Les grandes �coles et l�entreprise : des partenariats plus pouss�s


Les grandes �coles disposent d�une autonomie suffisante pour nouer des partenariats tr�s �troits avec des entreprises. Celles-ci sont tr�s sollicit�es dans un contexte de recherche active de financements. Mais les grandes soci�t�s, sur le th�me de leur responsabilit� sociale, prennent aussi des initiatives.
Le temps de la m�fiance de l�enseignement vis-�-vis des entreprises para�t lointain. La confrontation des cultures pose parfois encore probl�me, mais les actions r�pertori�es ici sont appel�es � se d�velopper, par choix ou par n�cessit�.

 Fundraising ou lev�e de fonds
En perp�tuel d�veloppement, dans un environnement mondialis� o� il leur faut tenir leur rang, les grandes �coles ont besoin de ressources financi�res. Elles n�h�sitent plus � lancer des programmes de lev�e de fonds � l�am�ricaine. C�est ce qu�a entrepris l�Essec avec sa � campagne de d�veloppement 2002-2006 �, qui a pour objectif de r�colter 25 millions d�euros en 5 ans � 16 millions pour l�enseignement et la recherche, 6 pour les infrastructures du campus et 3 pour des bourses d��tudes. Fin mai, l�Essec estimait avoir rempli 40% de ses objectifs, et apr�s une premi�re phase de la campagne ax�e vers les entreprises, l��cole commen�ait � solliciter les dipl�m�s. Cette lev�e de fonds � n�est que le d�but d�un processus dynamique de d�veloppement � : �en 2007 se profile le centenaire de l��cole, une occasion pour l�Essec d�associer ses partenaires � de nouvelles ambitions�, annonce-t-elle d�j�.
De m�me HEC m�ne actuellement une op�ration in�dite pour cette institution, de lev�e de fonds aupr�s de ses anciens �l�ves, par le biais de sa fondation. Il s�agit de d�velopper un esprit de corps et de reconnaissance envers l��cole.
Quant � l�Insead, qui a dans sa palette un programme de dons annuels, un fonds des anciens et un plan d�affiliation des entreprises, elle a obtenu en ao�t 2000, � l�issue d�une campagne de 5 ans, un montant record en Europe de 120 millions d�euros de dons.

M�c�nat, fondations, bourses
M�c�nat, fondations et bourses prennent de plus en plus d�importance. Par d�finition, le m�c�nat se doit d��tre discret puisqu�il s�agit d�apporter un soutien mat�riel, sans contrepartie directe de la part du b�n�ficiaire. La loi Aillagon d�ao�t 2003 a am�lior� le statut juridique et fiscal du m�c�nat et des fondations, ce qui devrait favoriser les allocations aux grandes �coles. D�autant que les entreprises, sous la pression des soci�t�s de notation et des actionnaires, marquent leur � responsabilit� sociale �, notamment dans le domaine de la formation.
Les entreprises ont parfois leur fondation, les grandes �coles aussi : celle d�HEC a �t� fond�e en 1972. Elle vise � soutenir le plan de d�veloppement de l��tablissement, � favoriser son internationalisation et � promouvoir les sciences de gestion. Le montant annuel de l�adh�sion s��l�ve � 55.000 euros. Les particuliers peuvent �galement lui faire des dons.
La Fondation HEC distribue notamment des bourses. L�ann�e derni�re, la Caisse nationale des Caisses d��pargne est devenue membre de la fondation et dote depuis trois types de bourses : d�excellence, de m�rite (excellence et crit�res sociaux) et de mobilit�. Ind�pendamment de la fondation, des fonds de bourses peuvent � HEC �tre abond�s par des entreprises, qui d�finissent alors leurs crit�res d�attribution. Par le biais des fondations ou de ce type d�actions, les entreprises s�assurent une visibilit� au moins aupr�s des �tudiants et elles marquent leur pr�sence dans le monde acad�mique.

Les chaires d�entreprise
La premi�re chaire d�entreprise en France, consacr�e aux produits de grande consommation, a �t� fond�e par l�Essec en 1986 et depuis le groupe en dispose d�une dizaine. Les �coles de commerce, plus que les �coles d�ing�nieurs, d�veloppent cette pratique. Un �tablissement comme Sciences Po propose lui cinq chaires. Soutenues par des entreprises partenaires, les chaires appuient la recherche et l�enseignement dans des domaines pr�cis. Le professeur titulaire de la chaire � l�Essec s�lectionne chaque ann�e une vingtaine d��tudiants qui suivent le cursus normal de leur programme ainsi que des cours et s�minaires sp�cifiques. Le 6 mai, l��cole de Cergy-Pontoise a annonc� le lancement de sa petite derni�re, la chaire � �thique et biotechnologies � en partenariat avec Aventis. La soci�t� s�est engag�e sur 4 ans pour un montant annuel record de 300.000 euros.
Du c�t� des entreprises, l�int�r�t est principalement d�utiliser les comp�tences de l��cole, de tester des projets, d�avoir acc�s � un vivier de recrutement et d�accro�tre sa notori�t�. Pour la grande �cole, il est de disposer de moyens financiers sup�rieurs, de pouvoir faire venir des enseignants de haut niveau ou encore d�instituer des p�les dits d�excellence.

