Vers un test d’aptitude après le bac anglais pour intégrer l’université



 
250.000 élèves ont passé le A-level (équivalent du baccalauréat français) en Angleterre, au Pays de Galle et en Irlande du Nord cette année. 96% l’ont décroché. Cela ne vous rappelle rien ? Certes, on n’atteint pas en France de tels taux, mais la situation est similaire sur plusieurs points. Les universités de Grande-Bretagne, qui sont contraintes par des quotas de places, ont des difficultés à choisir entre les élèves obtenant les meilleurs notes. D’où l’idée, émise par la commission de réflexion présidée par Steven Schwartz (un Américain qui a dirigé l’université Murdoch en Australie avant de devenir vice-chancelier de l’université Brunel de Londres), d’un nouveau test pour évaluer les aptitudes des candidats.

Celui-ci serait national, tout comme le A-level. Il n’aurait rien à voir avec les notes données dans les lycées, et serait semblable au SAT (Scholastic Assessment Test) américain. Le projet a cependant divisé la commission Schwartz. 2 millions d’étudiants aux Etats-Unis passent chaque année le SAT, qui existe depuis 70 ans. Mais il induit des discriminations : nombre d’élèves suivent des cours spécifiques (coaching) pour mieux le réussir… Les syndicats étudiants de Grande-Bretagne ont parlé de difficultés supplémentaires posées à l’enseignement supérieur si une telle mesure était introduite.

Soutien des présidents d’université
Mais le rapport Schwartz avance d’autres mesures afin d’aider les étudiants issus de la classe ouvrière à postuler aux Oxford, Cambridge et autres universités d’élite – l’équité était l’objet initial de réflexion de sa commission - tel le système PQA ou Post Qualifications Applications. Ce système impliquerait que les futurs étudiants se portent candidats dans tel ou tel établissement selon les notes obtenues au A-level, et non auparavant sur la base d’évaluations des notes à venir, comme c’est le cas aujourd’hui. Des élèves de milieux défavorisés qui obtiendraient de meilleurs notes que celles attendues seraient ainsi incités à se porter candidats dans de prestigieux établissements, et même favorisés lors des admissions selon les préconisations de Steven Schwartz .

Le secrétaire à l’Education Charles Clarke a mis en place un groupe de travail pour étudier les mesures proposées par le rapport, avec le soutien des présidents d’université, qui tiennent à garder leur mainmise sur les admissions.

A.C. 
2004-09-26
source http://www.boivigny.com