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| Tane |
Je voudrais juste souligner en complément à ce que vient de dire ce cher Erasme que la Conférence des Grandes Ecoles avait d'ailleurs vu d'un très mauvais oeil en son temps l'utilisation du terme master pour la réforme LMD, craignant des incompréhensions et des confusions entre MS, masters etc.
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| ide 34 |
Bonjour JIP et merci pour ce point de vue argumenté. Si je me posais la question de la « valeur » des MS, c’est tout simplement parce que je me suis rendu compte que des DRH de grandes entreprises (je ne parle pas de la PME du coin) ne savaient pas ce qu’étaient les MS. Quand on leur dit mastère spécialisé de telle école, ils comprennent « master » au sens grade de master (bac+5) et ne font donc aucune différence avec le master universitaire. Je trouve cela curieux, alors que les MS sont vendus comme des programmes conçus avec et pour les entreprises. Qui sont ces employeurs spécialisés qui connaissent le programme ? Il me semble que le fait que le MS soit en théorie un Bac+6 ne change donc pas grand-chose aux yeux des recruteurs. Les MS pourraient être des Bac+5 recrutant à Bac+4, ils auraient la même valeur. C’est ce que je voulais dire. Pour le reste je suis d’accord avec votre analyse, sauf peut-être sur un point : le fait que « les écoles les plus prestigieuses (cherchent) à sélectionner attentivement les candidats en évitant ceux qui n'ont pour objectif que d'upgrader leur première formation ». Il me semble que c’est le gros de leur clientèle, même si elles s’en défendent…si les grandes écoles cherchent à éliminer ce type de candidats, elles doivent le faire très mollement….non ? |
| Jip |
Quelle est la valeur des Masters Spécialisés ? Question un peu surprenante sous le clavier d'un journaliste connaissant l'enseignement supérieur. Les MS existent depuis vingt ans et sont bien connus des employeurs...spécialisés. Et il suffit d'aller sur le site de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) pour avoir des chiffres sur le placement, très satifaisant, des MS.
Ecrire "ils coutent plus de 10 000 euros pour six mois de cours (+6 mois de stages)..." avec des points de suspension, c'est laisser entendre que l'étudiant n'en a pas pour son argent. C'est un peu rapide. En six mois l'étudiant aura plus d'heures de cours (obligatoires) qu'en une année de master 2 universitaire. Et le stage est une mission en entreprise supervisée faisant l'objet d'une "thèse professionnelle", c'est à dire un gros mémoire de recherche appliquée, qui fera l'objet d'une soutenance devant un jury. Ces caractéristiques sont vérifiées par la CGE qui attribue ou non le label "MS" de grande école. Les prix élevés correspondent à une formation facturée aux coûts réels auxquels s'ajoute un bonus qui abonde le budget du programme "grande école" qui lui n'est jamais facturé aux coûts réels. Les MS financent donc leurs camarades.
Ceci étant dit, tous les MS sont-ils "de bonnes affaires" ? Certainement non. Pourquoi ?
Il faut rappeler qu'il s'agit de diplômes de deuxième spécialisation. Exemple l'ingénieur en électronique qui fait un MS d'otique parce qu'il veut faire de l'opto-électronique, l'ingénieur en béton armé qui veut faire de la gestion de projets pour faire des travaux publics, le diplômé d'école de management (spécialité marketing) qui veut faire du marketing industriel ou de l'achat international, etc. Seule une bonne compréhension de ce rôle par l'étudiant(e) va donner de la valeur à ce diplôme. La valeur ajoutée dépend :
1 - du diplôme antérieur. Un diplômé d'une "petite" école d'ingénieur qui fait un MS à Hec ou à l'Essec va avoir un gain en employabilité supérieur à un centralien qui irait faire un MS à l'Esc Romorantin. Ceci conduit les écoles les plus prestigieuses à sélectionner attentivement les candidats en évitant ceux qui n'ont pour objectif que d'upgrader leur première formation.
2 - de la valeur intrinsèque du MS qui, en gros, est fortement corrélée avec le rang de l'école. Un Master 2 de Dauphine aura du mal à concurrencer un MS d'Hec ou de l'Essec, mais peut être un choix judicieux en comparaison d'un MS d'une école de moindre réputation. Les termes de l'échange sont affaires de moyens et de préférences personnelles.
3 - principalement de la cohérence du projet professionnel qui justifie qu'un(e) diplômé(e) de niveau master fasse une sixième année. Un MS bien choisi garantit pratiquement l'entrée dans le milieu professionnel convoité. Très peu de Masters universitaires ont cette caractéristique d'osmose avec un petit monde professionnel, même à Dauphine. Inversement une année couteuse de MS peut ne servir à rien si la vocation pour ce petit milieu n'est pas affirmée ou ne nécessitait pas ce détour. Les employeurs suspectant les études anormalement longues d'être du "tourisme académique" ou de l'indécision, un MS mal choisi peut même avoir des effets négatifs.
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| ide 34 |
...et ils coûtent plus de 10 000 euros pour 6 mois de cours (+6 mois de stages)...
Je me demandais donc quelle était leur valeur exactement. Je n'ai pas d'avis tranché sur la question. Je pense que le label d'une grande école reconnue sur un CV c'est très utile quand on cherche un emploi...mais je me demande juste si un master à Dauphine ou à la Sorbonne ne peuvent pas remplir exactement la même fonction. |
| ide 34 |
Qui connait les mastères spécialisés ? Et qui saurait énumérer les différences avec un master universitaire ? Pas grand monde, ni du côté des entreprises, ni du côté des étudiants...Et pourtant c'est un cursus très spécifique qui se déroule en un an de Bac+5 à Bac+6. |
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