| Recherche et enseignement supérieur : nouveaux ministres, mêmes chantiers |
![]() Une semaine après leur nomination aux postes de ministre de l'Education nationale et de ministre délégué à la Recherche, François Fillon et François d'Aubert ont désamorcé le conflit des chercheurs en annonçant la création d'ici 2005 d'un millier d'emplois d'enseignants-chercheurs, de techniciens et d'ingénieurs. Ces décisions "exceptionnelles" correspondant aux revendications des protestataires "sont prises dans la perspective d'une réflexion d'ensemble sur l'avenir de la recherche française", a ajouté M. Fillon en référence à la future loi d'orientation et de programmation. Que la première décision du nouveau gouvernement porte sur l'enseignement supérieur et la recherche est significatif et laisse présager d'autres actions dans ce domaine. Le dossier de la modernisation des universités pourrait ainsi être rouvert. |
sursaut de l'université Le "pacte pour une nouvelle université" élaboré par le Cercle des économistes, club de réflexion qui existe depuis 1992, vient à point nommé. En quelque 130 pages d'analyse, une quinzaine de ses membres menés par Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, aboutissent à 10 mesures "pour un sursaut de l'université française": améliorer le "mode de gouvernance" grâce à une autorité de régulation et un fonds national, permettre "la mise en œuvre de projets plus autonomes" par la transformation des structures des établissements, qui pourraient notamment orienter et sélectionner les candidats, "porter les ressources allouées à l'enseignement supérieur et à la recherche à 6% du PIB en cinq ans" en diversifiant ces ressources (étudiants, entreprises, collectivités territoriales, Etat), "reconnaître la différenciation des missions et des contributions dans la conduite des carrières et dans le calcul des rémunérations des enseignants-chercheurs"... Aucune annonce au sujet de l'université n'a été faite par M. Fillon, qui doit s'atteler non seulement au débat national sur la recherche mais aussi à la loi d'orientation sur l'école, annoncée pour la fin de l'année. M. Fillon était ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 1993 à 1995, M. d'Aubert secrétaire d'Etat à la Recherche de 1995 à 1997. Leur expérience est un atout pour ces dossiers sensibles mais essentiels. |
Alison Cartier 2004-04-19 |