Le projet de regroupement entre les Mines, les Ponts et l�ENSTA n�est pas mort


Les Mines, les Ponts et l�ENSTA �taient associ�es depuis 1991 dans ce qui ne s�appelait pas encore Paris Tech, regroupement de dix des plus prestigieuses �coles d�ing�nieurs fran�aises. En 2002, les trois �tablissements ont voulu aller plus vite et plus loin dans les actions communes, en formant un � noyau dur, comme ce qui se fait pour la construction europ�nne �, selon Jean-Baptiste Hoffmann, charg� des relations ext�rieures � l�ENSTA. Ici ce sont le poids de la tradition et la r�sistance de certains anciens qui freinent la r�alisation d�un projet qui appara�t tout � la fois ambitieux et n�cessaire.

 
� Parmi les objectifs principaux du projet strat�gique de l�Ecole (des Ponts) figurait celui d�accro�tre son ouverture internationale. Des efforts importants ont �t� faits en ce sens (�) Mais ces efforts, aussi intenses soient-ils, ne suffiront pas � compenser le handicap majeur que constitue la taille de l�Ecole, 5 � 10 fois plus petite que les p�les de r�f�rence mondiaux �, soulignait Fran�ois Roussely, PDG d�EDF et pr�sident du conseil d�administration de l�Ecole nationale des ponts et chauss�es (ENPC) au moment du lancement du projet de rapprochement avec l�Ecole nationale sup�rieure des mines de Paris (ENSMP) et l�Ecole nationale sup�rieure des techniques avanc�es (ENSTA).
L�id�e a d�abord �t� mise � l��tude en d�cembre 2002 par les directions des Mines et des Ponts puis l�ENSTA s�y est jointe en mars 2003. Le forum emploi Trium �tait commun depuis plusieurs ann�es aux trois �coles qui proposent les m�mes d�bouch�s professionnels. L�objectif affich� �tait alors notamment de � constituer un puissant p�le technologique de formation et de recherche � Paris, attirer des �tudiants et des professeurs �trangers de haut niveau, assurer un partenariat industriel extr�mement �tendu �.
Une premi�re version du projet de regroupement devait �tre pr�sent�e avant l��t� 2003�version toujours attendue aujourd�hui. A cela, plusieurs explications : les �tablissements ont tout d�abord eu du mal � s�accorder sur leur degr� de rapprochement. Jusqu�o� aller dans le court terme puis dans le long terme ? En ce qui concerne l�enseignement, il s�agirait dans un premier temps de cr�er des passerelles entre �coles, sans homog�n�iser les programmes, avant de s�acheminer vers un dipl�me commun. Ces id�es se sont heurt�es � la r�sistance de certains anciens et actuels �l�ves. Dans le domaine de la recherche, il est question de rapprocher des laboratoires aux activit�s voisines, de cr�er des synergies. Il n�y a pas eu en la mati�re de freins cat�goriels particuliers mais des probl�mes g�ographiques ont surgi : les locaux et mat�riels sp�cialis�s peuvent difficilement �tre mis en commun. C�est pourquoi l�int�gration devrait se faire progressivement avec les nouveaux investissements.

se conna�tre
On le voit, la concurrence traditionnelle entre les �coles et les corps est un obstacle de taille � une fusion. � Il faut essayer de se comprendre, de se conna�tre, c�est un processus long �, reconna�t-on � l�Ecole des Ponts. Ces difficult�s-l� �taient pr�vues et pas insurmontables, selon les initiateurs du projet, par le biais de mesures transitoires pour les �l�ves. Et l�enjeu, se positionner au niveau du MIT, du Cal Tech (California Institute of Technology) ou du Georgia Tech, doit mobiliser les troupes.
Actuellement, le rapprochement des trois �tablissements est suspendu � la nomination d�un nouveau directeur � l�Ecole des Ponts, moteur du projet, et � sa politique. Pierre Veltz n�a en effet pas �t� reconduit dans ses fonctions � la t�te de l�ENPC fin 2003, un choix du minist�re de l�Equipement. La d�cision finale pour un regroupement appartient aux ministres de tutelle : la D�fense pour l�ENSTA, l�Industrie pour les Mines.
Le projet se voulait initialement ouvert � d�autres �coles parisiennes partageant les m�mes valeurs, parmi lesquelles l�excellence du recrutement, le caract�re g�n�raliste de la formation, le principe du tutorat, la proximit� avec le monde �conomique. Ses promoteurs mesurent la difficult� � rassembler des �tablissements aux histoires diff�rentes et aux marges de man�uvre finalement �troites.

Alison Cartier 
2004-04-19
source http://www.boivigny.com