| Erasmus Mundus : les 19 premiers masters sélectionnés |
La Commission européenne a dévoilé le 22 septembre la liste des 19 premiers masters du programme Erasmus Mundus sélectionnés, sur un total de 100 à terme. Ces cursus inter-universités (de niveau bac+5) impliquent la participation pédagogique et logistique d’au moins trois établissements d’enseignement supérieur de trois pays européens. Il s’agit de la première et plus importante étape du programme en question puisque toute sa crédibilité repose sur le succès de ces masters, et notamment leur capacité à attirer des candidats et à renforcer la coopération entre universités. Le programme Erasmus Mundus, pour lequel un budget de 230 M€ est prévu pour la période 2004-2008, va toutefois au-delà de ce processus de labellisation de cursus internationaux et comprend également un plan d’attribution de bourses de mobilité, le soutien à des projets transversaux pour l’éducation en Europe ou encore l’ouverture des universités européennes à des pays tiers. Ce programme constitue une nouvelle étape du processus de Bologne qui vise à former un espace européen de l’éducation intégré. Il est certainement, pour ce qui est de l’enseignement supérieur, la plus importante initiative depuis 1987 et le lancement du programme Erasmus de mobilité des étudiants dans l'Union européenne. La Commission, qui ne peut se permettre de rater l'occasion, met en valeur les nouveaux cursus du mieux qu'elle le peut. Elle parle ainsi de masters de " très haut niveau ", et " d’une qualité remarquable ". La liste des 82 premières universités sélectionnées (dont 13 universités allemandes, 12 françaises, 10 italiennes et 8 britanniques) ne fait pourtant pas seulement ressortir des universités de premier plan, ou du moins connues en dehors de leur pays d’origine. La cohérence pédagogique prime, semble-t-il, sur l’image du projet lors de la sélection. |
Jusqu’à sept universités pour organiser un master d’un an On notera également que les cursus mis en place le sont par plus de trois universités (le minimum requis). Ainsi, le " master européen en Droit et Economie " d’une durée d’un an, est organisé par l’université Erasmus de Rotterdam en coopération avec l’université de Gand, l’université d’Hambourg, l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille 3, l’université de Bologne, l’université de Vienne et l’université Victoria de Manchester, soit sept établissements ! Les étudiants, ne sont bien entendu pas obligés de passer par les sept universités pour réussir leur master, mais seulement par deux. Ils reçoivent ainsi le diplôme de deux des sept universités impliquées et celui-ci est " officiellement reconnu " dans les pays où se trouvent les universités organisant le master. Par " officiellement reconnu ", il faut comprendre qu’il permet de se présenter à une thèse. Mais sur le marché du travail, la seule reconnaissance d’un diplôme est souvent sa réputation. Et de ce côté-là, le fait qu’il y ait sept universités impliquées pour un seul master risque de ne pas en faciliter sa lisibilité. |
Une bourse annuelle de 21.000 euros par étudiant D’ici 2008, 100 masters de ce type devraient être mis en place (l’objectif initial de 250 n’est plus mentionné par la Commission) et le programme aura le temps de se rôder. Les candidats ne devraient pas manquer à l’appel, d’autant qu’à 21.000 euros par an et par étudiant, les bourses attribuées sont pour le moins significatives. Elles devraient notamment leur permettre de se trouver un logement, un point essentiel et probablement le plus grand obstacle à la mobilité des étudiants en Europe à l’heure actuelle. L’essentiel de l’offre universitaire dans les plus grands pays d’Europe est en effet concentré dans des capitales où la situation du marché immobilier interdit pratiquement l’accès des étrangers à la location temporaire de petites surfaces. |
Pierre-Alban Pillet 2004-09-26 |