Observatoire Boivigny : chiffres, strat�gies et actualit�s des �tablissements du sup�rieur
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Qui tient les cordons de la bourse des �coles de journalisme ?
La question du financement des �tablissements priv�s et publics
Les �coles de journalisme connaissent de fa�on chronique un �quilibre pr�caire, celui de leurs budgets. L�ann�e 2003 a �t� tr�s agit�e dans ce secteur, avec un nouveau d�p�t de bilan pour le CFPJ, et l�annonce par Sciences Po Paris de l�ouverture de sa propre fili�re en journalisme � la rentr�e 2004, soit une nouvelle concurrence dans le partage de la taxe d�apprentissage. Mais les �coles ont d'autres ressources.
"Cette affaire a gravement nui � l�image de la formation au journalisme", d�plore le pr�sident de l�ESJ � propos de la reprise du CFPJ, qui abrite le CFJ (formation initiale) par EFE (Edition Formation Entreprise), � une soci�t� commerciale �trang�re � la profession �. Herv� Bourges ne m�che pas ses mots : cette "affaire" a �t� pr�judiciable � "l�implication professionnelle dans la gestion de centres associatifs" (l'ESJ comme le CFJ, l'EJT et l'IPJ, a le statut d'association), et "elle a d�truit la confiance des banquiers et des organismes qui accompagnaient traditionnellement nos �coles dans leurs investissements" (1).
Au d�but du mois, le CFPJ s�est appliqu� � pr�senter un budget � l��quilibre : � nous n�avan�ons rien que nous ne puissions financer, mais nous avons rationalis� � et supprim� des �d�penses inutiles �, a garanti le pr�sident du CFJ Henri Pigeat.

G�rer le budget d�une �cole de journalisme est une exercice ardu, attestent unanimement les dirigeants des �tablissements. � Nous y arrivons, nous ne faisons pas de d�penses somptuaires �, d�clare Bertrand Thomas, directeur de l�EJT. � Il en va de l�ind�pendance de l��cole, valeur essentielle pour nous �, selon Pascal Gu�n�e, directeur de l�IPJ. C�est que la formation revient cher, en raison des �quipements et de l�encadrement (permanents et intervenants) n�cessaires. Le co�t annuel d�un �tudiant est estim� � 20000 euros, � le prix de la qualit� �, par l�ESJ.

Pas d'assises financi�res solides
L'�cole de la rue Gauthier-de-Ch�tillon, � Lille, a tenu ses d�penses � la hauteur des recettes en 2002-2003, pour la 5e ann�e cons�cutive, gr�ce � de petites �conomies : ventes des publications de l�ESJ, des annales du concours d�entr�e, droits de concours (150 euros par personne), publicit� r�colt�e pour les magazines r�alis�s par les �tudiants�Mais le budget, tr�s serr�, n�assure pas d�assises financi�res solides (exc�dent brut d'exploitation de 70 700 euros en 2002-2003, absorb� par les frais financiers et les investissements), de l�avis de plusieurs anciens de l��cole. C�est par exemple une contribution exceptionnelle du conseil r�gional du Nord-Pas-de-Calais qui permettra de renouveler une partie du parc des ateliers audiovisuels et PAO en 2004. O� donc trouver de nouveaux fonds?

Pas du c�t� de la formation continue puisqu�elle doit rester l�galement ind�pendante de la formation initiale. N�anmoins, des �l�ments de la premi�re, comme les �quipements, b�n�ficient � la seconde. En ce qui concerne la taxe d�apprentissage, premi�re ressource des �coles priv�es (2), la chasse est ouverte aupr�s des entreprises de presse, parfois des entreprises hors presse, qui choisissent de la verser � ce type de formation. Cette recette s�av�re assez fluctuante, surtout lorsqu�elle provient d�entreprises �trang�res au secteur. Et le contexte �conomique actuel pour la presse n�est pas tr�s porteur.

Reste les droits de scolarit� : ils ont augment� fortement ces derni�res ann�es dans les �coles priv�es, jusqu�� 3000 euros annuels � l�ESJ et au CFJ par exemple. Ils s��l�vent � 3350 euros � l�EJT, somme � bloqu�e depuis huit ans � d�apr�s son directeur. A l'IPJ, les frais d�inscription ont fait un bond de 60% � la rentr�e 2001, de quelque 2900 � 4300 euros, malgr� la vive opposition des �tudiants. Ceux-ci ne peuvent pas toujours r�gler ce montant avec leurs r�mun�rations de stage entre les deux ann�es du cursus. La marge de man�uvre est donc restreinte en la mati�re, sous peine d�entraver l�acc�s aux �coles des moins fortun�s.

Beaucoup de bonne volont�
Certains font pour cette raison le choix d�une �cole publique : les formations du CUEJ, du CELSA, de l'EJCM, des IUT de Tours, Bordeaux et Lannion ainsi que de l�ICM sont reconnues par la profession et l�enseignement y est de qualit�. Certains �tablissements, comme le CUEJ, n�appliquent aucun droit sp�cifique en plus des droits universitaires, � pour ne d�favoriser personne � selon Martine Lejonc, responsable de la scolarit�. D�autres demandent une � contribution p�dagogique �, de 838 euros par an � l�EJCM notamment. � Ce tarif n�a pas boug� depuis 7 ans �, insiste son directeur Patrick-Yves Badillo, qui ajoute que � sans cela, nous n�aurions pas de cam�ras �. Cette somme repr�sente environ 5% du co�t r�el de la formation.
� Il faut beaucoup de bonne volont� pour boucler le bugdet. Nous y parvenons car l�Etat prend en charge les salaires et nous n�avons pas d�objectifs de carri�re �, pr�cise-t-il. La dotation de fonctionnement vers�e par le minist�re n�est pas plus importante proportionnellement pour les fili�res en journalisme que pour les facs de lettres. Chacun sa recette : le CELSA, �cole interne � l�universit� paris IV Sorbonne, parvient � �un �quilibre plus global�, selon sa secr�taire g�n�rale Christine Mahuzier, entre ses diff�rents d�partements (ressources humaines, marketing, communication�). Dans un contexte o� la concurrence est de plus en plus vive, o� les subventions publiques sont plut�t � la baisse, les �coles de journalisme publiques comme priv�es n�ont d�autre choix que la rigueur et la parcimonie. Alliances ou fusions n'�tant pas � l'ordre du jour.

Un exemple de la r�partition des recettes et d�penses: � l'ESJ
(chiffres provenant de la plaquette de l'ESJ pour sa campagne de collecte de la taxe d'apprentissage)
Recettes :
taxe d'apprentissage :48%
scolarit� : 25%
concours, annales, publications : 14%
subventions : 13%

D�penses :
personnel permanent (dont huit formateurs) : 48%
p�dagogie : 25%
locaux, mat�riels : 22%
frais financiers : 5%

NB :
(1) source : site de l�ESJ Lille, rubrique "anciens", gazette de janvier
(2) part de la taxe d�apprentissage dans les ressources financi�res :

CFJ : 75%
IPJ : 50%
ESJ : 48%
EJCM : 20 � 25%


(chiffres communiqu�s par les �coles)


Alison Cartier
2004-02-13

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