mécanique vibratoire, mécanique non linéaire, électricité, méthode numérique, transmissions fluidiques, matériaux, transformation des matériaux, traitement des matériaux…) et l’autre, le génie industriel (machines et systèmes énergétiques, asservissement, approches économiques et sociales, configuration des systèmes de production, base de données, projet métier, technologie et conception des systèmes de transformation de mouvement). Les groupes permutent au semestre suivant. Les cours de génie industriel commencent à 8h du matin par trois heures d’amphi ou quatre heures de projet. Les projets se font en partenariat avec un industriel et durent tout le semestre. Les cours reprennent à 13h pour une série de trois exercices dirigés d’1h30 chacun. Ce sont parfois des travaux pratiques notés (exemple : bâtir une base de données), et parfois des projets qui demandent un investissement horaire plus conséquent. Les cours de génie mécanique suivent le même schéma, mais il y a davantage de travaux dirigés et moins de travail sur projet.

Spécialité start-up
A quoi ressemblent les études d’un ingénieur ? Exemple à l’Ensam
A la fin de la deuxième année, les étudiants partent pour trois mois effectuer un stage d’ingénieur assistant. Il peut s’agir, par exemple, de participer à la construction de routes en Indonésie, comme l’a fait Alex, 23 ans, en fin de cursus à l’ENSAM, ou de travailler dans une entreprise de machines-outils en Angleterre, comme Rémy, 22 ans, camarade de promotion d’Alex. La troisième année est celle de la spécialisation. Elle comprend un semestre de cours et un semestre consacré à un projet d’expertise en association avec un des 18 laboratoires de l’ENSAM ainsi qu’une entreprise. Les vœux sont formulés en fin de deuxième année. Parmi les projets de troisième année, il y a ceux qui s’inscrivent dans le parcours Entreprendre aux Arts et Métiers (appui au développement de start-ups). Les étudiants qui ont un projet peuvent le préparer pendant la première partie du cursus et se lancer lors de leur spécialisation. Ils pourront ensuite, si leur projet tient la route, obtenir des financements de l’un des incubateurs liés à l’ENSAM. Cela concerne une vingtaine d’étudiants par an et l’école souhaite multiplier ce chiffre par deux.

L’ENSAM a également mis en place une Certification de management de projet. En fonction d’une évaluation réalisée tout au long du cursus, une quarantaine d’étudiants ont obtenu, en 2009, cette certification en plus de leur titre d’ingénieur. Le dispositif à été mis en place à la suite d’une enquête réalisée en 2003 auprès de 160 DRH dont les résultats montraient une attente des entreprises en termes de management de projet.

C’est en troisième année également que les étudiants qui souhaitent partir étudier à l’étranger le font. Vincent poursuivra ses études à Georgia Tech aux Etats-Unis et finira son cursus avec un double diplôme. La routine de l’ENSAM commence à le lasser. Il a déjà la tête ailleurs : bientôt, le rêve américain…


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