Instituts
Il n�y a pas de d�finition �tablie de ce qu�est un institut dans le cadre d�une grande �cole, mais ceux-ci se multiplient et permettent d�associer les entreprises selon des formules plus ou moins souples. Ainsi, le 4 mai, l��cole de Jouy-en-Josas a annonc� la cr�ation du � HEC European Institute �, dirig� conjointement par No�lle Lenoir, ancienne ministre des Affaires europ�ennes, et Bertrand Moingeon, directeur d�l�gu� du groupe HEC. La fonction de l�institut est de d�velopper des enseignements et �v�nements � l�attention des managers et dirigeants, de r�aliser des �tudes et des recherches appliqu�es ainsi que d�animer des r�seaux internationaux.
Dans le prolongement des chaires, les instituts constituent � l�Essec � des centres d�expertise, de sp�cialisation, de recherche et de diffusion �, qui ont � des liens privil�gi�s avec des entreprises, des associations professionnelles et des organismes publics �. Un institut peut regrouper plusieurs chaires et faire du conseil aux entreprises.
De plus en plus, des branches en partie ind�pendantes des �coles s�adressent plus sp�cifiquement aux entreprises. Il n�y a pas n�cessairement de lien avec la formation initiale.

 Incubateur
L�esprit d�entreprise est inculqu� tant dans les �coles de commerce que dans les �coles d�ing�nieurs. Et les �tudiants peuvent passer � la pratique dans des lieux appropri�s : � Audencia, 3.000 m2 sont consacr�s depuis l�ann�e derni�re � � l�espace commun des entrepreneurs � qui rassemble les entit�s de l��cole en relation avec les entreprises. Les �tudiants ayant un projet de cr�ation peuvent y b�n�ficier d�un bureau et l��cole apporte un tutorat
A T�l�com Paris, 45 projets de cr�ateurs d�entreprise ont �t� port�s par l�incubateur de l��cole depuis son ouverture en juillet 1999. Il est destin� aux �l�ves en fin de cursus mais �galement aux enseignants et chercheurs. Un suivi est assur� par des experts et l�acc�s aux financements est facilit�, notamment par la filiale T-Source. Il s�agit d�un � axe strat�gique nouveau � pour l�ENST, qui constate que � l��volution actuelle de l�emploi et la d�structuration des grands groupes impliquent d�sormais une plus grande autonomie des jeunes lorsqu�ils rentrent dans la vie active �.
A Polytechnique, outre une filiale d�di�e � l�aide au financement des start-up (X-Cr�ation), il existe une p�pini�re, X-Technologies, s�adressant aux jeunes doctorants et post-doctorants et qui � vise � l��mergence industrielle et commerciale des r�sultats de la recherche �. Elle fonctionne sur le principe d��quipes mixtes recherche et industrie pour la phase de pr�-amor�age de l�entreprise, dans le cadre de protocoles de partenariat ou d�entit�s juridiques, SA ou SARL. Les projets sont accompagn�s jusqu�au d�marrage de la production dans une zone d�activit� normale.

D�p�t de brevets
Les activit�s de recherche dans les grandes �coles conduisent naturellement au d�p�t de brevets, brevets pouvant �tre exploit�s par de nouvelles soci�t�s h�berg�es par l��cole. T�l�com Paris, qui fait � la fois de la recherche fondamentale et de la recherche appliqu�e, affiche 10 brevets d�pos�s depuis 2001. Elle s�est dot�e d�un p�le Valorisation de la recherche pour mieux faire le lien avec les besoins des entreprises.
A l�Ecole Polytechnique, une m�me cellule de valorisation de la recherche a �t� mise en place fin 2002 : en plus de n�gocier des accords de collaboration et de transfert de technologies avec des entreprises, elle a pour mission de prot�ger les travaux de recherche par la propri�t� intellectuelle et de g�rer le portefeuille de brevets de l��cole.

Association � l�international
Les partenariats avec les entreprises peuvent permettre d�acqu�rir une force de frappe � l�international, afin de faire conna�tre l��cole, d�attirer des �l�ves �trangers ou encore de collaborer avec de nouveaux �tablissements d�enseignement sup�rieur. La CEMS (Community of european management schools) en est l�exemple le plus abouti : 17 �tablissements europ�ens du plus haut niveau, 4 non-europ�ens et plus de 50 multinationales sont alli�s dans ce � consortium p�dagogique �. C�est HEC, l�ESADE � Barcelone, la Bocconi � Milan et l�Universit� de Cologne qui ont pris l�initiative de ce rassemblement en 1988. Ensemble, les entreprises et les partenaires acad�miques ont con�u dans ce cadre le Master�s in international management (MIM), une formation en un an � la fois dans l��tablissement d�origine et � l��tranger, qui comprend des stages et la conduite de projets d�entreprise.

Dans le m�me temps, les grandes �coles poursuivent et approfondissent leurs rapports usuels aux entreprises. Lire aussi : Des collaborations traditionnelles entre grandes �coles et entreprises qui se modernisent (http://www.boivigny.com/index.php3?action=page&id;_art=78594

Alison Cartier 
2004-05-23
source http://www.boivigny.com