| Le Collège d’Europe, une stratégie pionnière |
![]() En 1949, les fondateurs du Collège d’Europe à Bruges ont conçu une école destinée à former une nouvelle génération de jeunes Européens, avec une vision à l’échelle du continent. Au début des années 50, la dimension européenne de matières comme le droit, la science politique ou l'économie restait à défricher. Le Collège de Bruges, qui s’appuie aujourd’hui sur un corps enseignant composé de 140 experts (1) recrutés à travers toute l’Europe, fait figure de pionnier. La première promotion comptait 20 élèves, contre 375 aujourd’hui. Le Collège a aussi été l’une des premières écoles européennes à affirmer sa présence en Europe de l’est, en ouvrant en 1992 un campus à Natolin, dans la banlieue de Varsovie (Pologne). |
Des avantages concurrentiels Le diplôme du Collège se distingue des très nombreux masters en études européennes dispensés au sein des universités par un série d’avantages concurrentiels : - l’établissement, reconnu d’utilité publique, entretient des liens très forts avec les institutions européennes. L’UE lui verse notamment une subvention fixe. La communauté flamande de Belgique le finance également. Quant aux gouvernements nationaux, ils le soutiennent tous indirectement par les bourses qu’ils donnent chaque année à leurs étudiants partant étudier à Bruges ou à Natolin - l’établissement, qui délivre un master en études européennes, permet de se préparer, souvent avec succès, aux concours publics des institutions européennes. En 2004, 26% des diplômés ont réussi les concours qui permettent de travailler au sein des institutions de l’UE - son réseau de 6.000 anciens élèves est solidement implanté dans les institutions européennes publiques et privés (lobbies notamment) - sa population étudiante reproduit à l’échelle miniature une société européenne, puisque le nombre de bourses est réparti en fonction du poids de la population des différents pays de l’Union - son image est celle d’une grande école européenne et non d’un établissement national (belge en l’occurrence), ce qui est un atout sur ses concurrents. Les langues de travail y sont l’anglais et le français |
Un acteur du développement académique Le Collège d’Europe travaille en coopération académique pour la mise au point de cursus dans le domaine des études européennes, son point fort. Il est notamment acteur du développement de cursus de ce type dans les pays de l'Europe de l'est, soutenu financièrement en ce sens par la Commission. Il apporte notamment son expertise pour l’aide au recrutement et à la formation d’enseignants. |
Des projets de développement Le Collège d’Europe, qui reste un établissement de taille modeste, cherche à développer ses ressources propres et sa visibilité au niveau européen. La marge de manœuvre en matière d’augmentation des frais de scolarité semble limitée : ceux-ci s’élèvent déjà à 10.000 euros pour les 10 mois de scolarité (2). En revanche l’établissement peut vendre son expertise en matière de formation, de recherche, d’analyse juridique et de coopération académique dans le champ des sciences sociales (droit, science politique et économie). L’établissement travaille essentiellement sur appels d’offres des institutions européennes et développe des projets de formations sur mesure. Le Collège entretient également des activités d’initiative propre, comme les sessions d’été (nées il y a 11 ans) et met au point des projets spécifiques à destination des cadres. L’établissement est en phase de développement d’un projet e-learning dans le cadre de la formation continue. Par contre, le Collège hésite à développer une expertise propre dans le champ de l’enseignement de la gestion, un domaine qui s’éloigne de son cœur de métier. |
NB : (1) mais seulement six professeurs permanents (2) En plus des frais de scolarité, il faut compter 6.000 euros pour le logement et les repas, soit un total de 16.000 euros. Mais 85% des étudiants du collège sont boursiers. |
Pierre-Alban Pillet 2004-03-19 |