Dans le magazine Capital de octobre 2006 on peut lire que les élèves de Normale Sup reçoivent un salaire mensuel de 1300 euros, ceux de l'Ena un salaire compris entre 1400 et 2100 euros et ceux de Polytechnique de 500 euros.
Si l'on considère en outre le coût que ces étudiants représentent pour le contribuable (taux d'encadrement, locaux de qualité, intervenants qualifiés...) on mesure le décalage qu'il y a avec l'université.
Il est vrai que les élèves des trois grandes écoles publiques en question sont ultra-sélectionnés, ce qui n'est pas le cas pour les étudiants de l'université (du moins pas en premier cycle), cela justifie-t-il une telle dépense publique ?
Probablement pas, car les anciens élèves de l'X ou de l'ENS n'ont pas de mal à se caser sur le marché du travail...ils sont mêmes censés, du moins pour ceux issus de normale sup et de l'Ena, travailler pour l'Etat pendant 10 ans en échange du paiement de leurs études. Mais de plus en plus d'anciens se soustraient à cette obligation...et l'esprit service public s'est largement délité au profit de l'appel du privé.
Plus rien ne justifie le versement d'un tel salaire à des étudiants déjà privilégiés...
01/10/2006 16:11:22
Charles
c'est toujours un peu facile de taper sur l'ENA ! Mais c'est également curieux qu'il faille justement être un technicien de l'administration pour être un bon ministre. N'est-ce pas le signe que le système administratif a pris le pas sur le politique ? De toute façon le problème des réseaux d'influence ou du renouvellement du personnel politique français ne se résume pas à l'Ena. Si l'on ne veut pas que le personnel politique soit majoritairement issu de la fonction publique, il faut faire en sorte qu'un fonctionnaire qui se lance en politique ne retrouve pas son poste, même 20 ans plus tard.
rapmar
Ben, à former des "hauts-fonctionnaires", non? Ou alors il fallait comprendre qu'elle ne sert à rien?... C'est vrai que tout le monde dit -les énarques les premiers - que c'est une école de classement, où l'on apprend rien. Je ne suis pas sûr que ce soit aussi simple. D'abord parce que la préparation du concours d'entrée implique une sacrée mise à niveau sur des matière très techniques. Mais c'est vrai que l'intérêt de la scolarité elle-même est plus douteux. D'autre part, cette école produit quand même des des super techniciens de l'administration. Il y a qu'à voir comme les ministres issus de la "société civile" se plantent bien souvent, justement parce qu'ils ne savent pas tirer parti de l'administration. Après, savoir si ce sont les bones personnes pour réformer l'administration et s'interroger sur les missions de l'Etat, ça c'est une autre question...